A l'origine cantonné sur la rive droite de l'Escaut, le port d'Anvers connaît à partir des année 1950-1960 une expansion qui l'amène à convoiter quelque 10.000 hectares situés de l'autre côté du fleuve, entre la frontière néerlandaise et la route express qui relie Anvers à Knokke. Dans ce contexte, le village de Doel est amené à disparaître. Dès 1968, et bien avan...

A l'origine cantonné sur la rive droite de l'Escaut, le port d'Anvers connaît à partir des année 1950-1960 une expansion qui l'amène à convoiter quelque 10.000 hectares situés de l'autre côté du fleuve, entre la frontière néerlandaise et la route express qui relie Anvers à Knokke. Dans ce contexte, le village de Doel est amené à disparaître. Dès 1968, et bien avant que le moindre plan n'existe, il est désormais interdit d'y construire quoi que ce soit. L'insécurité gangrène les esprits mais aussi les lieux que les habitants commencent à déserter. Trente ans plus tard, c'est la confirmation: le gouvernement flamand déclasse le village, le faisant passer de zone d'habitat en zone industrielle. La révolte gronde. Et le Conseil d'Etat intervient: toute compte fait, Doel restera zone d'habitat. Mais sur le terrain, des habitations sont rasées pour prévenir l'insécurité et le vandalisme. Le Conseil d'Etat doit à nouveau intervenir: les démolitions s'arrêtent mais ne restent plus alors que 200 habitants, sept fois moins que dans les années 1970. En 2018, survient ce qu'on pense être le coup de grâce: le gouvernement planifie la disparition du village... Mais de nouveaux recours sont introduits. Quatre ans plus tard, un "compromis historique" est enfin trouvé. Le gouvernement flamand et 13 groupes d'action viennent de signer une "Alliance pour l'avenir et la viabilité des environs du port d'Anvers et des polders de la rive gauche de l'Escaut" qui arrête toute procédure devant le Conseil d'Etat. Doel peut reprendre vie et la construction, au sud du village, d'un nouveau dock appelé à fonctionner jour et nuit, se poursuivre. Pour assurer la coexistence de ces deux univers, diverses mesures seront prises contre le bruit et l'extension du trafic. Et leur mise en oeuvre sera surveillée par un "médiateur neutre".