Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus, est l'invité de notre émission hebdomadaire Trends Talk, qui sera diffusée en boucle ce week-end sur Canal Z. Inutile de dire que l'industriel, actif dans le domaine de l'énergie, a des sujets sur lesquels se prononcer alors que le secteur connaît une période des plus agitées : explosion des prix, guerre en Ukraine, transition énergétique... Le tout avec des choix stratégiques posés par la Belgique : prolongation de deux réacteurs, construction de deux centrales au gaz (dont une pour Luminus, à Seraing) et des investissements dans le renouvelable.

La subsidiation, dans le cadre du CRM, de la centrale de Seraing est une bonne nouvelle, concède-t-il. "Chez Luminus, nous avons investi près d'un milliard ces dix dernières années dans les énergies renouvelables et nous sommes devenus numéro un dans l'exploitation d'éolien on shore, souligne Grégoire Dallemagne. Nous exploitons également un certain nombre de centrales au gaz en Belgique. Et ce que nous avons observé en 2021, nous avons dû démarrer trois fois plus nos centrales au gaz en 2021 qu'en 2019 et deux fois plus qu'en 2020. Ce que l'on observe, c'est que lorsque le renouvelable se développe - et on peut s'en réjouir - le besoin de centrales au gaz augmente, en tout cas les besoins de flexibilité pour prendre le relais quand il y a moins de soleil ou de vent. Nos centrales au gaz arrivent en fin de vie. C'est donc une bonne nouvelle d'obtenir un contrat de rémunération de capacité pour en construire une nouvelle, qui aura un meilleur rendement."

Le gaz est toutefois décrié, pour l'instant, parce qu'il émet des émissions de CO2, mais aussi parce que l'Europe dépend du gaz russe. Des arguments qui plaident en sa défaveur ? "La neutralité carbone, c'est évidemment l'objectif, et j'espère que tout le monde veut l'atteindre le plus rapidement possible, répond Grégoire Dallemagne. C'est un enjeu de survie de l'espèce humaine. C'est la raison d'être de Luminus." Mais pour y arriver, argumente-t-il, il faut une électrification massive de la société, ainsi qu'une réduction drastique de la consommation directe des énergies fossiles pour les déplacements ou le chauffage. Les centrales au gaz contribuent à l'électrification produite à l'échelle industrielle et permettent la réduction de la consommation des énergies fossiles.

Les multiples remous auxquelles nous faisons face font exploser les prix. "Nous traversons une crise géopolitique horrible, qui n'a de précédent que la Seconde guerre mondiale, je le crains, regrette le CEO de Luminus. Nous vivons une crise énergétique terrible pour les consommateurs qui voient leur facture d'énergie augmenter et une crise climatique que nous devons adresser d'urgence. Quand on doit commencer à réfléchir aux solutions à ces trois crises, c'est un peu le même combat : la solution, c'est de réduire la consommation totale d'énergie fossile. Et pour cela : sobriété et électrification."

Les énergies renouvelables et le nucléaire sont les sources de production les plus vertueuses, dit le CEO de Luminus, mais on a aussi besoin du gaz. Un embargo européen sur le gaz russe est-il souhaitable ? "Nous devons saisir ces crises pour réduire drastiquement notre consommation, c'est ça la solution. Cela suppose des changements de comportements, des investissements massifs... Quand on regarde effectivement la dépendance de l'Europe aux combustibles fossiles, aujourd'hui, si on devait faire un embargo sur 40% de l'approvisionnement en gaz de l'Europe, cela supposerait, à brève échéance, d'arrêter des activités industrielles."

Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus, est l'invité de notre émission hebdomadaire Trends Talk, qui sera diffusée en boucle ce week-end sur Canal Z. Inutile de dire que l'industriel, actif dans le domaine de l'énergie, a des sujets sur lesquels se prononcer alors que le secteur connaît une période des plus agitées : explosion des prix, guerre en Ukraine, transition énergétique... Le tout avec des choix stratégiques posés par la Belgique : prolongation de deux réacteurs, construction de deux centrales au gaz (dont une pour Luminus, à Seraing) et des investissements dans le renouvelable.La subsidiation, dans le cadre du CRM, de la centrale de Seraing est une bonne nouvelle, concède-t-il. "Chez Luminus, nous avons investi près d'un milliard ces dix dernières années dans les énergies renouvelables et nous sommes devenus numéro un dans l'exploitation d'éolien on shore, souligne Grégoire Dallemagne. Nous exploitons également un certain nombre de centrales au gaz en Belgique. Et ce que nous avons observé en 2021, nous avons dû démarrer trois fois plus nos centrales au gaz en 2021 qu'en 2019 et deux fois plus qu'en 2020. Ce que l'on observe, c'est que lorsque le renouvelable se développe - et on peut s'en réjouir - le besoin de centrales au gaz augmente, en tout cas les besoins de flexibilité pour prendre le relais quand il y a moins de soleil ou de vent. Nos centrales au gaz arrivent en fin de vie. C'est donc une bonne nouvelle d'obtenir un contrat de rémunération de capacité pour en construire une nouvelle, qui aura un meilleur rendement."Le gaz est toutefois décrié, pour l'instant, parce qu'il émet des émissions de CO2, mais aussi parce que l'Europe dépend du gaz russe. Des arguments qui plaident en sa défaveur ? "La neutralité carbone, c'est évidemment l'objectif, et j'espère que tout le monde veut l'atteindre le plus rapidement possible, répond Grégoire Dallemagne. C'est un enjeu de survie de l'espèce humaine. C'est la raison d'être de Luminus." Mais pour y arriver, argumente-t-il, il faut une électrification massive de la société, ainsi qu'une réduction drastique de la consommation directe des énergies fossiles pour les déplacements ou le chauffage. Les centrales au gaz contribuent à l'électrification produite à l'échelle industrielle et permettent la réduction de la consommation des énergies fossiles.Les multiples remous auxquelles nous faisons face font exploser les prix. "Nous traversons une crise géopolitique horrible, qui n'a de précédent que la Seconde guerre mondiale, je le crains, regrette le CEO de Luminus. Nous vivons une crise énergétique terrible pour les consommateurs qui voient leur facture d'énergie augmenter et une crise climatique que nous devons adresser d'urgence. Quand on doit commencer à réfléchir aux solutions à ces trois crises, c'est un peu le même combat : la solution, c'est de réduire la consommation totale d'énergie fossile. Et pour cela : sobriété et électrification." Les énergies renouvelables et le nucléaire sont les sources de production les plus vertueuses, dit le CEO de Luminus, mais on a aussi besoin du gaz. Un embargo européen sur le gaz russe est-il souhaitable ? "Nous devons saisir ces crises pour réduire drastiquement notre consommation, c'est ça la solution. Cela suppose des changements de comportements, des investissements massifs... Quand on regarde effectivement la dépendance de l'Europe aux combustibles fossiles, aujourd'hui, si on devait faire un embargo sur 40% de l'approvisionnement en gaz de l'Europe, cela supposerait, à brève échéance, d'arrêter des activités industrielles."