Elle laisse l'Allemagne dans un état que bien des pays européens envient: une dette sous contrôle, un taux de chômage sous les 6%, une industrie florissante qui représente 40% de la production manufacturière de la zone euro, une politique d'immigration à rebours de la frilosité de ses voisins... "Mutti" Merkel laisse aussi un pays qui a trop peu investi dans les infrastructures et dans la déc...

Elle laisse l'Allemagne dans un état que bien des pays européens envient: une dette sous contrôle, un taux de chômage sous les 6%, une industrie florissante qui représente 40% de la production manufacturière de la zone euro, une politique d'immigration à rebours de la frilosité de ses voisins... "Mutti" Merkel laisse aussi un pays qui a trop peu investi dans les infrastructures et dans la décarbonation de son économie. Mais le principal souci de l'Allemagne, celui qui le hante depuis 30 ans, est ailleurs: c'est la facture du vieillissement. Sans l'afflux d'immigrés, sa population rétrécirait. Plus de 21% des Allemands sont aujourd'hui âgés de plus de 65 ans (ils ne sont que 19% en Belgique). Cette proportion gonflera pour atteindre 28,4% en 2060 et sa pyramide des âges se rapprochera de celle du Japon. C'est donc le vieillissement qui dicte la politique d'immigration, c'est lui qui pousse l'Allemagne à vouloir augmenter sans cesse le PIB par tête puisque les jeunes actifs auront davantage de poids budgétaire sur leurs épaules. C'est lui qui pousse l'Allemagne à rester très économe en termes de dépenses publiques. C'est lui qui pousse l'Etat à soutenir les entreprises manufacturières exportatrices car ce sont les principales génératrices de richesse. C'est aussi le problème du vieillissement qui dicte la politique étrangère ultra-prudente de Berlin, qui ne veut se fâcher ni avec la Hongrie (important partenaire commercial et pays accueillant de grandes usines de constructeurs automobiles allemands), ni avec la Russie (partenaire important et pourvoyeur stratégique d'énergie), ni encore avec la Chine, où l'Allemagne a exporté l'an dernier pour 26 milliards d'euros et qui titille désormais les Etats-Unis comme premier marché à l'export du pays. Une réforme des retraites est annoncée depuis des années... mais "Mutti" laisse la patate chaude à son successeur.