En 2018, selon les chiffres de l'institut d'études de marché GfK, les Belges ont acheté pour 616 millions d'euros (+4,6% par rapport à 2017) d'aliments et de boissons dans les pays voisins, dont 273 millions d'euros en France (+7,5%) et 182 millions d'euros aux Pays-Bas (+13,8%). On imagine que le Grand-Duché de Luxembourg se taille également une part importante des achats transfrontaliers belges mais les chiffres ne sont pas disponibles.

"Rendre nos produits plus coûteux porte non seulement atteinte à nos entreprises mais nuit aussi à toute l'économie belge"

Entre 2008 et 2018, les achats transfrontaliers d'aliments et boissons ont bondi de 43,6%. De quoi pousser la Fevia à tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme et à appeler les futurs gouvernements "à mettre un terme à l'accumulation d'accises et de taxes qui rendent les produits plus coûteux dans notre pays et qui nuisent à notre propre économie". Taxes (sur les emballages, "taxe santé"...) et accises sur l'alcool rendent les produits belges plus chers de 10 à 12% en moyenne par rapport aux produits des pays voisins.

Selon GfK, un Belge sur trois pratique des achats transfrontaliers et ces Belges traversent la frontière en moyenne neuf fois par an. Dans les supermarchés français, par exemple, l'eau constitue un produit d'appel mais le Belge en profite bien souvent pour remplir un deuxième caddie avec d'autres produits alimentaires.

"Les achats transfrontaliers ne sont pas un phénomène marginal mais un problème de plus en plus préoccupant. Rendre nos produits plus coûteux porte non seulement atteinte à nos entreprises mais nuit aussi à toute l'économie belge", s'alarme la Fevia.