Devoir assumer le coût d'installation de panneaux solaires sans pouvoir en répercuter le prix auprès des locataires n'incite guère à l'action. Pour les sociétés de logement social, cet obstacle a été levé en 2018 mais selon une procédure tellement compliquée que quatre ans plus tard, pas un seul panneau solaire ne coiffe aucun des logements ...

Devoir assumer le coût d'installation de panneaux solaires sans pouvoir en répercuter le prix auprès des locataires n'incite guère à l'action. Pour les sociétés de logement social, cet obstacle a été levé en 2018 mais selon une procédure tellement compliquée que quatre ans plus tard, pas un seul panneau solaire ne coiffe aucun des logements sociaux de Flandre. Ces derniers se construisent par ailleurs au ralenti. Au rythme actuel (2.600 logements par an), il faudra en effet des décennies pour satisfaire les 170.000 ménages actuellement sur liste d'attente. Et si les propositions de remède abondent, elles se télescopent sans faire l'unanimité. L'an dernier, le gouvernement flamand avait mis, sous forme de prêts à taux réduit, 1,1 milliard d'euros à disposition des sociétés de logement, mais celles-ci n'en ont finalement utilisé que 600 millions. Pragmatique, Matthias Diependaele, ministre N-VA des Finances et du Budget, avait proposé de transférer les 500 millions inutilisés au secteur privé qui pourrait bénéficier de ces prêts avantageux à condition de construire des logements privés certes, mais loués sous le prix du marché afin de réduire quelque peu la liste d'attente. En charge des Affaires intérieures, le libéral Bart Somers annonce poursuivre le même objectif et propose de limiter à neuf ans la durée d'occupation d'un logement social pour tout locataire apte au travail. Pendant cette période, ces derniers seraient accompagnés et soutenus professionnellement afin de gagner en bout de course suffisamment pour pouvoir trouver un logement sur le marché privé. "Aussi arbitraire qu'asocial", a déjà réagi le CD&V Joachim Coens pour qui "il y a simplement trop peu de logements sociaux".