Le président russe, Vladimir Poutine, se prépare à prononcer ce vendredi un discours "volumineux", selon les termes de son porte-parole, pour revendiquer l'annexion de quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson). Cette "fête", avec un podium sur la plae Rouge à Moscou et un concert prévu, se déroule alors que la contre-offensive ukrainienne progresse toujours: la ville stratégique de Lyman serait encerclée. Surtout, cette annonce précipitée, après les référendums "bidons" dans les régions concernées, témoigne de la fuite en avant de Poutine.
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Le président russe, Vladimir Poutine, se prépare à prononcer ce vendredi un discours "volumineux", selon les termes de son porte-parole, pour revendiquer l'annexion de quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson). Cette "fête", avec un podium sur la plae Rouge à Moscou et un concert prévu, se déroule alors que la contre-offensive ukrainienne progresse toujours: la ville stratégique de Lyman serait encerclée. Surtout, cette annonce précipitée, après les référendums "bidons" dans les régions concernées, témoigne de la fuite en avant de Poutine.Les conséquences pourraient être désastreuses. L'attaque contre les gazoduc North Stream 1 et 2 - dont l'origine reste inconnue mais qui serait, selon toute vraisemblance, dûe à la Russie - illustre combien l'énergie reste une arme. L'impact de l'inflation devient important dans toute l'Europe et les indices de récession se multiplient. Selon certains économistes, l'impact de la crise pourrait être supérieur à celui de la crise financière de 2008. Et comme si cela ne suffisait pas, les servies secrets ukrainiens évoquent désormais l'utilisation "probable" d'une arme nucléaire tactique sur le terrain, qui changerait en profondeur la nature de la guerre.S'il est de bonne guerre d'utiliser la peur ou la menace nucléaire, en guise de dissuasion ou de mise en garde, une enquête du Moscow Times au sein de l'élite russe, y compris économique, a de quoi faire frémir. Le journal d'opposition, qui a trouvé refuge à Amsterdam, a longuement interrogé une quinzaine de personnalités au sein du parlement, d'entreprises publiques ou privées. Et le résultat est édifiant."Sept mois après le début des combats, écrit le journal, il n'y a pas le moindre signe de dissidence réelle. Au contraire, ceux qui sont idéologiquement opposés aux actions de Poutine en privé aident toujours à transformer l'économie de façon à ce qu'elle soit capable de soutenir une guerre prolongée."Les acteurs économiques aident aussi à nier le poids des sanctions économiques décidées par l'Ouest."Tous les prétendus "libéraux économiques du gouvernement - le responsable de la Banque centrale Elvira Nabiullina, le ministre des Finances Anton Siluanov, le responsable de la Sberbank German Gref et d'autres -- ont tout fait pour tenter d'empêcher l'effondrement de l'économie russe", lit-on. Tous les interlocuteurs du Moscow Times soulignent qu'ils s'attendaient à la mobilisation "partielle" décrétée par Vladimir Poutine. "L'offensive ukrainienne, entend-on à Moscou, a finalement donné aux généraux l'excuse pour forcer la décision de mobiliser. Partout, les généraux expriment leur besoin de resources supplémentaires."Mais là où cette enquête fait froid dans le dos, c'est dans cette affirmation selon laquelle "Poutine choisit toujours l'escalade" et que, par crainte ou oppotunisme, rien ne personne ne semble en mesure de l'arrêter. Même si, dit-on, la façon dont tout cela est gérée est "chaotique", que le président lui-même dit tout et son contraire, selon ses interlocuteurs.Et les murmures moscovites, dans les cercles du pouvoir, vont dans le sens de ce que disent les services de renseignement ukrainiens: "Les 300 000 réservistes mobilisés, ce n'est qu'une distraction. C'est partiel, mais ce sera bientôt une mobilisation de masse. Et ensuite, les armes nucléaires tactiques."