Le 5 février, c'est dans 14 jours et si bombe il y a, elle a une longue mèche, mais ce n'est pas une raison pour essayer de la désamorcer. La bombe en question va même être activée par l'Europe. C'est une bombe que nous avons placée nous-mêmes et que nous avons décidé d'activer le 5 février prochain.

Je m'explique. L'Europe depuis l'invasion de l'Ukraine a décidé de punir la Russie avec des sanctions économiques. L'une d'elles est à double tranchant puisque l'Europe a décidé, il y a quelques semaines, d'interdire aux navires de décharger la moindre goutte de pétrole dans un port européen. Le 5 février, nous allons faire un pas supplémentaire : l'Union européenne va interdire aussi les importations de produits pétroliers raffinés russes. Quand on dit "raffinés", vous devez évidemment comprendre "diesel". Or, le souci, c'est que notre vieux continent importe 50% de son diesel de Russie. C'est le résultat, comme le confirment mes confrères de l'Express, à la fois d'un pur calcul économique (ce n'était pas intéressant de garder les activités de raffinerie en Europe occidentale, car les marges bénéficiaires étaient trop faibles) et d'un calcul écologique. Comme ce raffinage posait quelques soucis environnementaux, on a préféré déléguer ça aux Russes. Une fois de plus, on a exporté notre pollution à notre frontière pour gagner en pouvoir d'achat en interne.

Si l'embargo sur les produits raffinés, donc le diesel, se met en place le 5 février, ne risque-t-on pas une envolée des prix à la pompe ? A priori, non, car les opérateurs pétroliers sont au courant de cet embargo depuis juin dernier. Ils ont donc eu 8 mois pour s'adapter, ce qui vous l'avouerez avec moi, n'est pas énorme. En effet, vous ne remplacez pas un fournisseur important d'un claquement de doigts. Les opérateurs pétroliers du type Total et autres ont été toqué à la porte d'autres fournisseurs dans d'autres pays comme l'Arabie Saoudite, la Chine, mais aussi l'Inde et les Etats-Unis qui je le rappelle sont les grands gagnants de cette guerre en Europe. Les dirigeants chinois et indiens doivent d'ailleurs trouver la situation assez cocasse, car ils achètent déjà du pétrole brut russe au rabais, ils n'ont plus qu'à la transformer et le revendre au prix fort chez nous en Europe

Vous l'avez compris, grâce à cette diversification, nous n'aurons pas - en principe pas - de pénurie de diesel. En revanche, pour la hausse des prix, il n'est pas possible d'être aussi optimiste pour la simple raison que ramener du diesel d'Asie, des Etats-Unis ou d'Arabie saoudite implique une chaine d'approvisionnement plus longue en termes de distance et donc plus chère. Bref, les coûts de transport devront bien être répercutés à la pompe. Si c'est le cas, ce serait un gros coup de canif dans le pouvoir d'achat des ménages, et notamment les plus faibles dont la majorité roule au diesel.

D'où la peur exprimée par mes confrères de L'Express d'une éventuelle bombe sociale en gestation. L'histoire des gilets jaunes a démarré de la même manière. Mais comme le disait en sous-titre Paul Claudel dans son livre le "soulier de satin", le pire n'est pas toujours certain. Notamment parce que le marché des carburants reste encore imprévisible et qu'avec le ralentissement de l'économie mondiale, la demande globale risque plus que probablement de tirer les prix vers le bas. Comme quoi les mauvaises nouvelles peuvent se transformer en bonne nouvelle.

Le 5 février, c'est dans 14 jours et si bombe il y a, elle a une longue mèche, mais ce n'est pas une raison pour essayer de la désamorcer. La bombe en question va même être activée par l'Europe. C'est une bombe que nous avons placée nous-mêmes et que nous avons décidé d'activer le 5 février prochain. Je m'explique. L'Europe depuis l'invasion de l'Ukraine a décidé de punir la Russie avec des sanctions économiques. L'une d'elles est à double tranchant puisque l'Europe a décidé, il y a quelques semaines, d'interdire aux navires de décharger la moindre goutte de pétrole dans un port européen. Le 5 février, nous allons faire un pas supplémentaire : l'Union européenne va interdire aussi les importations de produits pétroliers raffinés russes. Quand on dit "raffinés", vous devez évidemment comprendre "diesel". Or, le souci, c'est que notre vieux continent importe 50% de son diesel de Russie. C'est le résultat, comme le confirment mes confrères de l'Express, à la fois d'un pur calcul économique (ce n'était pas intéressant de garder les activités de raffinerie en Europe occidentale, car les marges bénéficiaires étaient trop faibles) et d'un calcul écologique. Comme ce raffinage posait quelques soucis environnementaux, on a préféré déléguer ça aux Russes. Une fois de plus, on a exporté notre pollution à notre frontière pour gagner en pouvoir d'achat en interne.Si l'embargo sur les produits raffinés, donc le diesel, se met en place le 5 février, ne risque-t-on pas une envolée des prix à la pompe ? A priori, non, car les opérateurs pétroliers sont au courant de cet embargo depuis juin dernier. Ils ont donc eu 8 mois pour s'adapter, ce qui vous l'avouerez avec moi, n'est pas énorme. En effet, vous ne remplacez pas un fournisseur important d'un claquement de doigts. Les opérateurs pétroliers du type Total et autres ont été toqué à la porte d'autres fournisseurs dans d'autres pays comme l'Arabie Saoudite, la Chine, mais aussi l'Inde et les Etats-Unis qui je le rappelle sont les grands gagnants de cette guerre en Europe. Les dirigeants chinois et indiens doivent d'ailleurs trouver la situation assez cocasse, car ils achètent déjà du pétrole brut russe au rabais, ils n'ont plus qu'à la transformer et le revendre au prix fort chez nous en EuropeVous l'avez compris, grâce à cette diversification, nous n'aurons pas - en principe pas - de pénurie de diesel. En revanche, pour la hausse des prix, il n'est pas possible d'être aussi optimiste pour la simple raison que ramener du diesel d'Asie, des Etats-Unis ou d'Arabie saoudite implique une chaine d'approvisionnement plus longue en termes de distance et donc plus chère. Bref, les coûts de transport devront bien être répercutés à la pompe. Si c'est le cas, ce serait un gros coup de canif dans le pouvoir d'achat des ménages, et notamment les plus faibles dont la majorité roule au diesel.D'où la peur exprimée par mes confrères de L'Express d'une éventuelle bombe sociale en gestation. L'histoire des gilets jaunes a démarré de la même manière. Mais comme le disait en sous-titre Paul Claudel dans son livre le "soulier de satin", le pire n'est pas toujours certain. Notamment parce que le marché des carburants reste encore imprévisible et qu'avec le ralentissement de l'économie mondiale, la demande globale risque plus que probablement de tirer les prix vers le bas. Comme quoi les mauvaises nouvelles peuvent se transformer en bonne nouvelle.