Le nouveau ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo), est arrivé en fonction au bon moment. C'est-à-dire quand il y a de bonnes nouvelles à annoncer, comme l'ouverture d'une nouvelle gare à Anderlecht. Et surtout l'augmentation du nombre de trajets, qui colle avec sa politique. Un nouveau plan de transport de trois ans a en effet été lancé le 13 décembre, qui prévoit un accroissement progressif de l'offre en train- kilomètre(*) jusqu'à 4,7% d'ici 2023, soit un millier de convois de plus par semaine. Ce plan est d'application malgré la pandémie qui réduit la fréquentation de 50%.
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Le nouveau ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo), est arrivé en fonction au bon moment. C'est-à-dire quand il y a de bonnes nouvelles à annoncer, comme l'ouverture d'une nouvelle gare à Anderlecht. Et surtout l'augmentation du nombre de trajets, qui colle avec sa politique. Un nouveau plan de transport de trois ans a en effet été lancé le 13 décembre, qui prévoit un accroissement progressif de l'offre en train- kilomètre(*) jusqu'à 4,7% d'ici 2023, soit un millier de convois de plus par semaine. Ce plan est d'application malgré la pandémie qui réduit la fréquentation de 50%. Aujourd'hui, 400 trains supplémentaires par semaine ont déjà été ajoutés. Parmi les nouveautés, notons la prolongation, en semaine, des trains L Mons-Tournai jusqu'à Mouscron, des trains supplémentaires le soir de Bruxelles à Malines, ou entre Liège, Namur, Mons et Charleroi (dans les deux sens). L'offre de la SNCB croît à chaque nouveau plan de transport triennal. Le précédent, qui s'étalait sur les années 2017-2020, avait déjà réalisé une hausse de 5,5%. "Dans quelques années, malgré l'augmentation du télétravail, nous atteindrons à nouveau le nombre record de voyageurs de 2019, estime Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB. Et à l'horizon 2030, nous prévoyons une croissance de plus de 15%." Cette progression est alimentée par une hausse de la productivité et l'arrivée de nouveaux équipements, comme les voitures M7. Le gouvernement De Croo a par ailleurs accepté de couvrir les pertes de recettes liées à la pandémie (264 millions d'euros) et se montre plus disposé que le précédent exécutif fédéral à augmenter les moyens du rail. La hausse de l'offre colle avec celle de la demande. De 2014 à 2019, le nombre de voyageurs est passé de 225 millions à 253 millions (+12,6%). Sous l'impulsion de Jo Cornu, le prédécesseur de Sophie Dutordoir, la SNCB a renoncé depuis 2014 à ses grands changements d'horaires, qui intervenaient tous les 10 ans environ. Elle adopte désormais une approche plus soft, avec des modifications plus mineures mais tous les trois ans, complétées d'un roadshow pour recueillir les avis des pouvoirs locaux et des associations de navetteurs. "La SNCB préfère désormais une amélioration continue à de grands chambardements, constate Henry-Jean Gathon, professeur d'économie des transports à l'ULiège. L'approche antérieure privilégiait les remaniements de fond en comble, plus espacés, partant d'une feuille blanche. Mais la mise en oeuvre de cette approche est très lourde et présente des risques de couacs qui prennent des semaines à être réparés. Plus personne n'accepte des perturbations plusieurs jours d'affilée."