"Je ne me suis jamais autant intéressé à la politique, j'ai été comme aspiré", renchérit Dave, 47 ans, un carreleur, à la réunion de Willenhall, à quelques kilomètres au nord de Birmingham.

La région a massivement voté Brexit et Nigel Farage, chef du Parti du même nom, n'a aucun mal à électriser le millier de personnes venues l'écouter à la veille des élections de jeudi où les sondages le créditent d'une large victoire.Mais son adversaire le Parti europhile libéral-démocrate a lui aussi gagné des points dans la région aux récentes élections locales.

La clef de leur succès? Le rejet des deux grands partis traditionnels, conservateur au pouvoir et travailliste, qui dominent la vie politique depuis plus d'un siècle. Ils n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la mise en oeuvre du Brexit, voté lors du référendum de juin 2016, et la sortie de l'UE a dû être repoussée à fin octobre au lieu de la date prévue du 29 mars, obligeant à la tenue de ce scrutin européen.

"Je votais Tory mais je ne voterai plus pour les grands partis", assure Baron Weston, 48 ans.

Jamindar Hayre, 54 ans, qui votait travailliste, dit que sur une échelle mesurant la colère de 1 à 10, "je serais sur 20, 30 ou 50!", ajoutant: "personne n'est très content" de la Première ministre Theresa May qui n'arrive pas à mettre en oeuvre le Brexit.

- Ascension Lib-Dem -

Seuls 20% des électeurs qui ont voté conservateur aux élections législatives de 2017 ont l'intention de récidiver, tandis que 62% veulent voter Farage, selon un sondage YouGov paru vendredi.

"Le changement arrive!", assure la candidate du Parti du Brexit Katharine Harborne, allusion à la série "Game of Thrones", inspirée par la Guerre des Roses qui se solda par la mort du roi Richard III lors de la bataille de Bosworth en 1485.

Cette ville située à l'est de Birmingham a vu un autre changement de pouvoir surprenant au début du mois, moins sanglant cependant: bien que pro-Brexit, la circonscription de Hinckley et Bosworth a élu des Lib-Dem, portés par le slogan "Merde au Brexit!".

"Nous sommes le parti qui monte", affirme le candidat Michael Mullaney, en arpentant les rues de Hinckley. "Les gens qui veulent limiter la victoire du Parti du Brexit ont besoin de se réunir autour d'un parti", note-t-il. "Les travaillistes ont perdu beaucoup de terrain, on nous voit comme la meilleure alternative", ajoute-t-il.

Le Labour paye son ambiguïté sur le Brexit et seuls 35% de ses électeurs habituels pourraient voter pour lui, 21% se tournant vers les Lib-Dem, classé deuxième par certains sondages.

Mullaney est accosté par Fred, 51 ans: "j'étais Labour mais Corbyn n'est pas assez fort", dit-il à l'AFP à propos du chef du parti Jeremy Corbyn. "J'étais tenté par Farage, mais il ne soutient pas le service national de santé", ajoute-t-il.

- "Laissé en plan" -

Les réflexions de Fred révèlent une fluidité inédite dans le paysage politique britannique.

Pour Martin Daubney, candidat du Parti du Brexit et ancien journaliste, le Brexit "a fait un reset" de la vie politique.

Ce que confirment les électeurs sur le marché de Bullring, à Birmingham, où des étals arborent des affiches du Parti du Brexit.

"Je suis complètement paumé et laissé en plan", dit le boucher Alan Doherty, 73 ans, entre deux clients. "On avait un pays qui marchait bien et ils n'arrêtent pas les querelles, ils vont tout casser", regrette-t-il, se disant prêt à voter Farage aussi pour des législatives, alors qu'il était anti-Brexit en 2016.

Pour Dave, c'est "définitivement" la fin du système aux deux partis "et j'en suis ravi".

"Mille fois oui!", s'exclame le fleuriste Anthony Rowe, 52 ans, interrogé pour savoir s'il voterait Farage lors de législatives. Pour lui, Tories et Labour ont tort de compter sur leur électorat traditionnel: "les gens ne pensent plus vraiment comme ça".

