Au pouvoir depuis près d'une décennie, le leader libéral de 53 ans entretient une image de personne modeste et franche qui résonne avec les valeurs des Néerlandais. Jamais marié, il vit dans le même appartement qu'il a acheté après avoir obtenu son diplôme, conduit une Saab d'occasion lorsqu'il ne se déplace pas à vélo et enseigne l'instruction civique en tant que bénévole dans un collège.

Personnage jovial au profil dégingandé, Mark Rutte possède de solides alliés qui lui ont permis de former trois gouvernements de coalition, dans un paysage politique néerlandais parfois fragmenté. Mais son côté économe le dirige vers une nouvelle salve de négociations avec l'Union européenne, à l'occasion d'un sommet extraordinaire les 17 et 18 juillet sur un plan de relance de 750 milliards d'euros suivant la pandémie de Covid-19.

A Bruxelles, Mark Rutte est souvent perçu comme plus facile à cerner qu'il ne l'est réellement.

"Il est capable d'être une sorte de caméléon", déclare Pepijn Bergsen, chercheur au sein d'un programme sur l'Europe à Chatham House, un institut politique basé à Londres. "On raconte toujours qu'il façonne son opinion en fonction du consensus dominant dans la pièce", explique-t-il à l'AFP.

- "Vicaire sur-caféiné" -

Mark Rutte, qualifié de "vicaire sur-caféiné" par le magazine The Economist, dépeint une image d'ouverture d'esprit énergique, tout en restant très discret sur sa vie privée. Ce dernier d'une famille de sept enfants, qui vit depuis toujours à La Haye, se décrit lui-même comme un "homme d'habitude et de tradition".

Rêvant tout d'abord d'une carrière de pianiste, il étudie finalement l'histoire, avant de devenir directeur des ressources humaines chez le géant Unilever. Affichant une personnalité affable qui cache des instincts politiques aiguisés, M. Rutte devient le chef du parti libéral-conservateur VVD en 2006, avant d'être élu Premier ministre quatre ans plus tard.

Il a parfois été accusé de courir après les votes, comme lorsqu'il a durci sa politique sur l'immigration en marge des élections législatives de 2017, alors que le député d'extrême droite Geert Wilders gagnait du terrain. Plus récemment, son "confinement intelligent" face au nouveau coronavirus lui a valu les éloges de ses concitoyens.

"Ce qu'il a toujours eu, c'est cette perception d'être une personnalité dirigeante compétente", observe M. Bergsen, ancien conseiller en politique économique du gouvernement néerlandais.

- "Pas fait de massepain" -

Mark Rutte a aussi su gérer son image personnelle avec beaucoup de soin, avec des vidéos le montrant arriver à vélo pour rencontrer des dirigeants étrangers devenues virales.

En pleine pandémie, il s'est plié aux mesures contre le Covid-19 et n'a pas pu rendre visite à sa mère au cours des dernières semaines précédant sa mort.

Sur le plan international, M. Rutte cultive son franc-parler. Il s'est notamment fait remarquer lors d'une visite à Washington en 2018, en interrompant Donald Trump avec un "non" résolu, après que le président américain a affirmé que ne pas parvenir à un accord commercial avec l'UE serait "positif".

Sa position ferme sur la crise migratoire en Europe et celle de la dette grecque dans les années 2010 a aussi agacé certains Etats membres. Il est désormais considéré comme le leader officieux des quatre pays "frugaux" - les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark et la Suède - qui s'opposent au plan de relance de l'UE suivant la crise du nouveau coronavirus.

Un rôle de "vilain" qu'il ne savoure sans doute pas, note auprès de l'AFP un diplomate néerlandais à Bruxelles, estimant que M. Rutte "préfère être perçu comme quelqu'un qui améliore les choses".

Plusieurs dirigeants, dont le président français Emmanuel Macron et les Premiers ministres italien et espagnol, se sont rendus avec empressement à La Haye ces dernières semaines, dans l'espoir de faire avancer les négociations.

Interrogé sur la manière dont il faisait face à la pression, M. Rutte a aussitôt rétorqué "ne pas être fait de massepain".

M. Bergsen le "soupçonne" maintenant de briguer un quatrième mandat de Premier ministre lors des prochaines élections législatives en mars 2021, son inflexibilité pouvant rendre difficile une éventuelle reconversion au sein d'un des postes clés de l'UE.

