Répondre que "Le but de la transition énergétique est de réussir le passage d'une énergie chère et carbonée à une énergie abordable et décarbonée" à la question "Fermer les centrales (nucléaires), est-ce une question idéologique en tant qu'écologiste ?" est pour le moins étonnant.

En effet, ce que propose Tinne Van der Straeten est d'arrêter une production nucléaire d'électricité à prix abordable et décarbonée pour la remplacer par des énergies éolienne et photovoltaïque dont le coût global (direct et indirect) est très élevé et qui, en outre, n'assurent pas la sécurité d'approvisionnement électrique vu leur fonctionnement intermittent et l'absence de stockage adéquat. Sa réponse est particulièrement inappropriée alors que les entreprises et les ménages ont besoin d'une fourniture d'électricité continue et bon marché, les uns pour contribuer à la relance économique indispensable et les autres, pour compenser quelque peu la perte de pouvoir d'achat provoquée par la pandémie.

L'évaluation de la situation en novembre 2021 pour vérifier que la transition électrique peut être réalisée sans nucléaire, est une démarche particulièrement retorse. En effet, la Ministre sait, ou du moins devrait savoir, qu'à cette date il serait trop tard pour lancer les opérations de mise en conformité nécessaires à l'obtention des permis requis, en vue d'une fin des travaux en 2025, vu l'étendue de ces derniers et la longueur des procédures.

Il est vrai que la procrastination est une constance en politique. Les récents évènements nous ont appris ce que coûtent les reports de décisions.

Dès lors, la seule option pour assurer, en cas de fermeture des centrales nucléaires, l'équilibre du système électrique et répondre à la demande des consommateurs industriels et résidentiels, est de construire de nouvelles centrales à gaz pour compenser la perte de fourniture d'électricité de base et l'intermittence des fournitures éoliennes et photovoltaïques en croissance.

En cas d'arrêt de toutes les unités nucléaires, 7 à 8 centrales à gaz devraient être construites. Si seulement deux unités étaient prolongées (Doel 4 et Tihange 3), soit 2000 MW, ce nombre serait réduit à 3. Bien entendu, cette production thermique d'électricité émet des gaz à effet de serre (GES). Quelle est donc la logique de remplacer une énergie décarbonée (nucléaire) par une autre émettrice de GES, sinon idéologique.

Rappelons que les investissements dans ces nouvelles centrales à gaz ne seront consentis que moyennant un mécanisme de rémunération de capacité (MRC) servant à compenser le risque réel de tels projets. Or cette intervention financière publique doit être approuvée par la Commission Européenne qui tient à vérifier qu'il ne s'agit pas d'une subvention injustifiée. Il semblerait que la Commissaire en charge "ne veut pas précipiter les choses" ! Un risque supplémentaire ?

Et, bien entendu, le coût du MRC serait reporté sur la facture d'électricité des consommateurs

L'importation de grandes quantités d'électricité de pays voisins est suggérée par certains politiques, en cas de fermeture totale de l'électronucléaire, pour éviter le recours massif au gaz. Outre le fait qu'il s'agirait le plus souvent d'électricité nucléaire (France) ou thermique (Allemagne et autres pays européens), cette solution est illusoire. Les pays concernés auraient beaucoup de mal à nous aider. Ils sont également en train de réduire leur capacité électrique nucléaire (France) ou de l'annuler complètement (Allemagne) et thermique (France, Allemagne, Pays-Bas etc). En outre, le déploiement de leur production renouvelable connaît quelques déboires.

Y-a-t-il une logique dans cet imbroglio autre qu'idéologique : le rejet de l'électronucléaire ?

Jean-Pierre Schaeken Willemaers, Institut Thomas More

Président Energie, climat, Environnement

Répondre que "Le but de la transition énergétique est de réussir le passage d'une énergie chère et carbonée à une énergie abordable et décarbonée" à la question "Fermer les centrales (nucléaires), est-ce une question idéologique en tant qu'écologiste ?" est pour le moins étonnant.En effet, ce que propose Tinne Van der Straeten est d'arrêter une production nucléaire d'électricité à prix abordable et décarbonée pour la remplacer par des énergies éolienne et photovoltaïque dont le coût global (direct et indirect) est très élevé et qui, en outre, n'assurent pas la sécurité d'approvisionnement électrique vu leur fonctionnement intermittent et l'absence de stockage adéquat. Sa réponse est particulièrement inappropriée alors que les entreprises et les ménages ont besoin d'une fourniture d'électricité continue et bon marché, les uns pour contribuer à la relance économique indispensable et les autres, pour compenser quelque peu la perte de pouvoir d'achat provoquée par la pandémie. L'évaluation de la situation en novembre 2021 pour vérifier que la transition électrique peut être réalisée sans nucléaire, est une démarche particulièrement retorse. En effet, la Ministre sait, ou du moins devrait savoir, qu'à cette date il serait trop tard pour lancer les opérations de mise en conformité nécessaires à l'obtention des permis requis, en vue d'une fin des travaux en 2025, vu l'étendue de ces derniers et la longueur des procédures.Il est vrai que la procrastination est une constance en politique. Les récents évènements nous ont appris ce que coûtent les reports de décisions.Dès lors, la seule option pour assurer, en cas de fermeture des centrales nucléaires, l'équilibre du système électrique et répondre à la demande des consommateurs industriels et résidentiels, est de construire de nouvelles centrales à gaz pour compenser la perte de fourniture d'électricité de base et l'intermittence des fournitures éoliennes et photovoltaïques en croissance. En cas d'arrêt de toutes les unités nucléaires, 7 à 8 centrales à gaz devraient être construites. Si seulement deux unités étaient prolongées (Doel 4 et Tihange 3), soit 2000 MW, ce nombre serait réduit à 3. Bien entendu, cette production thermique d'électricité émet des gaz à effet de serre (GES). Quelle est donc la logique de remplacer une énergie décarbonée (nucléaire) par une autre émettrice de GES, sinon idéologique. Rappelons que les investissements dans ces nouvelles centrales à gaz ne seront consentis que moyennant un mécanisme de rémunération de capacité (MRC) servant à compenser le risque réel de tels projets. Or cette intervention financière publique doit être approuvée par la Commission Européenne qui tient à vérifier qu'il ne s'agit pas d'une subvention injustifiée. Il semblerait que la Commissaire en charge "ne veut pas précipiter les choses" ! Un risque supplémentaire ?Et, bien entendu, le coût du MRC serait reporté sur la facture d'électricité des consommateursL'importation de grandes quantités d'électricité de pays voisins est suggérée par certains politiques, en cas de fermeture totale de l'électronucléaire, pour éviter le recours massif au gaz. Outre le fait qu'il s'agirait le plus souvent d'électricité nucléaire (France) ou thermique (Allemagne et autres pays européens), cette solution est illusoire. Les pays concernés auraient beaucoup de mal à nous aider. Ils sont également en train de réduire leur capacité électrique nucléaire (France) ou de l'annuler complètement (Allemagne) et thermique (France, Allemagne, Pays-Bas etc). En outre, le déploiement de leur production renouvelable connaît quelques déboires.Y-a-t-il une logique dans cet imbroglio autre qu'idéologique : le rejet de l'électronucléaire ? Jean-Pierre Schaeken Willemaers, Institut Thomas More Président Energie, climat, Environnement