Les prix ont grimpé de 6,3% sur un an en avril, contre 6,6% en mars, un record en 40 ans, selon l'indice PCE publié vendredi par le département du Commerce. Cette mesure, privilégiée par la banque centrale américaine (Fed) qui confirme la tendance esquissée plus tôt dans le mois par d'autres mesures de l'inflation. Sur un mois seulement, le tassement est encore plus marqué, à 0,2% contre 0,9% le mois passé. Il s'agit de la plus faible hausse des prix depuis novembre 2020.

Joe Biden a salué un "signe de progrès, bien que nous ayons encore beaucoup de travail", assurant que la lutte contre la hausse des prix était sa "priorité économique". "L'inflation reste trop élevée et la hausse des prix de (Vladimir) Poutine continue de peser sur les coûts de l'alimentation et de l'énergie", a déploré le président américain.

En mars en effet, la guerre en Ukraine avait fait flamber les prix de l'essence et de l'alimentation notamment, exacerbant les difficultés d'approvisionnement qui durent depuis des mois, conséquences durables de la pandémie.

- Consommation toujours solide -

La question est désormais de savoir si la pression sur les prix faiblira durablement, ou si ce répit ne sera que de courte durée. "Beaucoup parlent du mois de mars comme du pic de l'inflation (...). Nous n'en sommes pas si sûrs, compte tenu des risques auxquels nous sommes toujours confrontés avec la guerre en Ukraine et les confinements en Chine", a mis en garde Diane Swonk, cheffe économiste pour Grant Thornton.

Touchés au portefeuille, les ménages américains ont fait un peu attention à leurs dépenses le mois dernier, mais celles-ci sont restées soutenues, pour les biens comme pour les services, et meilleures que prévu: elles ont augmenté de 0,9%, moins que la hausse de 1,4% de mars, mais plus que les 0,6% attendus. Les prix très élevés de l'essence de l'énergie ont incité à la sobriété, et les dépenses ont baissé. En revanche, les consommateurs ont acheté des voitures et pièces détachées.

Côté services, l'amélioration est généralisée: restaurants, tourisme, mais aussi loyers ou services médicaux. En effet, souligne Diane Swonk, certaines opérations chirurgicales non urgentes ou "rendez-vous médicaux de routine qui avaient été retardés par la pandémie, sont désormais reprogrammés".

"Dans un contexte d'inflation élevée et d'offre limitée de biens, les consommateurs continuent de se tourner vers les achats de services, ce qui devrait alimenter la croissance économique cet été", commentent Lydia Boussour et Kathy Bostjancic, économistes pour Oxford Economics. La consommation, "principal pilier de l'économie, est toujours solide face à l'inflation historique et à la hausse des taux d'intérêt. Mais une route sinueuse attend l'économie américaine qui, selon nous, ralentira considérablement à l'approche de 2023", ajoutent-elles.

Une récession, plutôt l'année prochaine, menace en effet l'économie.

- Puiser dans l'épargne -

Les revenus, ajustés de l'inflation, ont progressé de 0,4% en avril, un peu moins qu'en mars (0,5%). "Les ménages ont continué de puiser dans leur épargne pour financer leurs dépenses. Le taux d'épargne des particuliers a chuté de 0,6 point à 4,4% en avril - le niveau le plus bas depuis septembre 2008", soulignent encore Lydia Boussour et Kathy Bostjancic. Avec des situations très contrastées: "les ménages à revenu élevé et moyen ont encore une certaine épargne amassée", contrairement à ceux dont les revenus sont les plus faibles, qui "ont du mal à joindre les deux bouts. Les inégalités s'aggravent", avertit Diane Swonk.

L'inflation comprime le pouvoir d'achat des Américains et menace la croissance économique, et est une sérieuse épine dans le pied pour le président américain Joe Biden.

La banque centrale américaine, la Fed, est en première ligne et a assuré qu'elle ferait tout pour ramener l'inflation dans les clous. Quitte à ce que cela ralentisse un temps la croissance de l'activité économique, et fasse un peu monter le chômage.

Elle a ainsi commencé à relever avec vigueur ses taux directeurs et devrait continuer. Cela a pour effet d'augmenter le coût des prêts que contractent les particuliers et professionnels auprès des banques commerciales. Car lorsque le crédit coûte plus cher, on emprunte moins et on consomme donc moins, ce qui assouplit la pression sur les prix.

