"La gauche francophone vit avec 30 ou 40 ans de retard. Courir avec le PTB, n'est pas une solution pour le PS. J'attends donc les textes de M. Dermagne avec impatience." Dixit Georges-Louis Bouchez, président du MR, le week-end dernier, dans Sud Presse, après l'accord fédéral du gouvernement De Croo prévoyant, notamment et à ses yeux, un volet 'sanctions' dans le cadre du volet consacré aux métiers en pénurie et de l'activation des chômeurs, ainsi que de la remise au travail des malades de longue duréée.
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"La gauche francophone vit avec 30 ou 40 ans de retard. Courir avec le PTB, n'est pas une solution pour le PS. J'attends donc les textes de M. Dermagne avec impatience." Dixit Georges-Louis Bouchez, président du MR, le week-end dernier, dans Sud Presse, après l'accord fédéral du gouvernement De Croo prévoyant, notamment et à ses yeux, un volet 'sanctions' dans le cadre du volet consacré aux métiers en pénurie et de l'activation des chômeurs, ainsi que de la remise au travail des malades de longue duréée."Si le PS ne l'a pas compris comme cela, ajoute-t-il, il faudra qu'il amène autre chose dans cet accord permettant d'arriver au même résultat. Comme les incitants sont déjà dans l'accord conclu mardi, je ne vois pas ce que le ministre, s'il est sérieux, comme je l'espère, mettrait d'autre dans l'accord de coopération que les sanctions (outre des mesures renforçant l'activation...)."Réponse du berger Paul Magnette, président du PS, à la bergère libérale, dans La Libre de lundi: "Il n'y aura pas de sanctions à l'égard de personnes malades de longue durée qui refusent un emploi. Vous pouvez l'écrire trois fois. Il s'agit juste d'une question de procédure. Une personne qui a reçu de nombreux rappels, qui n'y répond pas, qui refuse de voir un médecin-conseil, etc., peut recevoir une amende. On parle de 30 euros. Il y a, il est vrai, un côté symbolique que je n'aime pas non plus. Pour le reste, ils peuvent continuer à rêver en couleurs, jamais le PS ne sanctionnera des demandeurs d'emploi."Et le même d'ajouter: "Les libéraux doivent comprendre que nous ne sommes plus sous le gouvernement Michel, nous n'accepterons pas qu'ils imposent le travail de nuit comme nous n'accepterons pas leur semaine des quatre jours."Stop, risque de paralysie totale à l'échelon fédéral. Le bras de fer se poursuit entre libéraux et socialistes sur des pans importants de l'accord budgétaire 2022. Le PS a été pointé du doigt comme le grand perdant de cette joute budgétaire et socio-économique. Depuis, son vice-Premier Pierre-Yves Dermagne a affirmé avoir "fait barrage" aux demandes de la droite. Et entend le démontrer concrètement. Un jeu de rôles? Pas seulement, c'est l'équilibre même de l'accord qui est en jeu.Ledit accord doit d'ailleurs être précisé en bien des points. D'autres sujets ont déjà fait l'objet de remises en cause ou de réflexions postérieures à l'accord, à l'image de cette taxe sur les billets d'avions dont l'apport budgétaire estimé (30 millions) ne serait en rien garanti par le cadre défini (taxer les vols de moins de 500 kilomètres). Un groupe de travail est mis en place pour étudier la question, avec un petit goût d'amateurisme.La paralysie était déjà effective avec la réforme des pensions présentée par la ministre PS Karine Lalieux, à la fin de l'été: l'épure a été balayée par les libéraux, tant au Nord qu'au Sud, et son examen reporté à la fin de l'année. Mais tant la soutenabilité économique que la disparition du projet de pension à points envisagé sous la précédente législature ne passent pas la rampe bleue.D'autres sujets vont faire grimacer les partenaires ces prochaines semaines, à commencer par la définition du mix énerrgétique du futur. Les libéraux dénoncent une sortie du nucléaire mal préparée, faisant courir un risque majeur sur l'approvisionnement énergétique du pays. Le PS, version écosocialiste de Paul Magnette, soutient les écologistes pour qui il est impensable de faire machine arrière. Tinne Van der Straeten (Groen), ministre fédérale de l'Energie, a déjà affirmé qu'Engie ne serait plus en mesure de prolonger les deux derniers réacteurs qui pourraient l'être.Mais il ne faut pas croire qu'un axe PS- Ecolo est systématiquement de mise. Dans les coulisses du pouvoir wallon, à Namur, il se murmure aussi que le mode de décision des verts exaspère de plus le MR - c'est une évidence - mais aussi le PS. Il est ainsi question de l'accord adopté au gouvernement wallon selon lequel... un groupe de travail réuissant des expets doit émettre des recommandations pour les normes sanitaires. "Avec Ecolo, c'est terrible, chaque sujet est systématiquement encommissionné", entend-on.La paralysie, à tous les étages.