A part si vous comptiez vous rendre à Londres pour faire du shopping, la chute de la livre sterling ne fait rire personne en ce moment... La devise britannique est tombée à son plus bas niveau depuis octobre 2016, et comme vous le savez, une monnaie n'est que le reflet de la situation économique d'un pays.

Or, une sortie de l'Europe sans accord, ce qu'on appelle un Brexit dur, serait terriblement néfaste pour l'économie britannique. Et comme le premier ministre ne cesse de répéter que son pays quittera l'Union européenne le 31 octobre prochain qu'il y ait accord ou pas, les investisseurs tremblent et la livre sterling leur brûle les doigts... Car selon les marchés financiers, la probabilité d'une sortie sans accord est aujourd'hui de 60 à 65%... Les plus optimistes se disent que Boris Johnson bluffe et qu'au dernier moment il trouvera un accord juste avant la date fatidique du 31 octobre, mais franchement, personne n'est sûr de rien avec ce genre de personnage.

C'est d'ailleurs une particularité qu'il partage avec Donald Trump, en-dehors de leur crinière blonde, ils sont insaisissables et la Bourse, c'est connu, déteste l'incertitude ! Aujourd'hui, la plupart des Bourses en Europe sont minées à la fois par la peur du Brexit et par les conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Tandis qu'en Grande-Bretagne, le compte à rebours pour un Brexit dur stresse les marchés financiers, en Belgique, c'est le parti Ecolo qui inquiète les patrons des grands fleurons de l'économie wallonne.

En Belgique, le moral des patrons, surtout ceux qui dirigent les plus grandes sociétés wallonnes, n'est pas non plus au beau fixe. Cela fait maintenant des années que je commente l'actualité économique et je n'ai jamais vu autant de patrons s'inquiéter de la possible arrivée du parti Ecolo au gouvernement wallon ! A Liège, en particulier, l'inquiétude est plus que palpable, et même s'ils ne le disent pas ouvertement, les syndicats ont également très peur pour l'emploi. La raison ? Que cela soit le circuit de Spa Francorchamps, que cela soit l'aéroport de Liège ou de Charleroi, que cela soit à la FN ou chez John Cockerill, tous leurs dirigeants tremblent à l'arrivée possible d'Ecolo au pouvoir.

D'ailleurs Olivier de Wasseige, le patron de l'UWE, s'est fait le porte-parole de ces inquiétudes auprès de notre confrère L'Echo. Même la FGTB, qui est en faveur d'une coalition de gauche, se pose la question de savoir si les revendications d'Ecolo à l'égard de ces entreprises (qui sont toutes des fleurons de l'économie wallonne) ne risquent pas de se traduire par une immense destruction ou une délocalisation d'emplois, même si elle est étalée sur le temps ?

C'est un secret de polichinelle, le PS qui mène les négociations est conscient de cet enjeu mais il a peur car il n'a pas trop envie d'être seul au gouvernement avec le MR, car gouverner avec le parti libéral, c'est la certitude d'être canardé pendant 5 ans par le PTB et Ecolo qui s'en donneront à coeur joie. Et y aller en trio c'est-à-dire MR-PS-Ecolo, c'est vouloir associer le feu et l'eau... C'est aussi s'assurer que le gouvernement sera paralysé pendant 5 ans alors que la Flandre réclame une 7ème réforme de l'Etat. Si j'osais un parallèle audacieux, nous pourrions considérer que notre mini-Brexit en Belgique serait la 7ème réforme de l'Etat, mais la question est de savoir si on veut s'y préparer, comment et avec qui ?