Le Bureau du Plan clôture cette semaine de prévisions avec ses perspectives économiques 2022 - 2027. De la matière à réflexion pour le gouvernement fédéral d'Alexander De Croo (Open VLD), amené à effectuer de délicats équilibres cet été autour du pouvoir d'achat et de la compétitivité, le Bureau du Plan étant toujours une référence pour l'action politique.

Le titre de la communication du Bureau du Plan est une question: "vers un atterrissage en douceur de l'économie belge?". Résumé de la communication: "Après le rebond en 2021, la reprise de l'économie belge est bridée en 2022 par le choc inflationniste. Le produit intérieur brut (PIB) retrouverait un sentier de croissance plus modeste dès 2023. Les créations d'emplois resteraient malgré tout proches de leur tendance des vingt dernières années. Un déficit public important persisterait à l'horizon 2027."

Premier constat, positif: les prix d'énergie semblent avoir atteint leur pic. Cela pourrait diminuer quelque peu la pression. Même si la récente augmentation du prix du gaz laisse planer un doute.

Il reste d'ailleurs des risques importants pour notre économie, en général: une possible escalade de la guerre en Ukraine, un ralentissement accru de l'activité économique en Chine avec la politique de zéro Covid, une politique monétaire plus agressive que prévu et, somme toute, des incertitudes plus grandes.

Pas (encore) de récession

La croissance économique va s'essoufler en 2022 et 2023, une croissance faible qui ne sera pas compensée à long terme. "C'est dû au fait que nous sommes confrontés à un choc énorme des prix et qu'ils resteront durablement hauts", souligne le Bureau du Plan. Une inflation due à de nombreux facteurs, en plus de l'explosion des prix de l'énergie. "Cette inflation durera un peu plus longtemps que les prix de l'énergie", souligne le Bureau.Précision: dans les chiffres dévoilés ce vendredi, pas (encore) de récession en vue.

Mais les instances diverses marchent pour l'"instant sur des oeufs, tant les prévisions sont sans cesse revues à la baisse, au vu des incertitudes géopolitiques.

Tout cela a un contact sur la confiance des ménages et les perspectives de consommation. L'épargne devrait croître à un niveau plus important qu'avant la crise du coronavirus. Une façon aussi de prévenir une hausse à venir des impôts, en raison de la dette publique importante.

La croissance des exportations, qui avait été fortement dopée par les vaccins durant la crise du Covid, va ralentir en raison, notamment, de notre compétivité érodée.

En matière d'émissions de CO2, "des efforts sont encore nécessaires pour atteindre nos objectifs d'ici 2030", souligne le Bureau du Plan.

L'économie, cela dit, garde une forme de résilience: les créations d'emplois resteraient malgré tout proches de leur tendance des vingt dernières années.

La dette augmente à nouveau

En ce qui concerne les finances publiques, la dette publique a fortement reculé en 2021 et 2022 avec le rebond de l'activité économique et la hausse des prix. "Mais elle remonte les années suivantes et retrouvera le niveau de l'année de crise, souligne le Bureau du plan. Il n'y a toutefois pas d'effet boule de neige, c'est l'impact des déficits.

comme le prévoyait la Banque nationale, le déficit public devrait se stabiliser à un niveau - trop élevé - de 5% du PIB. Bref, là aussi, il y de la matière à agir!

"On a clairement une dégradation des perspectives à moyen terme", dit le Bureau du Plan. C'est l'impact des dépenses prises pour le soutien à l'activité durant la crise et les conséquences de la guerre en Ukraine (un milliard pour l'accueil des réfugiés ukrainiens). "Malgré l'estompement des mesures de crises, le déficit continue à se creuser". C'est, notamment, la conséquence de l'impact du choc inflationniste.

Il y aura certes une rente nucléaire plus importante, une baisse des soutiens au renouvelables, des recettes de la TVA, "mais globalement, l'Etat ne s'enrichit pas avec l'inflation, au contraire".

Au coût du vieillissement, important, vient s'ajouter des choix de société "légitimes" en matière de soins de santé ou de défense. Le solde de financement se dégrade substantiellement, essentiellement au niveau de l'entité 1, autrement dit l'Etat fédéral. "C'est l'entité le plus exposée au choc inflationniste", notamment à travers les pensions de tous les niveaux de pouvoir, les charges d'intérêt, les dotations indexées aux autres niveaux de pouvoir... En fin de période, l'Etat fédéral aurait un déficit équivalent... à 10% de sa taille budgétaire!

Précision importante: les incertitudes liées à l'évolution des taux pourraient jouer un rôle. Négatif, faut-il le dire.

