En revanche, j'ai une bonne mémoire. Notamment de tous ces articles de presse, de toutes ces tribunes d'experts qui nous prédisaient un nouveau monde, le fameux monde d'après covid. Un monde supposé être plus coopératif et plus bienveillant, comme le rappellent mes confrères du quotidien Le Figaro. La guerre en Ukraine démontre que ce fantasme du monde d'après n'est qu'une chimère. En tout cas pour l'instant.

Prenons le cas de l'énergie : l'Europe et les Etats-Unis devaient se diriger vers une économie plus verte, plus propre. Or, que demande-t-on aux producteurs de pétrole américains ? De pomper encore plus, et sans arrêt svp ! C'est ce qu'a demandé, la semaine dernière, la ministre de l'énergie américaine aux industriels du pétrole et de gaz américains. Je rappelle aux distraits que Joe Biden a été élu sur un programme de lutte contre le réchauffement climatique. En Europe, ce n'est guère mieux, puisqu'on s'affaire à devenir indépendant du gaz russe le plus rapidement possible en substituant des énergies fossiles russes par des énergies fossiles d'Algérie ou d'autres pays par exemple.

Pire encore, si le Venezuela et l'Iran étaient au banc des pays punis, ils sont redevenus fréquentables depuis quelques jours. On leur demande même de venir suppléer le gaz et le pétrole russes au plus vite. Et ce revirement s'est fait en quelques semaines. Au rythme où les choses vont, nous allons finir par considérer que l'Iran est notre allié, les spécialistes de la géopolitique appellent cela la "real politik".

Mais c'est aussi le cas des banques, elles viennent de retourner aussi leur veste de manière spectaculaire. Avant la guerre en Ukraine, les banques s'interdisaient de financer l'industrie de l'armement. Cette industrie était même privée des financements européens. Et hop, il a suffi d'une invasion aux portes de l'Europe occidentale pour que tout change, pour qu'on redécouvre que la morale, c'est bien, mais que la sécurité physique, c'est sans doute mieux encore. D'ailleurs, observez-le, le regard sur l'industrie nucléaire a également changé en moins d'un mois de guerre. Si j'étais cynique, ce qui n'est pas le style de la maison, je dirai que cette horrible guerre a été un plan marketing gratuit pour ces secteurs industriels qui étaient décriés il y a 4 semaines encore.

En fait, tout ce constat mène à une seule conclusion : la guerre redéfinit nos priorités. Mais attention : si l'invasion en Ukraine nous a réveillés, nous a montré que notre sécurité énergétique, notre sécurité économique, notre sécurité militaire sont des priorités, la question climatique reste toujours d'actualité. Autrement dit, notre sécurité doit être au centre de notre politique mais elle ne doit pas se substituer à la place de la question climatique. En clair, l'ordre des priorités peut être changé, mais il ne doit pas être renversé, sinon notre bilan climatique ne sera plus un bilan, mais un casier judiciaire !

En revanche, j'ai une bonne mémoire. Notamment de tous ces articles de presse, de toutes ces tribunes d'experts qui nous prédisaient un nouveau monde, le fameux monde d'après covid. Un monde supposé être plus coopératif et plus bienveillant, comme le rappellent mes confrères du quotidien Le Figaro. La guerre en Ukraine démontre que ce fantasme du monde d'après n'est qu'une chimère. En tout cas pour l'instant. Prenons le cas de l'énergie : l'Europe et les Etats-Unis devaient se diriger vers une économie plus verte, plus propre. Or, que demande-t-on aux producteurs de pétrole américains ? De pomper encore plus, et sans arrêt svp ! C'est ce qu'a demandé, la semaine dernière, la ministre de l'énergie américaine aux industriels du pétrole et de gaz américains. Je rappelle aux distraits que Joe Biden a été élu sur un programme de lutte contre le réchauffement climatique. En Europe, ce n'est guère mieux, puisqu'on s'affaire à devenir indépendant du gaz russe le plus rapidement possible en substituant des énergies fossiles russes par des énergies fossiles d'Algérie ou d'autres pays par exemple. Pire encore, si le Venezuela et l'Iran étaient au banc des pays punis, ils sont redevenus fréquentables depuis quelques jours. On leur demande même de venir suppléer le gaz et le pétrole russes au plus vite. Et ce revirement s'est fait en quelques semaines. Au rythme où les choses vont, nous allons finir par considérer que l'Iran est notre allié, les spécialistes de la géopolitique appellent cela la "real politik". Mais c'est aussi le cas des banques, elles viennent de retourner aussi leur veste de manière spectaculaire. Avant la guerre en Ukraine, les banques s'interdisaient de financer l'industrie de l'armement. Cette industrie était même privée des financements européens. Et hop, il a suffi d'une invasion aux portes de l'Europe occidentale pour que tout change, pour qu'on redécouvre que la morale, c'est bien, mais que la sécurité physique, c'est sans doute mieux encore. D'ailleurs, observez-le, le regard sur l'industrie nucléaire a également changé en moins d'un mois de guerre. Si j'étais cynique, ce qui n'est pas le style de la maison, je dirai que cette horrible guerre a été un plan marketing gratuit pour ces secteurs industriels qui étaient décriés il y a 4 semaines encore. En fait, tout ce constat mène à une seule conclusion : la guerre redéfinit nos priorités. Mais attention : si l'invasion en Ukraine nous a réveillés, nous a montré que notre sécurité énergétique, notre sécurité économique, notre sécurité militaire sont des priorités, la question climatique reste toujours d'actualité. Autrement dit, notre sécurité doit être au centre de notre politique mais elle ne doit pas se substituer à la place de la question climatique. En clair, l'ordre des priorités peut être changé, mais il ne doit pas être renversé, sinon notre bilan climatique ne sera plus un bilan, mais un casier judiciaire !