La divergence des performances macro-économiques des pays partageant la monnaie unique avait failli mener à son éclatement après la crise financière de 2008-2009.

De gros efforts d'ajustement avaient été consentis par les pays les plus endettés (Grèce, Italie, Espagne, Portugal), au prix de politiques d'austérité douloureuses et impopulaires.

La crise économique et les nouveaux déséquilibres causés par la pandémie replongent la zone euro dans la tempête, même si elle semble cette fois plus unie qu'il y a dix ans.

La pandémie "aggrave les déséquilibres qui avaient progressivement diminué avant la pandémie", a souligné lundi le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances des pays partageant la monnaie commune (Eurogroupe).

"La dette publique a notamment augmenté le plus dans les pays les plus fortement touchés économiquement qui se trouvent être ceux dont les niveaux de dette étaient déjà les plus élevés", a-t-il observé lors d'une conférence de presse.

L'Allemagne a subi l'an dernier une récession historique, mais elle a limité la casse avec un plongeon de 5% du PIB, selon une première estimation publiée la semaine dernière.

La France devrait afficher un recul près de deux fois plus élevé. L'Italie et l'Espagne feront encore pire.

Ces pays avaient subi un lourd bilan humain lors de la première vague épidémique et imposé un confinement particulièrement sévère au printemps, endommageant d'autant plus leurs économies qu'elles dépendent davantage des secteurs liés au tourisme et aux transports, justement les plus affectés.

- "Aussi longtemps que nécessaire" -

Conséquence, l'endettement public s'est envolé. Dans ses prévisions d'automne, la Commission européenne tablait sur un déficit public de 10,5% en France en 2020 et de 12,2% en Espagne, contre 6% en Allemagne. Très loin de la limite de 3% du PIB fixée par le pacte de stabilité.

La dette publique devait atteindre 116% du PIB en France et 160% en Italie, contre un peu plus de 70% en Allemagne et 60% aux Pays-Bas.

Malgré des tiraillements, l'Allemagne, et dans son sillage les autres pays moins endettés, dits "frugaux", ont accepté l'été dernier un emprunt commun européen inédit pour financer un plan de relance de 750 milliards d'euros.

Les dogmes ont volé en éclat, la Commission encourageant l'ensemble des Etats membres à délier provisoirement les cordons de la bourse pour faire repartir la croissance, reconnaissant que les dérapages n'étaient pas cette fois liés à un supposé laxisme du sud.

"Nous devons continuer à fournir un soutien (à la croissance) aussi longtemps que nécessaire", a martelé lundi soir M. Gentiloni.

A terme, certains voudraient revoir le pacte de stabilité. "On va commencer à en discuter entre nous dès cette année, c'est sûr", a déclaré la semaine dernière à des journalistes le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. Selon lui, la limite d'endettement fixée à 60% du PIB "n'a plus de sens aujourd'hui", car "même avec de la croissance, on sait qu'il faudra des années et des années, voire des décennies, pour pouvoir respecter de nouveau ces critères".

"Nous avons vécu deux fois en dix ans des crises qui ne surviennent normalement qu'une fois par siècle, nous devons repenser nos règles budgétaires", a également estimé Joao Leao, ministre des Finances du Portugal, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne.

Mais il a reconnu que le sujet était "sensible" avec "des vues différentes sur la question".

"On ne rejoue pas 2011" quand le nord et le sud s'étaient profondément divisés dans la crise, estime cependant Philippe Waechter, chef économiste pour Ostrum Asset Management.

Selon lui, "la contribution de la Chine aux exportations allemandes est beaucoup plus faible qu'elle ne l'était" à l'époque, quand elle avait permis à la première économie européenne d'échapper aux difficultés de ses partenaires. "L'économie allemande est devenue plus dépendante de ce qui se passe dans la zone euro" et donc "à court terme, personne n'a intérêt à jouer l'affrontement".

La divergence des performances macro-économiques des pays partageant la monnaie unique avait failli mener à son éclatement après la crise financière de 2008-2009.De gros efforts d'ajustement avaient été consentis par les pays les plus endettés (Grèce, Italie, Espagne, Portugal), au prix de politiques d'austérité douloureuses et impopulaires.La crise économique et les nouveaux déséquilibres causés par la pandémie replongent la zone euro dans la tempête, même si elle semble cette fois plus unie qu'il y a dix ans.La pandémie "aggrave les déséquilibres qui avaient progressivement diminué avant la pandémie", a souligné lundi le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances des pays partageant la monnaie commune (Eurogroupe)."La dette publique a notamment augmenté le plus dans les pays les plus fortement touchés économiquement qui se trouvent être ceux dont les niveaux de dette étaient déjà les plus élevés", a-t-il observé lors d'une conférence de presse.L'Allemagne a subi l'an dernier une récession historique, mais elle a limité la casse avec un plongeon de 5% du PIB, selon une première estimation publiée la semaine dernière.La France devrait afficher un recul près de deux fois plus élevé. L'Italie et l'Espagne feront encore pire.Ces pays avaient subi un lourd bilan humain lors de la première vague épidémique et imposé un confinement particulièrement sévère au printemps, endommageant d'autant plus leurs économies qu'elles dépendent davantage des secteurs liés au tourisme et aux transports, justement les plus affectés.Conséquence, l'endettement public s'est envolé. Dans ses prévisions d'automne, la Commission européenne tablait sur un déficit public de 10,5% en France en 2020 et de 12,2% en Espagne, contre 6% en Allemagne. Très loin de la limite de 3% du PIB fixée par le pacte de stabilité.La dette publique devait atteindre 116% du PIB en France et 160% en Italie, contre un peu plus de 70% en Allemagne et 60% aux Pays-Bas.Malgré des tiraillements, l'Allemagne, et dans son sillage les autres pays moins endettés, dits "frugaux", ont accepté l'été dernier un emprunt commun européen inédit pour financer un plan de relance de 750 milliards d'euros.Les dogmes ont volé en éclat, la Commission encourageant l'ensemble des Etats membres à délier provisoirement les cordons de la bourse pour faire repartir la croissance, reconnaissant que les dérapages n'étaient pas cette fois liés à un supposé laxisme du sud."Nous devons continuer à fournir un soutien (à la croissance) aussi longtemps que nécessaire", a martelé lundi soir M. Gentiloni.A terme, certains voudraient revoir le pacte de stabilité. "On va commencer à en discuter entre nous dès cette année, c'est sûr", a déclaré la semaine dernière à des journalistes le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. Selon lui, la limite d'endettement fixée à 60% du PIB "n'a plus de sens aujourd'hui", car "même avec de la croissance, on sait qu'il faudra des années et des années, voire des décennies, pour pouvoir respecter de nouveau ces critères"."Nous avons vécu deux fois en dix ans des crises qui ne surviennent normalement qu'une fois par siècle, nous devons repenser nos règles budgétaires", a également estimé Joao Leao, ministre des Finances du Portugal, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne.Mais il a reconnu que le sujet était "sensible" avec "des vues différentes sur la question"."On ne rejoue pas 2011" quand le nord et le sud s'étaient profondément divisés dans la crise, estime cependant Philippe Waechter, chef économiste pour Ostrum Asset Management.Selon lui, "la contribution de la Chine aux exportations allemandes est beaucoup plus faible qu'elle ne l'était" à l'époque, quand elle avait permis à la première économie européenne d'échapper aux difficultés de ses partenaires. "L'économie allemande est devenue plus dépendante de ce qui se passe dans la zone euro" et donc "à court terme, personne n'a intérêt à jouer l'affrontement".