Notre beau pays affiche, pour le mois d'octobre dernier, une inflation de 5,4%. Disons-le simplement, c'est inquiétant. D'abord, pour la parole des économistes, qui n'ont pas vu venir cette inflation. Pendant quelques mois, ils nous ont servi des discours sirupeux en nous disant que cette hausse des prix était momentanée, qu'elle n'était que le résultat de la bonne santé de nos économies et des goulots d'étranglement en Asie. Mais le provisoire semble durer, et la vaguelette d'inflation se transforme en véritable hausse des prix bien visible. Comme toujours en économie, il y a des gagnants et des perdants ; le tout enrobé d'une bonne dose d'hypocrisie.

Les perdants, ce sont les consommateurs qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder lentement mais sûrement, surtout qu'on nous dit que cette inflation provisoire pourrait durer jusqu'à la fin 2022. Les entreprises sont aussi victimes de ces hausses car elles ne peuvent pas toujours répercuter l'inflation sur leurs clients, et donc, elles prennent ces augmentations sur leurs marges. N'oublions pas, non plus, que qui dit hausse des prix, dit ensuite hausse des salaires, donc hausse des coûts. Avec une nuance toutefois, et c'est là où je parlais d'hypocrisie.

La première hypocrisie peut venir de certaines multinationales de l'agro-alimentaires dont on trouve tous les produits dans nos rayons de supermarché. L'une des techniques pour compenser la hausse des prix sans augmenter le prix des étiquettes, c'est de "jouer" sur les quantités. Exactement comme l'avait fait à l'époque une firme qui produit un chocolat en forme de triangles et qui avait supprimé un triangle de ses célèbres barres chocolatées. D'autres utilisent des ingrédients moins chers ou cherchent d'autres fournisseurs moins chers, d'autres jouent sur un emballage plus gros mais à un prix plus élevé, d'autres encore compressent leurs déodorants, ... Bref, la réduction des quantités fait partie de la stratégie de ces entreprises pour amortir la hausse des coûts.

Ce n'est pas encore trop le cas aujourd'hui, mais cela pourrait arriver comme c'était déjà le cas par le passé.

Je voudrais aussi parler d'une autre hypocrisie : celle de l'Etat. Les politiques disent qu'ils sont concernés par l'inflation, mais à court terme, l'inflation est leur alliée. D'abord, quand les prix de l'énergie augmentent, ce sont des rentrées sous formes de taxes et accises qui gonflent la trésorerie de l'Etat. Même chose pour la TVA, quand les prix sont plus chers, c'est bon pour l'Etat. Même la hausse des prix de l'immobilier est bonne pour l'Etat, les Régions et les communes. Là encore, les politiques vont pleurer en disant que le logement devient inaccessible, notamment pour les jeunes ménages, mais via les droits d'enregistrement, ils encaissent plus d'argent encore.

Donc, oui pour simplifier, le retour de l'inflation, c'est à la fois une bombe à retardement et c'est le bal des hypocrites.

Notre beau pays affiche, pour le mois d'octobre dernier, une inflation de 5,4%. Disons-le simplement, c'est inquiétant. D'abord, pour la parole des économistes, qui n'ont pas vu venir cette inflation. Pendant quelques mois, ils nous ont servi des discours sirupeux en nous disant que cette hausse des prix était momentanée, qu'elle n'était que le résultat de la bonne santé de nos économies et des goulots d'étranglement en Asie. Mais le provisoire semble durer, et la vaguelette d'inflation se transforme en véritable hausse des prix bien visible. Comme toujours en économie, il y a des gagnants et des perdants ; le tout enrobé d'une bonne dose d'hypocrisie.Les perdants, ce sont les consommateurs qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder lentement mais sûrement, surtout qu'on nous dit que cette inflation provisoire pourrait durer jusqu'à la fin 2022. Les entreprises sont aussi victimes de ces hausses car elles ne peuvent pas toujours répercuter l'inflation sur leurs clients, et donc, elles prennent ces augmentations sur leurs marges. N'oublions pas, non plus, que qui dit hausse des prix, dit ensuite hausse des salaires, donc hausse des coûts. Avec une nuance toutefois, et c'est là où je parlais d'hypocrisie.La première hypocrisie peut venir de certaines multinationales de l'agro-alimentaires dont on trouve tous les produits dans nos rayons de supermarché. L'une des techniques pour compenser la hausse des prix sans augmenter le prix des étiquettes, c'est de "jouer" sur les quantités. Exactement comme l'avait fait à l'époque une firme qui produit un chocolat en forme de triangles et qui avait supprimé un triangle de ses célèbres barres chocolatées. D'autres utilisent des ingrédients moins chers ou cherchent d'autres fournisseurs moins chers, d'autres jouent sur un emballage plus gros mais à un prix plus élevé, d'autres encore compressent leurs déodorants, ... Bref, la réduction des quantités fait partie de la stratégie de ces entreprises pour amortir la hausse des coûts. Ce n'est pas encore trop le cas aujourd'hui, mais cela pourrait arriver comme c'était déjà le cas par le passé.Je voudrais aussi parler d'une autre hypocrisie : celle de l'Etat. Les politiques disent qu'ils sont concernés par l'inflation, mais à court terme, l'inflation est leur alliée. D'abord, quand les prix de l'énergie augmentent, ce sont des rentrées sous formes de taxes et accises qui gonflent la trésorerie de l'Etat. Même chose pour la TVA, quand les prix sont plus chers, c'est bon pour l'Etat. Même la hausse des prix de l'immobilier est bonne pour l'Etat, les Régions et les communes. Là encore, les politiques vont pleurer en disant que le logement devient inaccessible, notamment pour les jeunes ménages, mais via les droits d'enregistrement, ils encaissent plus d'argent encore.Donc, oui pour simplifier, le retour de l'inflation, c'est à la fois une bombe à retardement et c'est le bal des hypocrites.