"Je ne me suis jamais autant intéressé à la politique, j'ai été comme aspiré", renchérit Dave, 47 ans, un carreleur, à la réunion de Willenhall, à quelques kilomètres au nord de Birmingham.La région a massivement voté Brexit et Nigel Farage, chef du Parti du même nom, n'a aucun mal à électriser le millier de personnes venues l'écouter à la veille des élections de jeudi où les sondages le créditent d'une large victoire.Mais son adversaire le Parti europhile libéral-démocrate a lui aussi gagné des points dans la région aux récentes élections locales.La clef de leur succès? Le rejet des deux grands partis traditionnels, conservateur au pouvoir et travailliste, qui dominent la vie politique depuis plus d'un siècle. Ils n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la mise en oeuvre du Brexit, voté lors du référendum de juin 2016, et la sortie de l'UE a dû être repoussée à fin octobre au lieu de la date prévue du 29 mars, obligeant à la tenue de ce scrutin européen."Je votais Tory mais je ne voterai plus pour les grands partis", assure Baron Weston, 48 ans.Jamindar Hayre, 54 ans, qui votait travailliste, dit que sur une échelle mesurant la colère de 1 à 10, "je serais sur 20, 30 ou 50!", ajoutant: "personne n'est très content" de la Première ministre Theresa May qui n'arrive pas à mettre en oeuvre le Brexit.- Ascension Lib-Dem -Seuls 20% des électeurs qui ont voté conservateur aux élections législatives de 2017 ont l'intention de récidiver, tandis que 62% veulent voter Farage, selon un sondage YouGov paru vendredi."Le changement arrive!", assure la candidate du Parti du Brexit Katharine Harborne, allusion à la série "Game of Thrones", inspirée par la Guerre des Roses qui se solda par la mort du roi Richard III lors de la bataille de Bosworth en 1485.Cette ville située à l'est de Birmingham a vu un autre changement de pouvoir surprenant au début du mois, moins sanglant cependant: bien que pro-Brexit, la circonscription de Hinckley et Bosworth a élu des Lib-Dem, portés par le slogan "Merde au Brexit!"."Nous sommes le parti qui monte", affirme le candidat Michael Mullaney, en arpentant les rues de Hinckley. "Les gens qui veulent limiter la victoire du Parti du Brexit ont besoin de se réunir autour d'un parti", note-t-il. "Les travaillistes ont perdu beaucoup de terrain, on nous voit comme la meilleure alternative", ajoute-t-il.Le Labour paye son ambiguïté sur le Brexit et seuls 35% de ses électeurs habituels pourraient voter pour lui, 21% se tournant vers les Lib-Dem, classé deuxième par certains sondages.Mullaney est accosté par Fred, 51 ans: "j'étais Labour mais Corbyn n'est pas assez fort", dit-il à l'AFP à propos du chef du parti Jeremy Corbyn. "J'étais tenté par Farage, mais il ne soutient pas le service national de santé", ajoute-t-il.- "Laissé en plan" -Les réflexions de Fred révèlent une fluidité inédite dans le paysage politique britannique.Pour Martin Daubney, candidat du Parti du Brexit et ancien journaliste, le Brexit "a fait un reset" de la vie politique.Ce que confirment les électeurs sur le marché de Bullring, à Birmingham, où des étals arborent des affiches du Parti du Brexit."Je suis complètement paumé et laissé en plan", dit le boucher Alan Doherty, 73 ans, entre deux clients. "On avait un pays qui marchait bien et ils n'arrêtent pas les querelles, ils vont tout casser", regrette-t-il, se disant prêt à voter Farage aussi pour des législatives, alors qu'il était anti-Brexit en 2016.Pour Dave, c'est "définitivement" la fin du système aux deux partis "et j'en suis ravi"."Mille fois oui!", s'exclame le fleuriste Anthony Rowe, 52 ans, interrogé pour savoir s'il voterait Farage lors de législatives. Pour lui, Tories et Labour ont tort de compter sur leur électorat traditionnel: "les gens ne pensent plus vraiment comme ça".