De nombreuses expériences attendent le visiteur curieux : combats de sumo, matches de base-ball, onsen (bains thermaux dans les sources d'eau chaude), karaoké, sushi et saké. Rien d'étonnant à ce que les entreprises et le gouvernement japonais voient dans le tourisme une importante source de revenus, d'autant que la population de l'archipel ne cesse de décroître (environ 1.000 décès par jour) et de vieillir (la moyenne d'âge est désormais de 47 ans). Le pays du Soleil Levant qui espère attirer 40 millions de visiteurs par an d'ici à 2020 ne ménage pas ses efforts pour offrir un accueil digne de ce nom. Tokyo se prépare à accueillir la Coupe du monde de Rugby à l'automne 2019, les Jeux olympiques et paralympiques en 2020. La foule sera au rendez-vous, c'est certain, mais le ...

De nombreuses expériences attendent le visiteur curieux : combats de sumo, matches de base-ball, onsen (bains thermaux dans les sources d'eau chaude), karaoké, sushi et saké. Rien d'étonnant à ce que les entreprises et le gouvernement japonais voient dans le tourisme une importante source de revenus, d'autant que la population de l'archipel ne cesse de décroître (environ 1.000 décès par jour) et de vieillir (la moyenne d'âge est désormais de 47 ans). Le pays du Soleil Levant qui espère attirer 40 millions de visiteurs par an d'ici à 2020 ne ménage pas ses efforts pour offrir un accueil digne de ce nom. Tokyo se prépare à accueillir la Coupe du monde de Rugby à l'automne 2019, les Jeux olympiques et paralympiques en 2020. La foule sera au rendez-vous, c'est certain, mais le gouvernement aimerait attirer davantage d'Occidentaux, réputés plus dépensiers que les Asiatiques (85% des visiteurs actuellement). Quelque 29 millions de touristes ont visité le Japon en 2017 et leur nombre augmente constamment : ils étaient plus nombreux au premier quadrimestre 2018 que pour l'ensemble de l'année 2013. En 2019, les autorités nippones concentreront leurs efforts sur la convivialité, question d'inciter les touristes à rester plus longtemps et à dépenser davantage, voire à revenir. Un des objectifs consiste à faciliter les déplacements aux visiteurs ne parlant pas japonais. Les chauffeurs de taxi ont reçu des listes de locutions traduites censées faciliter la communication avec les étrangers. La signalisation dans et aux abords des villes est de plus en plus bilingue anglais-japonais. Des cours de langue sont organisés pour le personnel horeca qui, en attendant de devenir polyglotte, est invité à se servir d'applications de traduction. Autre objectif pour 2019 : le logement. Il est possible de trouver un logement décent à prix raisonnable dans les ryokans traditionnels et les hôtels d'affaires classiques. Une loi maladroite de 2018 sur les habitations partagées a fait chuter les offres de logement Airbnb, la plateforme américaine qui met en relation voyageurs et hôtes potentiels. L'infrastructure est un autre point nécessitant des interventions urgentes. Le nombre d'agents d'immigration doit être augmenté dans les plus brefs délais. Les projets de nouvelles pistes d'atterrissage, à l'aéroport Narita de Tokyo notamment, sont sur le point de se concrétiser. Des mesures doivent être prises pour encourager les paiements par carte de crédit au pays du dieu cash. Les efforts visant à améliorer l'accueil des touristes en 2019 pourraient rendre certaines lacunes plus criantes. Ainsi par exemple, les instances touristiques ont toutes les peines du monde à recruter du personnel en suffisance, voire du personnel compétent. Le Japon connaît en effet une grave pénurie de main-d'oeuvre. On compte 1,6 poste vacant pour chaque demandeur d'emploi. Certains hôtels n'hésitent pas à employer des retraités ou à faire appel à des immigrés pour combler ces lacunes. Mais cela ne suffit pas. Les médias locaux s'inquiètent : où trouver les 80.000 bénévoles nécessaires pour encadrer les Jeux olympiques ? Ceci dit, la tâche la plus ardue pour le gouvernement en 2019 sera de prévenir une réaction d'hostilité de la part des Japonais face au boom touristique. Des doléances commencent à se faire entendre : les touristes génèrent du cash, certes, mais aussi des nuisances sonores et induisent des changements au niveau des normes culturelles et de l'ambiance en général. Les habitants de Kyoto se plaignent régulièrement de l'envahissement des temples de la ville par une myriade de boutiques de souvenirs bon marché, de sésame, de thé matcha et de crèmes glacées. Le gouvernement doit tout mettre en oeuvre pour vanter l'intérêt d'autres curiosités en dehors du célèbre triangle Tokyo-Kyoto-Osaka et s'assurer que les Japonais profitent de cette manne providentielle de cash touristique. Par Sarah Birke.