Il n'y a rien de plus beau que de donner naissance à un enfant. Et si parler de perte d'argent à propos des enfants, ce n'est pas un sujet joyeux, c'est hélas aussi la réalité... Je n'ai pas les chiffres pour la Belgique, faute d'étude sur le sujet, mais en revanche, l'institut français des statistiques vient de dévoiler une étude extrêmement intéressante selon laquelle l'arrivée d'un enfant pénalise les femmes salariées.

Cette étude a été réalisée sur dix ans (soit de 2005 à 2015) et elle démontre que 5 ans après l'arrivée d'un enfant, les mères perdent environ 25% de leurs revenus salariaux, par rapport à ce qui se serait produit sans cette naissance. Ces pertes sont parfois plus importantes à l'occasion du deuxième ou du troisième enfant.

Bien entendu, les raisons pour laquelle les revenus baissent aussi fortement, sont des réductions temporaires d'activité, comme par exemple le passage au temps partiel, décidées à la naissance des enfants. Bien entendu, ce qui joue aussi dans ce niveau de perte du revenu des mamans dépend aussi de la rémunération qu'avaient ces mamans avant l'arrivée de leurs enfants. Par exemple, les 5% de femmes les mieux payées n'enregistrent qu'une baisse de 5% de leur revenu en moyenne, alors que les 5% de femmes les moins bien payées, elles, enregistrent une perte de revenu de 38% en moyenne ! Pire encore, à l'arrivée d'un deuxième puis d'un troisième enfant, la perte de revenu de ces femmes les moins bien payées peut monter jusqu'à 57% pour le 3ème enfant !

Là encore, l'étude confirme le bon sens, à savoir, que les mamans avec les salaires les plus faibles sont les plus incitées à réduire leur activité. En clair, les ménages concernés font des arbitrages en fonction du coût de garde des enfants dans leur budget. Et, comme cette étude française le démontre bien, ces arbitrages se font hélas au détriment de la carrière professionnelle des femmes, et ce pour la simple raison que cette étude montre qu'aucun écart de revenu n'est observé chez les papas à la naissance du premier enfant...

Ce qui est révélateur, c'est qu'on constate que les papas, les mieux rémunérés, augmentent en réalité leur activité exactement comme des hommes n'ayant pas d'enfant... Ce qui veut dire que les pères les mieux rémunérés creusent l'écart à l'égard de leurs homologues féminines.

L'étude est intéressante et va sans doute susciter pas mal de débats. D'autant que la sociologue Dominique Méda soutient que ce n'est pas la maternité mais plutôt la division traditionnelle et les stéréotypes des rôles au sein d'un ménage avec enfants qui engendrent une série de conséquences parmi lesquelles ces fameuses inégalités salariales. En clair, la maternité n'est pas une excuse pour justifier cet écart salarial.