Le gouvernement fédéral De Croo est en place depuis presque un an et les finances publiques ont enfin fait l'objet d'une discussion. Aussi brève fut-elle. La secrétaire d'État Eva De Bleeker (Open Vld) a plaidé en faveur d'un effort budgétaire de 3 milliards d'euros, soit 0,6 pour cent du produit intérieur brut (PIB) : les 0,2 pour cent par an prévus dans l'accord gouvernemental et 0,4 pour cent supplémentaire en raison de la reprise de l'économie. Avec une croissance économique de 5,7 % cette année et de 3 % l'année prochaine, c'est, selon elle, le moment idéal pour agir et réduire encore le déficit budgétaire prévu pour 2022, qui s'élève à 4,7 % du PIB (23 milliards d'euros). Elle ne l'exprime pas clairement, mais elle suit le principe "réparer le toit quand il fait beau, pas quand il pleut".

Mais la secrétaire d'État a été immédiatement confrontée à la résistance du PS. Pas question de parler d'austérité ou d'économies. Un effort de 0,2 % du PIB par an est suffisant et l'accent doit être mis sur la reprise de l'économie. Le PS en a profité pour montrer une fois de plus qui a le plus d'influence au sein du gouvernement fédéral. Quoi qu'il en soit, il est clair que le prix que l'Open Vld doit payer pour le poste de Premier ministre est très élevé : dans les dossiers socio-économiques et budgétaires, les libéraux n'ont guère voix au chapitre.

Un effort de 0,2 % du PIB par an est suffisant et l'accent doit être mis sur la reprise de l'économie.

La croissance économique comme assainissement automatique

Il est frappant de constater que le PS place la barre plus bas que ce qui était prévu dans l'accord. La trajectoire budgétaire est l'un des rares passages qui ne soient pas formulés en termes vagues. Normalement, il est question d'économiser 0,2 % du PIB chaque année et, 0,4 % lorsque la conjoncture économique est bonne. Un montant inférieur à la proposition d'Eva De Bleeker, donc. Mais le secrétaire d'État Thomas Dermine (PS) ne parle même plus de la variable de 0,2 %, malgré la conjoncture. Ce sera 1 milliard maximum. Point à la ligne.

Si vous écoutez le discours du PS, vous remarquerez entre les lignes que la croissance économique est censée assurer l'assainissement automatique. Plus de personnes au travail signifie plus de consommation et donc plus de TVA, plus de cotisations sociales, plus d'impôts et moins d'allocations. Cette logique est bancale. Bien sûr, les recettes de l'État vont augmenter. Et le fait que le déficit budgétaire passera de 7 % cette année à 4,7 % l'année prochaine est bien le résultat de la reprise de la croissance. Mais une reprise durable des finances publiques n'est pas en vue. La Banque Nationale a déjà prévenu que, à politiques inchangées, le déficit budgétaire de la Belgique restera trop élevé, même après la reprise post-pandémie.

Les dépenses publiques belges sont hors de contrôle. Cela s'explique en partie par le vieillissement de la population.

Une nouvelle restée quelque peu discrète, mais le FMI a tiré la sonnette d'alarme dans ses World Economic Outlook au début de cette année : Sans changement de sa part, la Belgique risque de devenir le leader européen en termes de déficit public structurel attendu d'ici 2025. Johan Van Gompel, économiste à la KBC, et son collègue de Voka, Bart Van Craeynest, font partie des rares personnes à avoir prêté attention à ces chiffres.

En termes de déficit structurel, la Belgique sera bientôt proche de -5 % du PIB, faisant de notre pays la risée budgétaire de l'Union européenne. Les pays à problèmes comme l'Espagne, l'Italie et la France s'en sortent mieux.

Les dépenses restent un point noir

La cause ? Les dépenses publiques belges sont hors de contrôle. Cela s'explique en partie par le vieillissement de la population. Entre 2022 et 2050, les dépenses publiques sociales annuelles augmenteront de 17,7 milliards d'euros. Mais d'autres pays sont également confrontés à ce défi. Le problème des dépenses publiques est généralisé en Belgique et ne se limite pas aux coûts du vieillissement et aux dépenses supplémentaires dues à la pandémie. Il n'y a pas eu de restructuration des dépenses publiques depuis des années. Même le gouvernement Michel (2014-2018) n'a pas misé sur ce volet. À l'époque, épargner ne signifiait pas dépenser moins, mais "dépenser moins vite".

