Le FMI, qui a publié ses prévisions actualisées à l'occasion de ses réunions de printemps, table désormais sur une croissance mondiale de 3,6% cette année contre 4,4% en janvier. "Le conflit et les sanctions affectent directement l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie", expliquent les économistes de l'institution de Washington. "Mais les retombées internationales se propagent bien au-delà, notamment en Europe, via les prix des produits de base, les liens commerciaux et financiers, l'approvisionnement (en produits alimentaires et énergétiques, ndlr) et l'impact humanitaire". Car l'Ukraine et la Russie sont d'importants producteurs de céréales pour de nombreux pays, et la Russie est également une source d'énergie clé pour l'Europe.

Le FMI a donc révisé en baisse les prévisions économiques d'une écrasante majorité de pays.

Ainsi, la croissance du PIB des Etats-Unis a été ramenée à 3,7% (-0,3 point). Cette nouvelle projection prend en compte "le retrait plus rapide que prévu du soutien monétaire pour contenir l'inflation ainsi que l'impact d'une croissance plus faible de leurs partenaires commerciaux (...) résultant de la guerre" en Ukraine, a détaillé le FMI.

L'économie chinoise pâtit, elle, de la politique de tolérance zéro à l'égard de la pandémie qui a conduit à de nombreux confinements dont celui de la capitale économique, Shanghai. La croissance devrait ainsi tomber à 4,4% (-0,4 point) après 8,1% l'an passé.

- Inflation mondiale -

Globalement, la guerre en Ukraine a un impact d'autant plus fort qu'elle s'est produite alors que l'économie n'était pas totalement rétablie de la pandémie. Le conflit exacerbe aussi la montée vertigineuse des prix. Le FMI table sur une inflation de 5,7% cette année pour les pays avancés (+1,8 point) et de 8,7% (+2,8 points) pour les économies émergentes et en développement. Le pic devrait être atteint cette année, avance-t-il. Mais même en 2023, l'inflation devrait être encore supérieure aux objectifs des banques centrales des pays avancés et restée très élevée dans les pays émergents et en développement (6,5%).

Le FMI, qui a aussi dégradé la perspective de croissance mondiale pour 2023 (+3,6%, -0,2 point), alerte sur la multitude de nuages à l'horizon. "Dans l'ensemble, les risques sont (...) comparables à la situation du début de pandémie", estime-t-il.

Les risques d'enlisement

Le premier risque est l'enlisement de la guerre, l'aggravation de la crise humanitaire et des sanctions. La hausse des prix est en outre susceptible de provoquer des protestations sociales qui pourraient être exacerbées dans les pays accueillant un grand nombre de réfugiés.

De plus, "les niveaux d'endettement record induits par la pandémie laissent émerger les économies de marché et en développement plus vulnérables aux hausses de taux d'intérêt", note aussi le FMI. Par ailleurs, une résurgence de la pandémie n'est pas exclue.

Enfin, "la fracture des relations internationales pourrait saper la confiance et la coopération essentielles pour relever les défis de long terme, notamment le changement climatique", s'inquiète le FMI.

- La guerre en Ukraine, un boulet pour la reprise européenne -

Les mois passent et les inquiétudes quant à un ralentissement économique en zone euro en raison de la guerre à ses portes se confirment: le Fonds monétaire international en a évalué mardi le coût à plus d'un point de PIB cette année. Le FMI s'attend désormais à 2,8% de croissance au sein des pays de la zone euro, un sérieux ralentissement après les 3,9% anticipés lors de ses précédentes prévisions en janvier et les 4,3% encore espérés lors de celles d'octobre.

"Les principaux canaux par lesquels la guerre en Ukraine et les sanctions économiques imposées à la Russie affectent l'économie de la zone euro sont la hausse mondiale des prix de l'énergie et la sécurité énergétique", écrit l'institution de Washington dans ses prévisions économiques de printemps publiées mardi, et intitulées "La guerre fait reculer la reprise mondiale". Le mois dernier, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait déjà dressé un constat proche, estimant que la croissance de la zone serait amputée d'environ 1,4 point et que l'inflation y augmenterait de 2,5 points sur un an si les effets de la guerre s'avéraient durables.

