M. Gantz, un ancien chef de l'armée israélienne, a été reçu en début de matinée par le ministre délégué chargé de l'administration de la Défense nationale marocaine, Abdellatif Loudiyi. Ils ont signé un protocole d'accord qui lance formellement la coopération sécuritaire "sous tous ses aspects" (planning opérationnel, achats, recherche et développement, etc.) entre les deux pays, un an à peine après la normalisation de leurs relations, face aux "menaces et défis dans la région", selon la partie israélienne.

"Il s'agit d'une chose très importante qui nous permettra aussi d'échanger nos opinions, de lancer des projets conjoints et favorisera les exportations israéliennes jusqu'ici", a souligné M. Gantz.

Ce dernier avait auparavant déposé une gerbe au mausolée Mohammed V, qui accueille la sépulture du père de l'indépendance marocaine et celle de son fils Hassan II.

"Nous sollicitons leur bénédiction et regardons vers notre avenir commun - un moment où le lien entre nos peuples s'approfondit et nos nations s'unissent pour offrir une vision de paix partagée", a écrit le ministre israélien sur le livre d'or.

Avant son départ de Tel-Aviv, mardi soir, il avait évoqué "un voyage important au Maroc qui a une touche historique car il s'agit de la première visite formelle d'un ministre de la Défense (israélien) dans ce pays". Au cours de ce déplacement de 48 heures, M. Gantz doit aussi s'entretenir mercredi avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

- Sahara occidental -

Le Maroc et Israël avaient établi des relations diplomatiques au début des années 1990 avant que le Maroc n'y mette fin au début de la Seconde intifada, le soulèvement palestinien du début des années 2000. Désormais alliés dans un contexte régional tendu, ils ont renoué des relations en décembre 2020 dans le cadre des "Accords d'Abraham", processus de normalisation des relations entre l'Etat hébreu et des pays arabes soutenu par l'administration de l'ex-président américain Donald Trump.

A cette occasion, Washington a reconnu la "pleine souveraineté" du Maroc sur le Sahara occidental, territoire disputé avec les indépendantistes sahraouis du Front Polisario soutenus par l'Algérie.

La visite de Benny Gantz intervient alors qu'Alger a rompu, en août, ses relations avec Rabat en raison "d'actions hostiles" du royaume et que le Front Polisario a décidé d'"intensifier" sa lutte armée contre le Maroc. En rencontrant lundi à Washington son homologue Nasser Bourita, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a réitéré le soutien appuyé des Etats-Unis au Maroc sur la question du Sahara occidental.

- Drones armés -

Pour Bruce Maddy-Weitzman, spécialiste des relations israélo-marocaines à l'université de Tel-Aviv, la visite de M. Gantz au Maroc en pleine tension entre les deux frères ennemis du Maghreb ne saurait être une pure coïncidence. "Il est possible que dans un contexte de tension Algérie/Maroc, les Marocains (....) désirent montrer au monde - à leur propre population, à leurs rivaux algériens et à l'Occident - qu'ils approfondissent leurs relations avec Israël, avec tout ce que cela implique", souligne M. Maddy-Weitzman.

L'Etat hébreu est l'un des principaux exportateurs au monde de drones armés et de logiciels de sécurité comme le Pegasus de la société NSO. Or les ventes de drones armés et de certaines technologies de pointe, à l'instar du logiciel-espion Pegasus, doivent être approuvées par le ministère de la Défense dirigé par M. Gantz.

Le Maroc nie catégoriquement avoir acheté ce logiciel et a annoncé avoir déposé des plaintes pour "diffamation" contre des médias ayant affirmé que Rabat s'en était servi pour infiltrer les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères.

Une coalition pro-palestinienne de partis et ONG de gauche ainsi que les islamistes du mouvement Justice et Bienfaisance ont appelé à un sit-in mercredi après-midi devant le parlement à Rabat pour dénoncer la normalisation avec Israël et la venue au Maroc du "criminel de guerre Gantz", chef d'état-major lors de la guerre meurtrière de l'été 2014 à Gaza.

Pour Bruce Maddy-Weitzman, le Maroc n'a pas abandonné la cause palestinienne, "mais a beaucoup d'autres intérêts, beaucoup d'autres bénéfices à tirer d'un recalibrage" de ses relations.

