Le faible taux d'intérêt est une bonne nouvelle pour les emprunteurs - puisqu'il constitue la base utilisée par les banques pour les crédits hypothécaires - et pour le Trésor belge, mais une mauvaise nouvelle pour les épargnants. Il y a un peu plus d'un an, le taux atteignait encore 1%, ce qui constituait déjà un plancher. Le niveau n'a cessé de dégringoler depuis lors, avec une forte accélération de la tendance en juin.

Les rendements sont à la baisse partout en Europe, la référence allemande à dix ans ayant plongé à -0,399% mercredi. Les investisseurs constatent que la BCE semble prête à encore assouplir sa politique monétaire. Plusieurs de ses membres ont fustigé en début de semaine le trop faible niveau de l'inflation dans la zone euro.

"Ce n'était qu'une question de temps avant que cela arrive"

Dans le sillage de l'Allemagne, de la France ou encore des Pays-Bas, "ce n'était qu'une question de temps avant que le taux belge à long terme plonge à un niveau négatif", réagit mercredi l'Agence de la dette par la voix de son directeur stratégique Jean Deboutte.

Les taux sont à la baisse depuis des mois, tirés vers le bas par le changement de cap de la Réserve fédérale américaine et l'incertitude née des tensions commerciales à l'échelle mondiale. Les prévisions relatives à l'inflation restent basses, ce qui a amené la BCE à s'interroger. Une baisse du taux de dépôt - qui est déjà négatif - ou relancer le rachat de dettes sont des options à nouveau envisagées. Des éléments qui pèsent sur les taux, souligne M. Deboutte. Le directeur stratégique de l'Agence n'est pas inquiet pour le financement de la dette cette année, déjà réalisé aux trois quarts. La dernière évaluation des charges d'intérêt est de 1,82% du PIB, soit une diminution. "On pensait il y a quelque temps ne pas pouvoir descendre sous les 2%", commente M. Deboutte. La tendance pour les prochaines années évolue vers 1,5%, et même moins en 2023. Ce qui est positif pour la Belgique, dont la dette dépasse les 100% du PIB.