Laurent de Briey est le pilote de l'opération de renouveau du CDH, baptisée "Il fera beau demain". Début 2022, le parti humaniste changera de nom et disposera d'une nouvelle base programmatique issue de nombreuses rencontres avec les citoyens. A la demande de Trends Tendances, en lien vers notre dossier "La Wallonie est-elle la nouvelle Grèce?", il évoque les trois décisions nécessaires pour contribuer au redressement de la Wallonie.

La Wallonie est-elle la nouvelle Grèce?

J'avais dit en son temps qu'en cas de scission du pays, la Wallonie serait la Grèce sans le soleil, en raison de la disparition de la solidarité nationale. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il y a évidemment une explosion de la dette préoccupante, mais la situation générale n'est pas comparable avec celle de la Grèce lors de la crise financière. Cela n'empêche qu'il est grand temps de se réveiller pour donner un nouvel élan.

Quelles seraient vos trois actions prioritaires?

Je sortirai de la pensée magique des solutions miracles. Croire que trois mesures isolées permettraient de sauver la Wallonie me semble une perception erronée. J'aborderais les choses différemment.

Il faut d'abord un moment de lucidité. La Wallonie a un déficit d'évaluation de ses politiques publiques. Je ne dis pas qu'il faut dépenser moins, mais je suis persuadé qu'il faut dépenser mieux. Pour y arrive, il convient de voir si les actions prises font le retour attendu. Le niveau d'endettement ne m'inquiéterait pas si on était sûr que ces investissements portent leurs fruits.

Cette évaluation doit être un processus permanent, pour lequel on pourrait se doter d'outils externes. L'administration a besoin d'être challengée également.

Quelle type d'actions doivent être menées prioritairement?

Il faut aller sur la lune! En d'autre termes, il faut se donner une ambition. Nous sommes dans une société qui souffre de ne pas avoir assez d'horizons. Surtout parce que, sur le plan social, les jeunes se sentent abandonnés. Même les jeunes les plus intégrés, avec un niveau socio-éducatif plus élevé, ont le sentiment de ne pas avoir un avenir pour eux.

Il faut parvenir à refaire société autour d'une ambition commune. Cela passe par le fait d'être à la pointe vers une société zéro carbone et sur l'enjeu climatique. Cela requiert une priorisation à tous niveaux: rénover les bâtiments et les isoler, développer des technologies novatrices dans le domaine, le tout en lien avec la formation professionnelle. Commençons par exemple avec les bâtiments scolaires afin que chacun voit les bénéfices de cette politique.

Pour y arriver, il faut lutter contre les pénuries d'emploi dans le bâtiment, non?

C'est mon troisième point. Complémentairement, il faut mener une politique en matière de création d'emplois. Cela implique des politiques de baisse des charges dans les secteurs prioritaires, qui peut être compensée par une augmentation de la fiscalité environnementale. Il faut leur proposer des formations adéquates et l'on peut aussi envisager une baisse des allocations de chômage pour ceux qui ne jouent pas le jeu.

On ne peut plus être dans une société de dépendance où les jeunes se sentent abandonnés. L'objectif doit être de construire un projet pour les 15-35 ans et les emmener sur la lune.

Laurent de Briey est le pilote de l'opération de renouveau du CDH, baptisée "Il fera beau demain". Début 2022, le parti humaniste changera de nom et disposera d'une nouvelle base programmatique issue de nombreuses rencontres avec les citoyens. A la demande de Trends Tendances, en lien vers notre dossier "La Wallonie est-elle la nouvelle Grèce?", il évoque les trois décisions nécessaires pour contribuer au redressement de la Wallonie.La Wallonie est-elle la nouvelle Grèce?J'avais dit en son temps qu'en cas de scission du pays, la Wallonie serait la Grèce sans le soleil, en raison de la disparition de la solidarité nationale. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il y a évidemment une explosion de la dette préoccupante, mais la situation générale n'est pas comparable avec celle de la Grèce lors de la crise financière. Cela n'empêche qu'il est grand temps de se réveiller pour donner un nouvel élan.Quelles seraient vos trois actions prioritaires?Je sortirai de la pensée magique des solutions miracles. Croire que trois mesures isolées permettraient de sauver la Wallonie me semble une perception erronée. J'aborderais les choses différemment.Il faut d'abord un moment de lucidité. La Wallonie a un déficit d'évaluation de ses politiques publiques. Je ne dis pas qu'il faut dépenser moins, mais je suis persuadé qu'il faut dépenser mieux. Pour y arrive, il convient de voir si les actions prises font le retour attendu. Le niveau d'endettement ne m'inquiéterait pas si on était sûr que ces investissements portent leurs fruits.Cette évaluation doit être un processus permanent, pour lequel on pourrait se doter d'outils externes. L'administration a besoin d'être challengée également.Quelle type d'actions doivent être menées prioritairement?Il faut aller sur la lune! En d'autre termes, il faut se donner une ambition. Nous sommes dans une société qui souffre de ne pas avoir assez d'horizons. Surtout parce que, sur le plan social, les jeunes se sentent abandonnés. Même les jeunes les plus intégrés, avec un niveau socio-éducatif plus élevé, ont le sentiment de ne pas avoir un avenir pour eux.Il faut parvenir à refaire société autour d'une ambition commune. Cela passe par le fait d'être à la pointe vers une société zéro carbone et sur l'enjeu climatique. Cela requiert une priorisation à tous niveaux: rénover les bâtiments et les isoler, développer des technologies novatrices dans le domaine, le tout en lien avec la formation professionnelle. Commençons par exemple avec les bâtiments scolaires afin que chacun voit les bénéfices de cette politique.Pour y arriver, il faut lutter contre les pénuries d'emploi dans le bâtiment, non?C'est mon troisième point. Complémentairement, il faut mener une politique en matière de création d'emplois. Cela implique des politiques de baisse des charges dans les secteurs prioritaires, qui peut être compensée par une augmentation de la fiscalité environnementale. Il faut leur proposer des formations adéquates et l'on peut aussi envisager une baisse des allocations de chômage pour ceux qui ne jouent pas le jeu.On ne peut plus être dans une société de dépendance où les jeunes se sentent abandonnés. L'objectif doit être de construire un projet pour les 15-35 ans et les emmener sur la lune.