Les Chinois en ont marre et ils le font savoir ! Ils en ont marre de quoi ? Mais de ce qu'ils appellent désormais le "terrorisme économique" de Donald Trump.

Voilà des mois que la Chine et les Etats-Unis négocient pied à pied pour éviter que la guerre commerciale, lancée par Trump, ne finisse par générer trop de victimes dans les deux camps. Mais voilà, durant le seul mois de mai, Donald Trump a non seulement reproché aux Chinois de faire trainer ces négociations en longueur, et a donc augmenté les droits de douane en guise de représailles. Mieux encore, le même président des Etats-Unis a réussi l'exploit d'augmenter aussi les droits de douane sur les exportations mexicaines alors qu'il venait de signer un accord avec ce pays, il y a quelques mois à peine !

Résultat : les Chinois en ont marre et ils le font savoir ! Comment ? Un article récent du Quotidien du Peuple, le journal officieux du parti communiste chinois, demande aux Américains de ne pas sous-estimer la Chine. Cet article va même plus loin, il y a une phrase qui dit "ne dites pas qu'on ne vous a pas prévenu". Or, justement, cette phrase a rarement été utilisé telle quelle, et à chaque fois qu'elle a été prononcée ou écrite, c'était pour ouvrir les hostilités contre le Japon ou l'Inde à l'époque.

Pour contrer les Etats-Unis, notamment depuis que Trump a décidé de se venger de la firme chinoise Huawei, les Chinois brandissent l'arme des "terres rares". Via cette expression, la Chine vise en réalité tous ces métaux précieux, qui sont indispensables à la fabrication des batteries de smartphones et de voitures, ces mêmes métaux précieux sont aussi utilisés pour fabriquer des pots catalytiques et même les éoliennes.

Or, 80% de l'extraction de ces minerais sont sous le contrôle de la Chine. Autrement dit, la Chine dit: "OK, vous Américains, vous vous attaquez à Huawei, l'un de mes fleurons industriels, alors moi, je vais désorganiser vos chaines de production automobiles et rendre la vie impossible à vos fabricants de GSM."

Je vous en parle, car ce genre de menaces voilées montre le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui : la guerre tout court a fait place à la guerre commerciale, du moins, pour les grandes puissances économiques. Les conflits meurtriers sont laissés aux plus petites pays. Oui, les canons, les chars et autres bombes atomiques ont fort heureusement cédé la place aux droits de douane ou à la réduction des exportations de métaux précieux par exemple. Avant on détruisait la vie, aujourd'hui, on détruit nos économies et donc notre bien-être... C'est comme cela qu'il faut interpréter le conflit commercial qui fait rage en ce moment entre la Chine et les Etats-Unis. Dans un monde aussi dangereux, la Belgique ne peut pas se permettre de rester sans gouvernement fédéral trop longtemps. C'est aussi cela, l'autre leçon à tirer de ce monde bouillonnant.