Les derniers rapports et avertissements du GIEC sont quasi passés dans l'indifférence généralisée. Sans doute parce que le climat est devenu une victime collatérale de la guerre en Ukraine et que la baisse du pouvoir d'achat, en raison de la hausse de l'inflation, a fait passer la lutte contre la fin du monde après le découvert de la fin du mois.

Mais est-ce que c'est la seule raison qui explique qu'une partie de la population reste inerte face au danger du réchauffement climatique ? Réponse : non. La principale raison à notre semi-inaction, c'est notre cerveau. Comme le rappelle le magazine Sciences et Vie, "notre cerveau vit dans le présent. Pour lui, projeter l'impact de son action d'aujourd'hui dans 25 ou 30 ans est quasi impossible, car notre cerveau est motivé à agir pour obtenir un résultat visible". Il est vrai que si nous décidons de manger moins de produits lactés, car ils sont une source importante d'émission de CO2, nous ne verrons le résultat de nos efforts qu'un peu avant 2050. C'est cette déconnexion temporelle qui empêche souvent le passage à l'action. C'est la raison pour laquelle, la science économique doit s'allier à la psychologie pour lutter contre le réchauffement climatique. L'une des solutions dans le cas présent - du moins selon les spécialistes - serait de disposer pour nos produits alimentaires d'un étiquetage universel qui aiderait le consommateur à faire son choix "en fonction de l'impact climatique du produit qu'il achète, ce qui agirait comme une récompense immédiate".

L'autre souci pour lutter contre le réchauffement climatique tient aussi au fait que comme l'écrit le philosophe Luc Ferry, nous vivons dans une société du bonheur immédiat. Or, toute notre histoire était centrée autour du bonheur différé. "A l'école, le bonheur, c'étaient durant les vacances. Les croyants savaient qu'ils avaient été exclus du Paradis pour gagner leur pain à la sueur de leur front. Les ouvriers de l'ancien monde savaient que leur bonheur, c'était le jour de la retraite. Pour les communistes, c'était après la révolution et pour les catholiques après leur mort, au paradis". Luc Ferry rappelle que le psychanalyste Bruno Bettelheim avait bien résumé notre attraction pour le bonheur immédiat au travers de l'histoire des 3 petits cochons. Au fond, si le premier cochon a construit une maison de paille pour se protéger contre le loup, c'est par fainéantise, il voulait le bonheur "ici et maintenant". Raison pour laquelle, il bricole une maison de paille qui est très vite soufflée par le méchant loup, autrement dit, par le réchauffement climatique. Le deuxième petit cochon, voit un peu plus loin, il a compris qu'il fallait différer son plaisir, mais pas trop, et il construit une maison de bois qui vole presque aussi vite en éclats face aux assauts répétés du loup. Le seul réaliste dans ce conte, c'est le 3e petit cochon qui lui prend le temps et la peine de construire une maison en brique que le méchant loup n'arrive pas à détruire. Vous l'avez compris ce conte est au coeur même de la philosophie du bonheur différé. Apprendre à différer son bonheur serait l'une des manières de lutter contre le réchauffement climatique.

Ne croyez pas que les économistes ne le savent pas, que du contraire. L'un d'eux, l'américano-israélien Daniel Kahnema (lui-même psychologue de formation), a reçu le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur la finance comportementale. C'est avec cette histoire des 3 petits cochons - revisitée sur le plan écologique - que je vous quitte cet été avant de nous retrouver vers la mi-août - merci pour votre écoute et surtout pour votre confiance et soutien à cette chronique qui se veut indépendante, impertinente et atypique.

Les derniers rapports et avertissements du GIEC sont quasi passés dans l'indifférence généralisée. Sans doute parce que le climat est devenu une victime collatérale de la guerre en Ukraine et que la baisse du pouvoir d'achat, en raison de la hausse de l'inflation, a fait passer la lutte contre la fin du monde après le découvert de la fin du mois. Mais est-ce que c'est la seule raison qui explique qu'une partie de la population reste inerte face au danger du réchauffement climatique ? Réponse : non. La principale raison à notre semi-inaction, c'est notre cerveau. Comme le rappelle le magazine Sciences et Vie, "notre cerveau vit dans le présent. Pour lui, projeter l'impact de son action d'aujourd'hui dans 25 ou 30 ans est quasi impossible, car notre cerveau est motivé à agir pour obtenir un résultat visible". Il est vrai que si nous décidons de manger moins de produits lactés, car ils sont une source importante d'émission de CO2, nous ne verrons le résultat de nos efforts qu'un peu avant 2050. C'est cette déconnexion temporelle qui empêche souvent le passage à l'action. C'est la raison pour laquelle, la science économique doit s'allier à la psychologie pour lutter contre le réchauffement climatique. L'une des solutions dans le cas présent - du moins selon les spécialistes - serait de disposer pour nos produits alimentaires d'un étiquetage universel qui aiderait le consommateur à faire son choix "en fonction de l'impact climatique du produit qu'il achète, ce qui agirait comme une récompense immédiate".L'autre souci pour lutter contre le réchauffement climatique tient aussi au fait que comme l'écrit le philosophe Luc Ferry, nous vivons dans une société du bonheur immédiat. Or, toute notre histoire était centrée autour du bonheur différé. "A l'école, le bonheur, c'étaient durant les vacances. Les croyants savaient qu'ils avaient été exclus du Paradis pour gagner leur pain à la sueur de leur front. Les ouvriers de l'ancien monde savaient que leur bonheur, c'était le jour de la retraite. Pour les communistes, c'était après la révolution et pour les catholiques après leur mort, au paradis". Luc Ferry rappelle que le psychanalyste Bruno Bettelheim avait bien résumé notre attraction pour le bonheur immédiat au travers de l'histoire des 3 petits cochons. Au fond, si le premier cochon a construit une maison de paille pour se protéger contre le loup, c'est par fainéantise, il voulait le bonheur "ici et maintenant". Raison pour laquelle, il bricole une maison de paille qui est très vite soufflée par le méchant loup, autrement dit, par le réchauffement climatique. Le deuxième petit cochon, voit un peu plus loin, il a compris qu'il fallait différer son plaisir, mais pas trop, et il construit une maison de bois qui vole presque aussi vite en éclats face aux assauts répétés du loup. Le seul réaliste dans ce conte, c'est le 3e petit cochon qui lui prend le temps et la peine de construire une maison en brique que le méchant loup n'arrive pas à détruire. Vous l'avez compris ce conte est au coeur même de la philosophie du bonheur différé. Apprendre à différer son bonheur serait l'une des manières de lutter contre le réchauffement climatique.Ne croyez pas que les économistes ne le savent pas, que du contraire. L'un d'eux, l'américano-israélien Daniel Kahnema (lui-même psychologue de formation), a reçu le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur la finance comportementale. C'est avec cette histoire des 3 petits cochons - revisitée sur le plan écologique - que je vous quitte cet été avant de nous retrouver vers la mi-août - merci pour votre écoute et surtout pour votre confiance et soutien à cette chronique qui se veut indépendante, impertinente et atypique.