C'est le scénario d'un mauvais film, avec le climat en otage. La Belgique est représentée massivement à la COP 26 à Glasgow, une étape importante sur le chemin des objectifs climatiques. Mais à quelques jours du dénouement de la grand-messe, les désaccords minent notre pays. La faute à un bras de fer entre écologistes et nationalistes, avec les libéraux pour témoins.

Deux obstacles majeurs ont soudain vu le jour.

Acte 1. L'accord intra-belge au sujet de la répartition des objectifs climatiques de la Belgique n'a pas pu être conclu: la patate chaude a été renvoyée par les ministres du Climat au chefs de gouvernement, en Comité de concertation. Philippe Henry (Ecolo), le ministre wallon en charge de la négociation, a dû annoncer la nouvelle depuis Glasgow, non sans charger la N-VA au passage: elle serait coupable de ne pas respecter les objectifs sur lesquels l'Europe s'est entendue et, qui plus est, elle reprendrait à son compte des acquis belges. "Les objectifs climatiques européens s'imposeront à la Belgique quoi qu'il arrive, peste Philippe Henry. Je regrette la position conservatrice de la Flandre, mais nous n'accepterons pas un accord au rabais! Je suppose que ce n'est pas non plus ce qu'attendent ceux qui pointent l'absence d'accord..." Mais le ver communautaire est dans le fruit.

Acte 2. La ministre flamande du Climat, Zuhal Demir (N-VA), refuse le permis de construire à la centrale au gaz planifiée par Engie à Vilvorde. C'est une tuile pour le plan de sortie du nucléaire: cette centrale représente la moitié de l'apport en gaz promis par le récent CRM pour permettre l'arrêt des centrales nucléaires en 2025. Si la porte n'est pas encore définitivement fermée, cela montre que ce CRM ne sera pas une promenade de santé dans le contexte belgo-belge, avec recours et autres retards à la clé, comme c'est par ailleurs le cas pour l'achéminement de l'électricité promise par l'éolien off-shore.

Marie-Christine Marghem (MR) ancienne ministre de l'Energie, pétrole sur LinkedIn: '"Et voilà! Comme je l'ai déjà maintes fois répété: le risque est que la Flandre, s'ils demandent la régionalisation totale de l'énergie, ait les éoliennes en mer du Nord et les centrales nucléaires alors que les francophones auront fermé leurs centrales nucléaires et auront des centrales à gaz: donc des factures et des émissions de CO2 élevées !!! alors qu'au nord du pays, le parc de production sera efficace, économique et pauvre en CO2! A l'heure où l'on cherche à éviter, dans l'intérêt de la planète, à diminuer drastiquement le CO2, le souhait de la ministre fédérale de l'énergie d'installer des centrales à gaz pour remplacer notre parc nucléaire va donc produire des problèmes de sécurité d'approvisionnement ET, outre les conséquences financières et en CO2, des problèmes communautaires graves."

Le MR dans son ensemble s'est entendu, lundi, pour réclamer que le gouvernement fédéral laisse la porte ouverte à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Un appel renforcé par l'annonce faite en ce sens, mardi soir, par le président français Emmanuel Macron. Les libéraux flamands penchent également de ce côté. Ce pourrait être une clé pour finaliser l'accord de sortie du nucléaire, fin novembre.

Avec le risque, toutefois, que le bras de fer communautaire sur le climat ne vire à l'aigre ou... à une victoire de la Flandre en rase campagne.

C'est le scénario d'un mauvais film, avec le climat en otage. La Belgique est représentée massivement à la COP 26 à Glasgow, une étape importante sur le chemin des objectifs climatiques. Mais à quelques jours du dénouement de la grand-messe, les désaccords minent notre pays. La faute à un bras de fer entre écologistes et nationalistes, avec les libéraux pour témoins.Deux obstacles majeurs ont soudain vu le jour.Acte 1. L'accord intra-belge au sujet de la répartition des objectifs climatiques de la Belgique n'a pas pu être conclu: la patate chaude a été renvoyée par les ministres du Climat au chefs de gouvernement, en Comité de concertation. Philippe Henry (Ecolo), le ministre wallon en charge de la négociation, a dû annoncer la nouvelle depuis Glasgow, non sans charger la N-VA au passage: elle serait coupable de ne pas respecter les objectifs sur lesquels l'Europe s'est entendue et, qui plus est, elle reprendrait à son compte des acquis belges. "Les objectifs climatiques européens s'imposeront à la Belgique quoi qu'il arrive, peste Philippe Henry. Je regrette la position conservatrice de la Flandre, mais nous n'accepterons pas un accord au rabais! Je suppose que ce n'est pas non plus ce qu'attendent ceux qui pointent l'absence d'accord..." Mais le ver communautaire est dans le fruit.Acte 2. La ministre flamande du Climat, Zuhal Demir (N-VA), refuse le permis de construire à la centrale au gaz planifiée par Engie à Vilvorde. C'est une tuile pour le plan de sortie du nucléaire: cette centrale représente la moitié de l'apport en gaz promis par le récent CRM pour permettre l'arrêt des centrales nucléaires en 2025. Si la porte n'est pas encore définitivement fermée, cela montre que ce CRM ne sera pas une promenade de santé dans le contexte belgo-belge, avec recours et autres retards à la clé, comme c'est par ailleurs le cas pour l'achéminement de l'électricité promise par l'éolien off-shore.Marie-Christine Marghem (MR) ancienne ministre de l'Energie, pétrole sur LinkedIn: '"Et voilà! Comme je l'ai déjà maintes fois répété: le risque est que la Flandre, s'ils demandent la régionalisation totale de l'énergie, ait les éoliennes en mer du Nord et les centrales nucléaires alors que les francophones auront fermé leurs centrales nucléaires et auront des centrales à gaz: donc des factures et des émissions de CO2 élevées !!! alors qu'au nord du pays, le parc de production sera efficace, économique et pauvre en CO2! A l'heure où l'on cherche à éviter, dans l'intérêt de la planète, à diminuer drastiquement le CO2, le souhait de la ministre fédérale de l'énergie d'installer des centrales à gaz pour remplacer notre parc nucléaire va donc produire des problèmes de sécurité d'approvisionnement ET, outre les conséquences financières et en CO2, des problèmes communautaires graves."Le MR dans son ensemble s'est entendu, lundi, pour réclamer que le gouvernement fédéral laisse la porte ouverte à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Un appel renforcé par l'annonce faite en ce sens, mardi soir, par le président français Emmanuel Macron. Les libéraux flamands penchent également de ce côté. Ce pourrait être une clé pour finaliser l'accord de sortie du nucléaire, fin novembre.Avec le risque, toutefois, que le bras de fer communautaire sur le climat ne vire à l'aigre ou... à une victoire de la Flandre en rase campagne.