Le Bureau du Plan clôture cette semaine de prévisions avec ses perspectives économiques 2022 - 2027. De la matière à réflexion pour le gouvernement fédéral d'Alexander De Croo (Open VLD), amené à effectuer de délicats équilibres cet été autour du pouvoir d'achat et de la compétitivité, le Bureau du Plan étant toujours une référence pour l'action politique.Le titre de la communication du Bureau du Plan est une question: "vers un atterrissage en douceur de l'économie belge?". Résumé de la communication: "Après le rebond en 2021, la reprise de l'économie belge est bridée en 2022 par le choc inflationniste. Le produit intérieur brut (PIB) retrouverait un sentier de croissance plus modeste dès 2023. Les créations d'emplois resteraient malgré tout proches de leur tendance des vingt dernières années. Un déficit public important persisterait à l'horizon 2027."Premier constat, positif: les prix d'énergie semblent avoir atteint leur pic. Cela pourrait diminuer quelque peu la pression. Même si la récente augmentation du prix du gaz laisse planer un doute.Il reste d'ailleurs des risques importants pour notre économie, en général: une possible escalade de la guerre en Ukraine, un ralentissement accru de l'activité économique en Chine avec la politique de zéro Covid, une politique monétaire plus agressive que prévu et, somme toute, des incertitudes plus grandes.La croissance économique va s'essoufler en 2022 et 2023, une croissance faible qui ne sera pas compensée à long terme. "C'est dû au fait que nous sommes confrontés à un choc énorme des prix et qu'ils resteront durablement hauts", souligne le Bureau du Plan. Une inflation due à de nombreux facteurs, en plus de l'explosion des prix de l'énergie. "Cette inflation durera un peu plus longtemps que les prix de l'énergie", souligne le Bureau.Précision: dans les chiffres dévoilés ce vendredi, pas (encore) de récession en vue.Mais les instances diverses marchent pour l'"instant sur des oeufs, tant les prévisions sont sans cesse revues à la baisse, au vu des incertitudes géopolitiques.Tout cela a un contact sur la confiance des ménages et les perspectives de consommation. L'épargne devrait croître à un niveau plus important qu'avant la crise du coronavirus. Une façon aussi de prévenir une hausse à venir des impôts, en raison de la dette publique importante.La croissance des exportations, qui avait été fortement dopée par les vaccins durant la crise du Covid, va ralentir en raison, notamment, de notre compétivité érodée.En matière d'émissions de CO2, "des efforts sont encore nécessaires pour atteindre nos objectifs d'ici 2030", souligne le Bureau du Plan.L'économie, cela dit, garde une forme de résilience: les créations d'emplois resteraient malgré tout proches de leur tendance des vingt dernières années. En ce qui concerne les finances publiques, la dette publique a fortement reculé en 2021 et 2022 avec le rebond de l'activité économique et la hausse des prix. "Mais elle remonte les années suivantes et retrouvera le niveau de l'année de crise, souligne le Bureau du plan. Il n'y a toutefois pas d'effet boule de neige, c'est l'impact des déficits.comme le prévoyait la Banque nationale, le déficit public devrait se stabiliser à un niveau - trop élevé - de 5% du PIB. Bref, là aussi, il y de la matière à agir!"On a clairement une dégradation des perspectives à moyen terme", dit le Bureau du Plan. C'est l'impact des dépenses prises pour le soutien à l'activité durant la crise et les conséquences de la guerre en Ukraine (un milliard pour l'accueil des réfugiés ukrainiens). "Malgré l'estompement des mesures de crises, le déficit continue à se creuser". C'est, notamment, la conséquence de l'impact du choc inflationniste. Il y aura certes une rente nucléaire plus importante, une baisse des soutiens au renouvelables, des recettes de la TVA, "mais globalement, l'Etat ne s'enrichit pas avec l'inflation, au contraire".Au coût du vieillissement, important, vient s'ajouter des choix de société "légitimes" en matière de soins de santé ou de défense. Le solde de financement se dégrade substantiellement, essentiellement au niveau de l'entité 1, autrement dit l'Etat fédéral. "C'est l'entité le plus exposée au choc inflationniste", notamment à travers les pensions de tous les niveaux de pouvoir, les charges d'intérêt, les dotations indexées aux autres niveaux de pouvoir... En fin de période, l'Etat fédéral aurait un déficit équivalent... à 10% de sa taille budgétaire!Précision importante: les incertitudes liées à l'évolution des taux pourraient jouer un rôle. Négatif, faut-il le dire.