"La guerre en Ukraine affecte sévèrement l'économie de la zone euro", avait aussi reconnu jeudi la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, pointant du doigt un recul de la confiance et la persistance des coûts élevés de l'énergie dans la vie quotidienne des ménages et des entreprises. La BCE a elle aussi revu son optimisme à la baisse le mois dernier, n'anticipant plus que 3,7% de croissance cette année et une inflation en forte hausse.

- Inflation européenne record -

Près de deux mois après le début du conflit, la guerre en Ukraine maintient une pression élevée sur les prix: le pétrole demeure au-dessus de 100 dollars par baril après avoir tutoyé ses niveaux historiques en mars, un mois au cours duquel le gaz, le blé, l'aluminium, le nickel et d'autres matières premières ont flambé à des niveaux record, menant l'inflation européenne au niveau inédit de 7,5%.

Tous les États ne souffriront pas de la même manière face au choc économique de la guerre, prévient toutefois le FMI mardi. Ceux disposant d'"un secteur manufacturier relativement important et d'une plus grande dépendance à l'énergie russe" subiront les effets les plus lourds, Italie et Allemagne en tête, à qui Moscou livre beaucoup de gaz. Déjà fragilisée par les perturbations des chaînes de production mondiales dans le sillage de la crise sanitaire en 2021, l'Allemagne voit sa prévision de croissance pour 2022 rabaissée à 2,1% par le FMI, un plongeon de 1,7 point comparé à ses prévisions de janvier. L'Italie est attendue à 2,3% de croissance, une dégringolade de 1,5 point.

Le FMI prévoit un léger mieux pour l'Allemagne en 2023 avec 2,7% (+0,2 point), du moins bon pour l'Italie à 1,7% (-0,5 point) et pour la zone euro dans son ensemble à 2,3% (-0,2 point).

La France va elle aussi subir l'effet de souffle de la guerre avec un PIB en hausse de 2,9% cette année, soit 0,6 point de moins que lors des prévisions de janvier, et 1,4% en 2023 (-0,4 point).

Devant le ralentissement économique mondial généralisé cette année et l'an prochain, l'institution de Washington appelle les États à continuer à soutenir l'activité lorsqu'ils le peuvent. "Bien que plusieurs États auront besoin de consolider leurs finances publiques, cela ne doit pas empêcher les gouvernements d'offrir une aide ciblée aux réfugiés déplacés par le conflit, aux ménages touchés par la hausse des prix des aliments et de l'essence et à ceux affectés par la pandémie", écrit le nouveau chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.

