L'indice de confiance des entreprises a atteint en mai le niveau le plus faible enregistré depuis mars 2005, la date où l'Istat, l'Institut national des statistiques, a commencé à la mesurer.

De mars à mai, l'indice a dévissé de 79,5 à 51,1 points. Et depuis fin 2009, il a été pratiquement divisé par deux.

Ces données sont "alarmantes: l'urgence sanitaire et économique a balayé les entreprises, en particulier celles actives dans le commerce, les services et le tourisme", a commenté l'organisation Confesercenti, qui représente les petites entreprises de ces secteurs.

Celles-ci sont particulièrement préoccupées "par le manque de liquidités, nécessaires pour faire face aux dépenses et assurer les salaires (...) Nous sommes proches d'un point de non-retour", s'est alarmée sa présidente, Patrizia De Luise, en demandant que les mesures décidées par le gouvernement (garanties sur les prêts, aides à fonds perdus pour les PME...) deviennent "immédiatement opérationnelles".

Pour elle, "il faut réduire la bureaucratie, accélérer et simplifier les procédures, car si les soutiens tardent encore, de nombreuses entreprises ne pourront faire autrement que cesser leurs activités".

La semaine passée, une polémique a éclaté à ce sujet. Le gouvernement a accusé les banques de ne pas agir assez rapidement pour soutenir les entreprises, ce qu'elles ont contesté, en assurant avoir déjà transmis au Fonds de garantie public près de 400.000 demandes de prêts pour un total de 18 milliards d'euros.

- Un million d'emplois menacés -

L'Italie, premier pays touché en Europe par l'épidémie, a imposé de strictes mesures de confinement pendant deux mois, paralysant une grande partie de son activité économique.

Au premier trimestre, son Produit intérieur brut (PIB) a chuté de 5,3% par rapport au précédent, un recul encore plus important qu'anticipé et jamais vu depuis 25 ans, selon l'Istat.

Le pays devrait subir cette année sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un plongeon du PIB, estimé vendredi par la Banque d'Italie, entre 9 et 13%.

Selon Carlo Bonomi, le président de la principale organisation patronale, la Confindustria, "de 700.000 à un million de postes sont en danger" dans la péninsule.

"Les emplois ne se créent que s'il y a de la croissance, de l'innovation, des investissements. La crise de l'automobile ne se règle pas avec des interventions à fonds perdus ou du chômage technique. On la résout en regardant vers le futur, en investissant dans de nouvelles technologies", a-t-il martelé.

Une lueur d'espoir néanmoins: le plan de relance européen de 750 milliards d'euros annoncé cette semaine, dont l'Italie sera la première bénéficiaire avec 172 milliards de subventions et prêts.

- Pas d'aides -

Le moral des Italiens dans leur ensemble résiste mieux, mais le pays de la Dolce Vita n'est néanmoins guère à la fête, alors que l'épidémie y a fait plus de 33.000 morts.

La confiance des consommateurs est passée de 100,1 à 94,3 de mars à mai, son niveau le plus faible depuis fin 2013.

Si l'Etat a débloqué des mesures de chômage technique ou des indemnités pour les salariés ne pouvant plus travailler, un certain nombre sont passés entre les mailles du filet.

C'est le cas d'Eleonora Fogliacco, 35 ans, professeure de natation et de fitness, en Lombardie, une région particulièrement touchée où piscines et salles de sports ont été fermées dès fin février.

"Je n'ai pas pu toucher l'indemnité de 600 euros par mois prévue par le gouvernement parce que j'avais perçu plus de 10.000 euros l'an passé", explique à l'AFP la jeune femme, qui s'est retrouvée du jour au lendemain à la maison.

"Pendant la crise, j'ai alterné des jours très tranquilles et des jours où je me suis sentie complètement perdue, sans aucune aide de l'Etat. Je ne voyais plus l'avenir et je ne savais plus à quoi m'accrocher", ajoute-t-elle.

"Je n'achète rien. Je dépends de mon compagnon pour les courses", souligne la sportive. Pour elle, "cette situation a changé notre mode de vie à tous" et "tout sera très compliqué" dans un futur proche.

Selon un sondage Confcommercio-Censis publié mardi, 52,8% des familles italiennes voient l'avenir en noir pour elles-mêmes et 67,5% pour le pays. A cause du confinement, 42,3% ont vu se réduire leurs revenus, 25,8% ont arrêté de travailler et 23,4% se sont retrouvées au chômage technique.

Et six familles sur dix ont désormais peur de perdre leur travail. Conséquence de la situation, 48% ont dû renoncer à toute forme de vacances ou week-ends prolongés.

