Les images des Afghans tentant désespérément de s'accrocher aux avions de l'US Air Force pour fuir la prise de Kaboul par les talibans resteront à jamais gravées dans la mémoire des peuples. Et aussi, sans doute, dans celle de Joe Biden. Pour tout le monde, il est clair que les Etats-Unis ont abandonné ceux des Afghans qui espéraient un peu de liberté. Certes, le régime corrompu soutenu auparavant par Washington était loin de faire l'unanimité, mais l'on connaît l'extrémisme islamiste des talibans, intolérants devant la moindre infraction aux règles les plus extrêmes de l'islam interprétées à leur manière, et systématiquement violents à l'égard de leurs adversaires.
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Les images des Afghans tentant désespérément de s'accrocher aux avions de l'US Air Force pour fuir la prise de Kaboul par les talibans resteront à jamais gravées dans la mémoire des peuples. Et aussi, sans doute, dans celle de Joe Biden. Pour tout le monde, il est clair que les Etats-Unis ont abandonné ceux des Afghans qui espéraient un peu de liberté. Certes, le régime corrompu soutenu auparavant par Washington était loin de faire l'unanimité, mais l'on connaît l'extrémisme islamiste des talibans, intolérants devant la moindre infraction aux règles les plus extrêmes de l'islam interprétées à leur manière, et systématiquement violents à l'égard de leurs adversaires. C'est un nouvel abandon, aussi, par les Etats-Unis, de leurs alliés. Comparable en tous points à la débâcle de Saigon lorsque le retrait américain a laissé le champ libre aux communistes nord- vietnamiens. Et à la manière dont Barack Obama a lâché les opposants syriens d'Assad. Quel désaveu pour Joe Biden, qui déclarait il y a quelques semaines encore, que la défaite en Afghanistan n'était pas inexorable! Le président américain bénéficiait jusqu'à présent d'une certaine aura, qui n'était pas due à ses mérites propres, mais au seul fait qu'il succédait à Donald Trump, l'objet de toutes les critiques, souvent justifiées, même souvent dans son propre camp. Mais aujourd'hui, il est clair que c'est bien sous Joe Biden que les Etats-Unis ont subi une humiliante défaite, même si l'actuel président n'a fait que poursuivre, avec beaucoup de faiblesse, la politique afghane de son prédécesseur. Les Américains n'oublieront pas que leur président a laissé tomber des combattants d'une relative liberté. Sans doute plus grave, on va ancrer dans l'esprit de populations du monde entier que le soutien des Etats-Unis est sans valeur parce qu'il peut être retiré à tout moment et sans raison. Beaucoup de peuples risquent de trouver que, tout compte fait, faire appel à la puissance russe (pourtant jadis bien inefficace en Afghanistan aussi) ou chinoise, ce serait plus sûr. C'est sans doute une erreur, mais les images de Kaboul laissée à son triste sort seront plus fortes que tous les raisonnements. Inutile bien sûr de parler de l'Europe, dont les minimes gesticulations ont été, une fois de plus, ignorées par tout le monde. Tout cela n'est en définitive pas tellement surprenant de la part d'une administration américaine qui n'a pas fait grand-chose pour se distinguer de ceux de ses partisans qui prônent la cancel culture, rejettent notre civilisation et la mettent au même niveau que les pires régimes du tiers-monde. Il est bien difficile de se présenter en défenseurs de la liberté lorsqu'on renonce soi-même à affirmer que nos valeurs - la tolérance, la liberté religieuse, l'égalité homme-femme et le respect des libertés individuelles - sont supérieures à celles des pires régimes, en ce compris celui des talibans. Pour espérer être crédible, il faut commencer par croire en quelque chose et défendre nos valeurs partout, pour faire comprendre que tout individu, quel que soit le pays où il se trouve et quelles que soient les décisions de ses autorités, a des droits fondamentaux à défendre et qui doivent être respectés. Au lieu de cela, les Etats occidentaux ne cessent de relativiser les droits des individus sous prétexte que chaque Etat pourrait les apprécier à sa guise. Cela, c'est abandonner des centaines de millions d'hommes à leurs tyrans, avec lesquels on s'empressera ensuite de coopérer dans le cadre d'organismes multilatéraux. Un jour, les talibans siégeront sans doute dans une commission de l'Onu sur les droits de l'homme ou ceux des femmes comme l'Arabie saoudite et l'Iran ... Triste époque.