Au pouvoir depuis près d'une décennie, le leader libéral de 53 ans entretient une image de personne modeste et franche qui résonne avec les valeurs des Néerlandais. Jamais marié, il vit dans le même appartement qu'il a acheté après avoir obtenu son diplôme, conduit une Saab d'occasion lorsqu'il ne se déplace pas à vélo et enseigne l'instruction civique en tant que bénévole dans un collège.Personnage jovial au profil dégingandé, Mark Rutte possède de solides alliés qui lui ont permis de former trois gouvernements de coalition, dans un paysage politique néerlandais parfois fragmenté. Mais son côté économe le dirige vers une nouvelle salve de négociations avec l'Union européenne, à l'occasion d'un sommet extraordinaire les 17 et 18 juillet sur un plan de relance de 750 milliards d'euros suivant la pandémie de Covid-19.A Bruxelles, Mark Rutte est souvent perçu comme plus facile à cerner qu'il ne l'est réellement."Il est capable d'être une sorte de caméléon", déclare Pepijn Bergsen, chercheur au sein d'un programme sur l'Europe à Chatham House, un institut politique basé à Londres. "On raconte toujours qu'il façonne son opinion en fonction du consensus dominant dans la pièce", explique-t-il à l'AFP.- "Vicaire sur-caféiné" -Mark Rutte, qualifié de "vicaire sur-caféiné" par le magazine The Economist, dépeint une image d'ouverture d'esprit énergique, tout en restant très discret sur sa vie privée. Ce dernier d'une famille de sept enfants, qui vit depuis toujours à La Haye, se décrit lui-même comme un "homme d'habitude et de tradition". Rêvant tout d'abord d'une carrière de pianiste, il étudie finalement l'histoire, avant de devenir directeur des ressources humaines chez le géant Unilever. Affichant une personnalité affable qui cache des instincts politiques aiguisés, M. Rutte devient le chef du parti libéral-conservateur VVD en 2006, avant d'être élu Premier ministre quatre ans plus tard.Il a parfois été accusé de courir après les votes, comme lorsqu'il a durci sa politique sur l'immigration en marge des élections législatives de 2017, alors que le député d'extrême droite Geert Wilders gagnait du terrain. Plus récemment, son "confinement intelligent" face au nouveau coronavirus lui a valu les éloges de ses concitoyens."Ce qu'il a toujours eu, c'est cette perception d'être une personnalité dirigeante compétente", observe M. Bergsen, ancien conseiller en politique économique du gouvernement néerlandais.- "Pas fait de massepain" -Mark Rutte a aussi su gérer son image personnelle avec beaucoup de soin, avec des vidéos le montrant arriver à vélo pour rencontrer des dirigeants étrangers devenues virales.En pleine pandémie, il s'est plié aux mesures contre le Covid-19 et n'a pas pu rendre visite à sa mère au cours des dernières semaines précédant sa mort.Sur le plan international, M. Rutte cultive son franc-parler. Il s'est notamment fait remarquer lors d'une visite à Washington en 2018, en interrompant Donald Trump avec un "non" résolu, après que le président américain a affirmé que ne pas parvenir à un accord commercial avec l'UE serait "positif".Sa position ferme sur la crise migratoire en Europe et celle de la dette grecque dans les années 2010 a aussi agacé certains Etats membres. Il est désormais considéré comme le leader officieux des quatre pays "frugaux" - les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark et la Suède - qui s'opposent au plan de relance de l'UE suivant la crise du nouveau coronavirus.Un rôle de "vilain" qu'il ne savoure sans doute pas, note auprès de l'AFP un diplomate néerlandais à Bruxelles, estimant que M. Rutte "préfère être perçu comme quelqu'un qui améliore les choses". Plusieurs dirigeants, dont le président français Emmanuel Macron et les Premiers ministres italien et espagnol, se sont rendus avec empressement à La Haye ces dernières semaines, dans l'espoir de faire avancer les négociations. Interrogé sur la manière dont il faisait face à la pression, M. Rutte a aussitôt rétorqué "ne pas être fait de massepain".M. Bergsen le "soupçonne" maintenant de briguer un quatrième mandat de Premier ministre lors des prochaines élections législatives en mars 2021, son inflexibilité pouvant rendre difficile une éventuelle reconversion au sein d'un des postes clés de l'UE.