En annonçant son plan de relance de 750 milliards d'euros au Parlement européen le 27 mai, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, n'a pas impressionné l'association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), " Il (...) est très bref et vague sur les instruments et les moyens financiers pour la relance de l'industrie automobile ", a indiqué Eric-Mark Huitema, directeur général de l'ACEA.
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En annonçant son plan de relance de 750 milliards d'euros au Parlement européen le 27 mai, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, n'a pas impressionné l'association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), " Il (...) est très bref et vague sur les instruments et les moyens financiers pour la relance de l'industrie automobile ", a indiqué Eric-Mark Huitema, directeur général de l'ACEA. Les constructeurs et tous les acteurs du secteur (distribution, réparation, équipementiers) ont des arguments pour convaincre Etats et Commission européenne de mettre en place des mesures d'aide : le secteur pèse, selon l'ACEA, 13,8 millions d'emplois. L'ACEA a proposé à la Commission un catalogue de mesures, dont des primes à l'achat, pas seulement pour les véhicules zéro émission (électriques), mais aussi pour ceux à carburant, qui occupent la majorité des usines. Argument : les modèles neufs seront plus propres que les anciens. La Commission reste vague. Et les plans demeurent nationaux. La France a concentré le tir sur les électriques et certaines hybrides. Soit 7.000 euros de primes pour l'achat d'une auto 100% électrique pour les particuliers, pour autant que le véhicule ne dépasse pas les 45.000 euros, et 2.000 euros pour une hybride rechargeable. Plus des primes à la conversion de 5.000 euros pour échanger une vieille voiture contre une électrique (combinable avec la prime à l'achat de 7.000 euros, soit 12.000 euros), réservées aux revenus nets de maximum 18.000 euros par an. Une prime à la conversion de 3.000 euros est aussi prévue pour l'achat d'un véhicule à carburant plus propre, toujours sous condition de revenu. En Belgique, des discussions se préparent entre le secteur et les pouvoirs publics, " pour espérer garder les immatriculations au-dessus des 400.000 unités ", indique Philippe Dehennin, président de Febiac, qui craint une baisse de 35% du nombre d'automobiles particulières neuves sur la route en 2020. En 2019, ce nombre était de 550.000. Les fédérations du secteur (Febiac, Traxio, Renta) travaillent à des propositions qui concernent aussi la moto, les utilitaires et l'occasion, en les anglant sur le verdissement du parc. En Allemagne, le débat s'échauffe. On parle d'y répéter la prime attribuée en 2009, après la crise bancaire, mais le projet rencontre des oppositions, notamment à cause du paiement de 5 milliards d'euros de dividendes par les constructeurs, malgré la crise. Et à l'idée que les primes pourraient d'abord profiter aux ventes de petites automobiles, surtout produites hors d'Allemagne. Ce qui nous ramène à la déception de l'ACEA sur le programme de relance. Selon elle, des incitants ne pourraient avoir un impact que coordonnés à l'échelle européenne. Les annonces de réductions d'effectifs vont peut-être pousser les imaginations et les volontés. Après Renault qui parle de se séparer de 15.000 salariés, l'allemand ZF, producteur de boîtes de vitesses, envisage un plan de 15.000 départs pour faire face à la baisse de la demande post-Covid.