M. Gantz, un ancien chef de l'armée israélienne, a été reçu en début de matinée par le ministre délégué chargé de l'administration de la Défense nationale marocaine, Abdellatif Loudiyi. Ils ont signé un protocole d'accord qui lance formellement la coopération sécuritaire "sous tous ses aspects" (planning opérationnel, achats, recherche et développement, etc.) entre les deux pays, un an à peine après la normalisation de leurs relations, face aux "menaces et défis dans la région", selon la partie israélienne."Il s'agit d'une chose très importante qui nous permettra aussi d'échanger nos opinions, de lancer des projets conjoints et favorisera les exportations israéliennes jusqu'ici", a souligné M. Gantz.Ce dernier avait auparavant déposé une gerbe au mausolée Mohammed V, qui accueille la sépulture du père de l'indépendance marocaine et celle de son fils Hassan II."Nous sollicitons leur bénédiction et regardons vers notre avenir commun - un moment où le lien entre nos peuples s'approfondit et nos nations s'unissent pour offrir une vision de paix partagée", a écrit le ministre israélien sur le livre d'or.Avant son départ de Tel-Aviv, mardi soir, il avait évoqué "un voyage important au Maroc qui a une touche historique car il s'agit de la première visite formelle d'un ministre de la Défense (israélien) dans ce pays". Au cours de ce déplacement de 48 heures, M. Gantz doit aussi s'entretenir mercredi avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. - Sahara occidental -Le Maroc et Israël avaient établi des relations diplomatiques au début des années 1990 avant que le Maroc n'y mette fin au début de la Seconde intifada, le soulèvement palestinien du début des années 2000. Désormais alliés dans un contexte régional tendu, ils ont renoué des relations en décembre 2020 dans le cadre des "Accords d'Abraham", processus de normalisation des relations entre l'Etat hébreu et des pays arabes soutenu par l'administration de l'ex-président américain Donald Trump. A cette occasion, Washington a reconnu la "pleine souveraineté" du Maroc sur le Sahara occidental, territoire disputé avec les indépendantistes sahraouis du Front Polisario soutenus par l'Algérie.La visite de Benny Gantz intervient alors qu'Alger a rompu, en août, ses relations avec Rabat en raison "d'actions hostiles" du royaume et que le Front Polisario a décidé d'"intensifier" sa lutte armée contre le Maroc. En rencontrant lundi à Washington son homologue Nasser Bourita, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a réitéré le soutien appuyé des Etats-Unis au Maroc sur la question du Sahara occidental.- Drones armés -Pour Bruce Maddy-Weitzman, spécialiste des relations israélo-marocaines à l'université de Tel-Aviv, la visite de M. Gantz au Maroc en pleine tension entre les deux frères ennemis du Maghreb ne saurait être une pure coïncidence. "Il est possible que dans un contexte de tension Algérie/Maroc, les Marocains (....) désirent montrer au monde - à leur propre population, à leurs rivaux algériens et à l'Occident - qu'ils approfondissent leurs relations avec Israël, avec tout ce que cela implique", souligne M. Maddy-Weitzman.L'Etat hébreu est l'un des principaux exportateurs au monde de drones armés et de logiciels de sécurité comme le Pegasus de la société NSO. Or les ventes de drones armés et de certaines technologies de pointe, à l'instar du logiciel-espion Pegasus, doivent être approuvées par le ministère de la Défense dirigé par M. Gantz.Le Maroc nie catégoriquement avoir acheté ce logiciel et a annoncé avoir déposé des plaintes pour "diffamation" contre des médias ayant affirmé que Rabat s'en était servi pour infiltrer les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères.Une coalition pro-palestinienne de partis et ONG de gauche ainsi que les islamistes du mouvement Justice et Bienfaisance ont appelé à un sit-in mercredi après-midi devant le parlement à Rabat pour dénoncer la normalisation avec Israël et la venue au Maroc du "criminel de guerre Gantz", chef d'état-major lors de la guerre meurtrière de l'été 2014 à Gaza.Pour Bruce Maddy-Weitzman, le Maroc n'a pas abandonné la cause palestinienne, "mais a beaucoup d'autres intérêts, beaucoup d'autres bénéfices à tirer d'un recalibrage" de ses relations.