"Nous sommes un gouvernement de centre-gauche, pas de droite. Il est normal que nous marquions notre différence. " Voilà pourquoi le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte (PS) ne s'est pas acharné pour que son équipe réduise le déficit de l'entité au cours de l'exercice 2018. Il était de 221 millions d'euros en 2017 et devrait rester à ce niveau l'an prochain. La loi de financement, dont les paramètres ont été revus à l'occasion de la sixième réforme de l'Etat, lui apporte pourtant 250 millions d'euros de recettes supplémentair...

"Nous sommes un gouvernement de centre-gauche, pas de droite. Il est normal que nous marquions notre différence. " Voilà pourquoi le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte (PS) ne s'est pas acharné pour que son équipe réduise le déficit de l'entité au cours de l'exercice 2018. Il était de 221 millions d'euros en 2017 et devrait rester à ce niveau l'an prochain. La loi de financement, dont les paramètres ont été revus à l'occasion de la sixième réforme de l'Etat, lui apporte pourtant 250 millions d'euros de recettes supplémentaires. Il était donc a priori financièrement possible de ramener les compteurs à zéro. Le gouvernement a choisi de ne pas le faire. Ouvre-t-il ainsi les portes au retour d'un dangereux laxisme ? Rudy Demotte fournit la réponse en deux volets : l'opportunité des dépenses et l'ampleur du déficit. Il insiste sur la nécessité de " redéployer " les politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles, d'injecter quelque 130 millions dans l'enseignement obligatoire, l'enseignement supérieur et la recherche. " Ce sont des investissements stratégiques qui, à ce titre, pourraient être immunisés dans le calcul de notre déficit, estime le ministre-président. Cette analyse avait été bien accueillie par le président de la Commission Jean-Claude Juncker, auprès de qui je m'en étais ouvert cet été dans le cadre d'une rencontre sur le soutien à l'économie de la connaissance. " Et d'ajouter que les investissements dans l'école et la recherche sont quasiment les seuls leviers sur lesquels la Communauté (qui ne dispose pas de recettes fiscales propres) peut agir pour augmenter ses recettes à l'avenir. Celles-ci évoluent en effet en fonction de l'inflation, du nombre d'élèves et de la croissance économique. Or, les dépenses d'enseignement et de recherche peuvent avoir un effet bénéfique à long terme sur le PIB et, par là, sur l'évolution des recettes de la Communauté. Voilà pour le premier volet. Venons-en au second : l'institution a-t-elle les moyens de ses belles intentions ? Le déficit de 221 millions reste modeste sur un budget de près de 11 milliards d'euros, il est quasiment invisible dans l'ensemble du déficit belge. " Notre solde brut, c'est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses, s'améliore de 93 millions, précise Rudy Demotte. Il y a là une amélioration structurelle. Mais les corrections SEC (comptabilité européenne, Ndlr) seront un peu moins favorables en 2018. " Ces éléments ont incité le gouvernement à ne pas " forcer le cours des choses " et à préférer la voie d'un modeste redéploiement à celle de nouvelles économies. Cependant, la montée en puissance des besoins pour l'exécution du Pacte d'excellence (+ 250 millions dans moins de 10 ans) obligera peut-être à de nouveaux tours de vis dans les prochaines années.