Les prix ont grimpé de 6,3% sur un an en avril, contre 6,6% en mars, un record en 40 ans, selon l'indice PCE publié vendredi par le département du Commerce. Cette mesure, privilégiée par la banque centrale américaine (Fed) qui confirme la tendance esquissée plus tôt dans le mois par d'autres mesures de l'inflation. Sur un mois seulement, le tassement est encore plus marqué, à 0,2% contre 0,9% le mois passé. Il s'agit de la plus faible hausse des prix depuis novembre 2020.Joe Biden a salué un "signe de progrès, bien que nous ayons encore beaucoup de travail", assurant que la lutte contre la hausse des prix était sa "priorité économique". "L'inflation reste trop élevée et la hausse des prix de (Vladimir) Poutine continue de peser sur les coûts de l'alimentation et de l'énergie", a déploré le président américain.En mars en effet, la guerre en Ukraine avait fait flamber les prix de l'essence et de l'alimentation notamment, exacerbant les difficultés d'approvisionnement qui durent depuis des mois, conséquences durables de la pandémie.- Consommation toujours solide -La question est désormais de savoir si la pression sur les prix faiblira durablement, ou si ce répit ne sera que de courte durée. "Beaucoup parlent du mois de mars comme du pic de l'inflation (...). Nous n'en sommes pas si sûrs, compte tenu des risques auxquels nous sommes toujours confrontés avec la guerre en Ukraine et les confinements en Chine", a mis en garde Diane Swonk, cheffe économiste pour Grant Thornton.Touchés au portefeuille, les ménages américains ont fait un peu attention à leurs dépenses le mois dernier, mais celles-ci sont restées soutenues, pour les biens comme pour les services, et meilleures que prévu: elles ont augmenté de 0,9%, moins que la hausse de 1,4% de mars, mais plus que les 0,6% attendus. Les prix très élevés de l'essence de l'énergie ont incité à la sobriété, et les dépenses ont baissé. En revanche, les consommateurs ont acheté des voitures et pièces détachées.Côté services, l'amélioration est généralisée: restaurants, tourisme, mais aussi loyers ou services médicaux. En effet, souligne Diane Swonk, certaines opérations chirurgicales non urgentes ou "rendez-vous médicaux de routine qui avaient été retardés par la pandémie, sont désormais reprogrammés"."Dans un contexte d'inflation élevée et d'offre limitée de biens, les consommateurs continuent de se tourner vers les achats de services, ce qui devrait alimenter la croissance économique cet été", commentent Lydia Boussour et Kathy Bostjancic, économistes pour Oxford Economics. La consommation, "principal pilier de l'économie, est toujours solide face à l'inflation historique et à la hausse des taux d'intérêt. Mais une route sinueuse attend l'économie américaine qui, selon nous, ralentira considérablement à l'approche de 2023", ajoutent-elles.Une récession, plutôt l'année prochaine, menace en effet l'économie.- Puiser dans l'épargne -Les revenus, ajustés de l'inflation, ont progressé de 0,4% en avril, un peu moins qu'en mars (0,5%). "Les ménages ont continué de puiser dans leur épargne pour financer leurs dépenses. Le taux d'épargne des particuliers a chuté de 0,6 point à 4,4% en avril - le niveau le plus bas depuis septembre 2008", soulignent encore Lydia Boussour et Kathy Bostjancic. Avec des situations très contrastées: "les ménages à revenu élevé et moyen ont encore une certaine épargne amassée", contrairement à ceux dont les revenus sont les plus faibles, qui "ont du mal à joindre les deux bouts. Les inégalités s'aggravent", avertit Diane Swonk.L'inflation comprime le pouvoir d'achat des Américains et menace la croissance économique, et est une sérieuse épine dans le pied pour le président américain Joe Biden.La banque centrale américaine, la Fed, est en première ligne et a assuré qu'elle ferait tout pour ramener l'inflation dans les clous. Quitte à ce que cela ralentisse un temps la croissance de l'activité économique, et fasse un peu monter le chômage.Elle a ainsi commencé à relever avec vigueur ses taux directeurs et devrait continuer. Cela a pour effet d'augmenter le coût des prêts que contractent les particuliers et professionnels auprès des banques commerciales. Car lorsque le crédit coûte plus cher, on emprunte moins et on consomme donc moins, ce qui assouplit la pression sur les prix.