Le courtier d'assurance et conseilleur en risque Marsh a publié une nouvelle carte interactive des risques politiques et économiques pour 197 pays. Il ressort de cette mise à jour semestrielle que pour tous les pays examinés, les scores de risque ont augmenté de pas moins de 30 %. En 2019, ce n'était le cas que pour 60 pays.
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Le courtier d'assurance et conseilleur en risque Marsh a publié une nouvelle carte interactive des risques politiques et économiques pour 197 pays. Il ressort de cette mise à jour semestrielle que pour tous les pays examinés, les scores de risque ont augmenté de pas moins de 30 %. En 2019, ce n'était le cas que pour 60 pays. Pour Marsh, il est indéniable que la crise du COVID-19 a compliqué un paysage de risques politiques et économiques déjà instable. Les points sensibles géopolitiques mis en évidence en mars 2020 n'ont certainement pas disparu. L'augmentation des scores de risque semble même être beaucoup plus élevée que l'année dernière. Entre janvier et juillet 2019, 97 % des notes de risque économique qui ont augmenté l'ont fait de 0,1 à 0,4, contre seulement 7 % en 2020. En 2020, 40 % des notations ont augmenté de 1 à 1,4. Aucune note n'a augmenté de cette ampleur en janvier-juillet 2019."Les conséquences économiques et sociales de la pandémie ont entraîné des changements importants dans le paysage mondial du risque politique et une accélération des mégatendances géopolitiques, du protectionnisme commercial et de l'évolution vers un ordre mondial multipolaire", avertit le courtier en assurances.La note du risque économique augmente aussi pour la Belgique, elle passe de 3.1 à 4.3 (sur une échelle de 10) sur la carte interactive qui reprend neuf types de dangers liés à la sécurité, au commerce et aux investissements (voir ci-dessous). "Alors que les données économiques de l'Europe tendent prudemment vers la reprise, les craintes d'une seconde vague d'infections pourraient saper cette dynamique. Il est donc encourageant que les dirigeants européens aient mis en place un cadre financier pluriannuel (CFP) de 1 824,3 milliards d'euros en juillet, combiné à l'extraordinaire effort de relance Prochaine Génération Union Européenne. Ce paquet aidera l'UE à se reconstruire après la pandémie de COVID-19 et soutiendra l'investissement dans la transition verte et numérique", commente Henri Steyaert, CEO de Marsh Belux.L'index du risque pour la Belgique:La Chine et l'Inde, deux des 15 principaux partenaires commerciaux de la Belgique, sont en effet particulièrement touchés par la crise du Covid-19. "Deux des 15 principaux partenaires commerciaux de la Belgique sont au bord de la guerre : d'ailleurs, la frontière de 3500 km de long entre la Chine et l'Inde dans l'Himalaya ne semble jamais avoir été définie avec précision", note Henri Steyaert. La pandémie a considérablement affaibli les performances économiques de la Chine au premier trimestre 2020. Le verrouillage national a eu un impact significatif sur les secteurs secondaire et tertiaire. En conséquence, la classification des risques de la Chine a augmenté de 0,6 % entre janvier et juillet 2020, passant de 3,6 à 4,2.Malgré la mise en place d'un verrouillage national en mars 2020, l'Inde est pour sa part l'un des pays les plus touchés par la crise. Même après l'assouplissement des mesures, l'économie indienne est confrontée à une grave contraction au cours des 12 prochains mois, en particulier dans le secteur des services en raison de l'effondrement de la demande intérieure et internationale. Le PIB du pays devrait se contracter de 4,5 % en 2020-2021. L'impact économique sera encore plus important si la pandémie ne peut être maîtrisée au cours du second semestre 2020.Tous les continents sont touchés. Plus de la moitié des pays d'Amérique ont vu leur note de risque économique augmenter de plus de 1 entre janvier et juillet 2020. Les mesures d'endiguement de la pandémie ont gelé l'activité économique dans de nombreux États, tandis que certains ont dû faire face à l'effondrement des revenus du tourisme ou à la faiblesse des prix des matières premières au niveau mondial.Près des deux tiers (64 %) des pays de la région Asie-Pacifique ont aussi connu une augmentation de plus de 1 de la note de risque économique de leur pays entre janvier et juillet 2020. Au cours de la même période en 2019, aucun pays n'a affiché une hausse de cette ampleur. De nombreux gouvernements du Moyen-Orient et d'Afrique sont aussi confrontés à une dette et à des pressions fiscales particulièrement aiguës. Près de la moitié (47 %) de ces pays ont vu leur note de risque économique augmenter de plus de 1 entre janvier et juillet 2020.Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l'économie mondiale se contractera de 4,9 % en 2020. Une reprise économique rapide est difficile à prévoir en raison de l'incertitude quant à la capacité des gouvernements à contrôler le Covid-19 sans vaccin. "La reprise sera sans aucun doute inégale selon les pays et les secteurs. Les pays qui sont entrés dans la crise avec des fondamentaux faibles seront confrontés à des cicatrices économiques plus profondes, tandis que ceux qui ont été capables de fournir des incitations fiscales et de gérer le virus seront les mieux placés pour la reprise ", commente Marsh. Les tensions commerciales risquent également de s'accroître, car les forces motrices du protectionnisme commercial accru ont persisté et pourraient être exacerbées par une détérioration des relations, comme ce fut le cas entre les États-Unis et la Chine pendant la pandémie.Les finances publiques tendues peuvent de cette façon inciter certains gouvernements à chercher d'autres sources de revenus, ce qui entraîne des changements législatifs, voire des nationalisations, peut-on lire dans le rapport du courtier d'assurances. Marsh émet aussi est l'avis que la pandémie entraînera une augmentation des risques de crédit pour certains pays. "De nombreux pays, à une époque où les recettes publiques sont réduites, ont investi massivement dans des plans de relance budgétaire pour soutenir le secteur privé, créé un fonds pour les dépenses de santé supplémentaires et investi dans une relance post-COVID", peut-on encore lire dans son rapport semestriel.