Comme de très nombreuses autres institutions culturelles, le Théâtre de la Toison d'Or (TTO) à Bruxelles reste ouvert cette semaine, en dépit de la décision du Comité de concertation de la semaine passée. Son président, Albert Maizel, s'en explique pour Trends Tendances.

Vous restez donc ouvert malgré l'interdiction?

Oui, nous resterons ouverts cette semaine.

Mais je tiens à expliquer le contexte, qui concerne la place de la désobéissance civique dans la société. Pendant quatre jours, nous allons pousser à leur terme les deux spectacles qui était programmés jusqu'au 31 décembre. Ces quatre représentations seront autant de manifestations de notre désaccord face à ce qui a été décidé. Nous étions déjà présents dimanche à Bruxelles pour l'exprimer, nous continuerons à le faire à travers notre travail.

Nous avons beaucoup réfléchi avant de prendre cette décision. Nous sommes un théâtre privé, nous regardons dès lors les choses comme des entrepreneurs culturels. Nous sommes trois associés et nous essayons en permanence de mettre en accord les dimensions économiques et citoyennes. Mais en pesant bien les choses, il nous semblait approprié de continuer.

Pour quelle raison?

Pour lutter contre cette pandémie, nous avons besoin de décisions validées par la science. Or, cette décision de fermer la seule culture a été prise contre l'avis de l'ensemble des experts du GEMS. Il y a donc erreur de jugement et abus de pouvoir. Il est de notre devoir de désobéir.

C'est la première fois que vous êtes, de la sorte, en rupture totale avec une telle décision politique?

C'est en effet la première fois. J'ai écouté attentivement les expressions du Premier ministre, Alexander De Croo, et il ne donne pas de justification convaincante.

Or, ce n'est jamais une décision anodine de fermer la culture. Ce qu'on a envie de dire à nos gouvernements, c'est la chose suivante: "Messieurs - parce qu'il n'y avait que des messieurs à la table du Codeco... -, il y a un moment où il faut hausser le niveau de son jeu et être à la hauteur des circonstances."

Nous sommes conscients qu'il y a un risque potentiellement important avec le variant Omicron, mais c'est précisément le moment d'être tous ensemble. Il ne faut pas nous prendre pour des crétins: on a bien compris que cette décision est le fruit d'un marchandage politique. Ce n'est pas justifié scientifiquement, on sait que l'on n'attrape pas le Covid dans un salle de spectacles avec les protocoles mis en place, mais à table, dans un transport bondé, à l'école...

En tant que théâtre privé, entreprise culturelle, de telles fermetures sont-elles dangereuses?

C'est très compliqué pour nous, bien sûr. Un théâtre doit d'abord payer tous ses frais fixes, avant de confier les clés à ceux qui réalisent les spectacles. Nous ne sommes pas subsidiés à 100% comme d'autres institutions, nous reçevons des aides à hauteur de 40% de notre budget. Le solde vient de la billeterie ou, pour être plus juste, des profits générés par les spectacles après le paiement des organiateurs, des artistes... Sans cette billetterie, on meurt!

Depuis le début de la pandémie, nous faisons très attention à nos dépenses, nous avons mis du personnel au chômage temporaire et, heureusement, nous avons une ministre qui nous défend et nous a octroyé des aides substantielles. Mais cela reste difficile, d'autant lorsque l'on subit une telle décision qui n'a pas de sens.

Qui plus est, cet argent utilisé pour aider les secteurs refermés, ne serait-il pas plus utile pour revaloriser le personnel soignant ou ouvrir de nouveaux lits en soins intensifs?

Comme de très nombreuses autres institutions culturelles, le Théâtre de la Toison d'Or (TTO) à Bruxelles reste ouvert cette semaine, en dépit de la décision du Comité de concertation de la semaine passée. Son président, Albert Maizel, s'en explique pour Trends Tendances.Vous restez donc ouvert malgré l'interdiction?Oui, nous resterons ouverts cette semaine.Mais je tiens à expliquer le contexte, qui concerne la place de la désobéissance civique dans la société. Pendant quatre jours, nous allons pousser à leur terme les deux spectacles qui était programmés jusqu'au 31 décembre. Ces quatre représentations seront autant de manifestations de notre désaccord face à ce qui a été décidé. Nous étions déjà présents dimanche à Bruxelles pour l'exprimer, nous continuerons à le faire à travers notre travail.Nous avons beaucoup réfléchi avant de prendre cette décision. Nous sommes un théâtre privé, nous regardons dès lors les choses comme des entrepreneurs culturels. Nous sommes trois associés et nous essayons en permanence de mettre en accord les dimensions économiques et citoyennes. Mais en pesant bien les choses, il nous semblait approprié de continuer.Pour quelle raison?Pour lutter contre cette pandémie, nous avons besoin de décisions validées par la science. Or, cette décision de fermer la seule culture a été prise contre l'avis de l'ensemble des experts du GEMS. Il y a donc erreur de jugement et abus de pouvoir. Il est de notre devoir de désobéir.C'est la première fois que vous êtes, de la sorte, en rupture totale avec une telle décision politique?C'est en effet la première fois. J'ai écouté attentivement les expressions du Premier ministre, Alexander De Croo, et il ne donne pas de justification convaincante. Or, ce n'est jamais une décision anodine de fermer la culture. Ce qu'on a envie de dire à nos gouvernements, c'est la chose suivante: "Messieurs - parce qu'il n'y avait que des messieurs à la table du Codeco... -, il y a un moment où il faut hausser le niveau de son jeu et être à la hauteur des circonstances."Nous sommes conscients qu'il y a un risque potentiellement important avec le variant Omicron, mais c'est précisément le moment d'être tous ensemble. Il ne faut pas nous prendre pour des crétins: on a bien compris que cette décision est le fruit d'un marchandage politique. Ce n'est pas justifié scientifiquement, on sait que l'on n'attrape pas le Covid dans un salle de spectacles avec les protocoles mis en place, mais à table, dans un transport bondé, à l'école...En tant que théâtre privé, entreprise culturelle, de telles fermetures sont-elles dangereuses?C'est très compliqué pour nous, bien sûr. Un théâtre doit d'abord payer tous ses frais fixes, avant de confier les clés à ceux qui réalisent les spectacles. Nous ne sommes pas subsidiés à 100% comme d'autres institutions, nous reçevons des aides à hauteur de 40% de notre budget. Le solde vient de la billeterie ou, pour être plus juste, des profits générés par les spectacles après le paiement des organiateurs, des artistes... Sans cette billetterie, on meurt!Depuis le début de la pandémie, nous faisons très attention à nos dépenses, nous avons mis du personnel au chômage temporaire et, heureusement, nous avons une ministre qui nous défend et nous a octroyé des aides substantielles. Mais cela reste difficile, d'autant lorsque l'on subit une telle décision qui n'a pas de sens. Qui plus est, cet argent utilisé pour aider les secteurs refermés, ne serait-il pas plus utile pour revaloriser le personnel soignant ou ouvrir de nouveaux lits en soins intensifs?