L'indice de confiance des entreprises a atteint en mai le niveau le plus faible enregistré depuis mars 2005, la date où l'Istat, l'Institut national des statistiques, a commencé à la mesurer.De mars à mai, l'indice a dévissé de 79,5 à 51,1 points. Et depuis fin 2009, il a été pratiquement divisé par deux.Ces données sont "alarmantes: l'urgence sanitaire et économique a balayé les entreprises, en particulier celles actives dans le commerce, les services et le tourisme", a commenté l'organisation Confesercenti, qui représente les petites entreprises de ces secteurs.Celles-ci sont particulièrement préoccupées "par le manque de liquidités, nécessaires pour faire face aux dépenses et assurer les salaires (...) Nous sommes proches d'un point de non-retour", s'est alarmée sa présidente, Patrizia De Luise, en demandant que les mesures décidées par le gouvernement (garanties sur les prêts, aides à fonds perdus pour les PME...) deviennent "immédiatement opérationnelles".Pour elle, "il faut réduire la bureaucratie, accélérer et simplifier les procédures, car si les soutiens tardent encore, de nombreuses entreprises ne pourront faire autrement que cesser leurs activités".La semaine passée, une polémique a éclaté à ce sujet. Le gouvernement a accusé les banques de ne pas agir assez rapidement pour soutenir les entreprises, ce qu'elles ont contesté, en assurant avoir déjà transmis au Fonds de garantie public près de 400.000 demandes de prêts pour un total de 18 milliards d'euros.- Un million d'emplois menacés -L'Italie, premier pays touché en Europe par l'épidémie, a imposé de strictes mesures de confinement pendant deux mois, paralysant une grande partie de son activité économique.Au premier trimestre, son Produit intérieur brut (PIB) a chuté de 5,3% par rapport au précédent, un recul encore plus important qu'anticipé et jamais vu depuis 25 ans, selon l'Istat.Le pays devrait subir cette année sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un plongeon du PIB, estimé vendredi par la Banque d'Italie, entre 9 et 13%.Selon Carlo Bonomi, le président de la principale organisation patronale, la Confindustria, "de 700.000 à un million de postes sont en danger" dans la péninsule."Les emplois ne se créent que s'il y a de la croissance, de l'innovation, des investissements. La crise de l'automobile ne se règle pas avec des interventions à fonds perdus ou du chômage technique. On la résout en regardant vers le futur, en investissant dans de nouvelles technologies", a-t-il martelé.Une lueur d'espoir néanmoins: le plan de relance européen de 750 milliards d'euros annoncé cette semaine, dont l'Italie sera la première bénéficiaire avec 172 milliards de subventions et prêts. - Pas d'aides -Le moral des Italiens dans leur ensemble résiste mieux, mais le pays de la Dolce Vita n'est néanmoins guère à la fête, alors que l'épidémie y a fait plus de 33.000 morts.La confiance des consommateurs est passée de 100,1 à 94,3 de mars à mai, son niveau le plus faible depuis fin 2013.Si l'Etat a débloqué des mesures de chômage technique ou des indemnités pour les salariés ne pouvant plus travailler, un certain nombre sont passés entre les mailles du filet.C'est le cas d'Eleonora Fogliacco, 35 ans, professeure de natation et de fitness, en Lombardie, une région particulièrement touchée où piscines et salles de sports ont été fermées dès fin février."Je n'ai pas pu toucher l'indemnité de 600 euros par mois prévue par le gouvernement parce que j'avais perçu plus de 10.000 euros l'an passé", explique à l'AFP la jeune femme, qui s'est retrouvée du jour au lendemain à la maison."Pendant la crise, j'ai alterné des jours très tranquilles et des jours où je me suis sentie complètement perdue, sans aucune aide de l'Etat. Je ne voyais plus l'avenir et je ne savais plus à quoi m'accrocher", ajoute-t-elle."Je n'achète rien. Je dépends de mon compagnon pour les courses", souligne la sportive. Pour elle, "cette situation a changé notre mode de vie à tous" et "tout sera très compliqué" dans un futur proche.Selon un sondage Confcommercio-Censis publié mardi, 52,8% des familles italiennes voient l'avenir en noir pour elles-mêmes et 67,5% pour le pays. A cause du confinement, 42,3% ont vu se réduire leurs revenus, 25,8% ont arrêté de travailler et 23,4% se sont retrouvées au chômage technique.Et six familles sur dix ont désormais peur de perdre leur travail. Conséquence de la situation, 48% ont dû renoncer à toute forme de vacances ou week-ends prolongés.