Le FMI, qui a publié ses prévisions actualisées à l'occasion de ses réunions de printemps, table désormais sur une croissance mondiale de 3,6% cette année contre 4,4% en janvier. "Le conflit et les sanctions affectent directement l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie", expliquent les économistes de l'institution de Washington. "Mais les retombées internationales se propagent bien au-delà, notamment en Europe, via les prix des produits de base, les liens commerciaux et financiers, l'approvisionnement (en produits alimentaires et énergétiques, ndlr) et l'impact humanitaire". Car l'Ukraine et la Russie sont d'importants producteurs de céréales pour de nombreux pays, et la Russie est également une source d'énergie clé pour l'Europe. Le FMI a donc révisé en baisse les prévisions économiques d'une écrasante majorité de pays. Ainsi, la croissance du PIB des Etats-Unis a été ramenée à 3,7% (-0,3 point). Cette nouvelle projection prend en compte "le retrait plus rapide que prévu du soutien monétaire pour contenir l'inflation ainsi que l'impact d'une croissance plus faible de leurs partenaires commerciaux (...) résultant de la guerre" en Ukraine, a détaillé le FMI.L'économie chinoise pâtit, elle, de la politique de tolérance zéro à l'égard de la pandémie qui a conduit à de nombreux confinements dont celui de la capitale économique, Shanghai. La croissance devrait ainsi tomber à 4,4% (-0,4 point) après 8,1% l'an passé. - Inflation mondiale - Globalement, la guerre en Ukraine a un impact d'autant plus fort qu'elle s'est produite alors que l'économie n'était pas totalement rétablie de la pandémie. Le conflit exacerbe aussi la montée vertigineuse des prix. Le FMI table sur une inflation de 5,7% cette année pour les pays avancés (+1,8 point) et de 8,7% (+2,8 points) pour les économies émergentes et en développement. Le pic devrait être atteint cette année, avance-t-il. Mais même en 2023, l'inflation devrait être encore supérieure aux objectifs des banques centrales des pays avancés et restée très élevée dans les pays émergents et en développement (6,5%).Le FMI, qui a aussi dégradé la perspective de croissance mondiale pour 2023 (+3,6%, -0,2 point), alerte sur la multitude de nuages à l'horizon. "Dans l'ensemble, les risques sont (...) comparables à la situation du début de pandémie", estime-t-il.- La guerre en Ukraine, un boulet pour la reprise européenne -Les mois passent et les inquiétudes quant à un ralentissement économique en zone euro en raison de la guerre à ses portes se confirment: le Fonds monétaire international en a évalué mardi le coût à plus d'un point de PIB cette année. Le FMI s'attend désormais à 2,8% de croissance au sein des pays de la zone euro, un sérieux ralentissement après les 3,9% anticipés lors de ses précédentes prévisions en janvier et les 4,3% encore espérés lors de celles d'octobre. "Les principaux canaux par lesquels la guerre en Ukraine et les sanctions économiques imposées à la Russie affectent l'économie de la zone euro sont la hausse mondiale des prix de l'énergie et la sécurité énergétique", écrit l'institution de Washington dans ses prévisions économiques de printemps publiées mardi, et intitulées "La guerre fait reculer la reprise mondiale". Le mois dernier, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait déjà dressé un constat proche, estimant que la croissance de la zone serait amputée d'environ 1,4 point et que l'inflation y augmenterait de 2,5 points sur un an si les effets de la guerre s'avéraient durables."La guerre en Ukraine affecte sévèrement l'économie de la zone euro", avait aussi reconnu jeudi la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, pointant du doigt un recul de la confiance et la persistance des coûts élevés de l'énergie dans la vie quotidienne des ménages et des entreprises. La BCE a elle aussi revu son optimisme à la baisse le mois dernier, n'anticipant plus que 3,7% de croissance cette année et une inflation en forte hausse.- Inflation européenne record -Près de deux mois après le début du conflit, la guerre en Ukraine maintient une pression élevée sur les prix: le pétrole demeure au-dessus de 100 dollars par baril après avoir tutoyé ses niveaux historiques en mars, un mois au cours duquel le gaz, le blé, l'aluminium, le nickel et d'autres matières premières ont flambé à des niveaux record, menant l'inflation européenne au niveau inédit de 7,5%.Tous les États ne souffriront pas de la même manière face au choc économique de la guerre, prévient toutefois le FMI mardi. Ceux disposant d'"un secteur manufacturier relativement important et d'une plus grande dépendance à l'énergie russe" subiront les effets les plus lourds, Italie et Allemagne en tête, à qui Moscou livre beaucoup de gaz. Déjà fragilisée par les perturbations des chaînes de production mondiales dans le sillage de la crise sanitaire en 2021, l'Allemagne voit sa prévision de croissance pour 2022 rabaissée à 2,1% par le FMI, un plongeon de 1,7 point comparé à ses prévisions de janvier. L'Italie est attendue à 2,3% de croissance, une dégringolade de 1,5 point. Le FMI prévoit un léger mieux pour l'Allemagne en 2023 avec 2,7% (+0,2 point), du moins bon pour l'Italie à 1,7% (-0,5 point) et pour la zone euro dans son ensemble à 2,3% (-0,2 point). La France va elle aussi subir l'effet de souffle de la guerre avec un PIB en hausse de 2,9% cette année, soit 0,6 point de moins que lors des prévisions de janvier, et 1,4% en 2023 (-0,4 point).Devant le ralentissement économique mondial généralisé cette année et l'an prochain, l'institution de Washington appelle les États à continuer à soutenir l'activité lorsqu'ils le peuvent. "Bien que plusieurs États auront besoin de consolider leurs finances publiques, cela ne doit pas empêcher les gouvernements d'offrir une aide ciblée aux réfugiés déplacés par le conflit, aux ménages touchés par la hausse des prix des aliments et de l'essence et à ceux affectés par la pandémie", écrit le nouveau chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.