Après la pandémie, les dépenses publiques belges restent au niveau inacceptable de 55 % du PIB. Avec la coalition Vivaldi, les chances que cela change sont minces, à moins que la pression fiscale n'augmente à nouveau. L'accord gouvernemental ne prévoit qu'un tiers de l'effort à fournir en matière de consolidation budgétaire concernant les dépenses. Un tiers doit provenir de a création ou l'augmentation d'impôts, et un autre tiers d'"autres mesures". Les taxes vont donc augmenter.

Le gouvernement fédéral De Croo est en place depuis presque un an et les finances publiques ont enfin fait l'objet d'une discussion. Aussi brève fut-elle. La secrétaire d'État Eva De Bleeker (Open Vld) a plaidé en faveur d'un effort budgétaire de 3 milliards d'euros, soit 0,6 pour cent du produit intérieur brut (PIB) : les 0,2 pour cent par an prévus dans l'accord gouvernemental et 0,4 pour cent supplémentaire en raison de la reprise de l'économie. Avec une croissance économique de 5,7 % cette année et de 3 % l'année prochaine, c'est, selon elle, le moment idéal pour agir et réduire encore le déficit budgétaire prévu pour 2022, qui s'élève à 4,7 % du PIB (23 milliards d'euros). Elle ne l'exprime pas clairement, mais elle suit le principe "réparer le toit quand il fait beau, pas quand il pleut".Mais la secrétaire d'État a été immédiatement confrontée à la résistance du PS. Pas question de parler d'austérité ou d'économies. Un effort de 0,2 % du PIB par an est suffisant et l'accent doit être mis sur la reprise de l'économie. Le PS en a profité pour montrer une fois de plus qui a le plus d'influence au sein du gouvernement fédéral. Quoi qu'il en soit, il est clair que le prix que l'Open Vld doit payer pour le poste de Premier ministre est très élevé : dans les dossiers socio-économiques et budgétaires, les libéraux n'ont guère voix au chapitre.La croissance économique comme assainissement automatiqueIl est frappant de constater que le PS place la barre plus bas que ce qui était prévu dans l'accord. La trajectoire budgétaire est l'un des rares passages qui ne soient pas formulés en termes vagues. Normalement, il est question d'économiser 0,2 % du PIB chaque année et, 0,4 % lorsque la conjoncture économique est bonne. Un montant inférieur à la proposition d'Eva De Bleeker, donc. Mais le secrétaire d'État Thomas Dermine (PS) ne parle même plus de la variable de 0,2 %, malgré la conjoncture. Ce sera 1 milliard maximum. Point à la ligne.Si vous écoutez le discours du PS, vous remarquerez entre les lignes que la croissance économique est censée assurer l'assainissement automatique. Plus de personnes au travail signifie plus de consommation et donc plus de TVA, plus de cotisations sociales, plus d'impôts et moins d'allocations. Cette logique est bancale. Bien sûr, les recettes de l'État vont augmenter. Et le fait que le déficit budgétaire passera de 7 % cette année à 4,7 % l'année prochaine est bien le résultat de la reprise de la croissance. Mais une reprise durable des finances publiques n'est pas en vue. La Banque Nationale a déjà prévenu que, à politiques inchangées, le déficit budgétaire de la Belgique restera trop élevé, même après la reprise post-pandémie.Une nouvelle restée quelque peu discrète, mais le FMI a tiré la sonnette d'alarme dans ses World Economic Outlook au début de cette année : Sans changement de sa part, la Belgique risque de devenir le leader européen en termes de déficit public structurel attendu d'ici 2025. Johan Van Gompel, économiste à la KBC, et son collègue de Voka, Bart Van Craeynest, font partie des rares personnes à avoir prêté attention à ces chiffres.En termes de déficit structurel, la Belgique sera bientôt proche de -5 % du PIB, faisant de notre pays la risée budgétaire de l'Union européenne. Les pays à problèmes comme l'Espagne, l'Italie et la France s'en sortent mieux.Les dépenses restent un point noirLa cause ? Les dépenses publiques belges sont hors de contrôle. Cela s'explique en partie par le vieillissement de la population. Entre 2022 et 2050, les dépenses publiques sociales annuelles augmenteront de 17,7 milliards d'euros. Mais d'autres pays sont également confrontés à ce défi. Le problème des dépenses publiques est généralisé en Belgique et ne se limite pas aux coûts du vieillissement et aux dépenses supplémentaires dues à la pandémie. Il n'y a pas eu de restructuration des dépenses publiques depuis des années. Même le gouvernement Michel (2014-2018) n'a pas misé sur ce volet. À l'époque, épargner ne signifiait pas dépenser moins, mais "dépenser moins vite".Après la pandémie, les dépenses publiques belges restent au niveau inacceptable de 55 % du PIB. Avec la coalition Vivaldi, les chances que cela change sont minces, à moins que la pression fiscale n'augmente à nouveau. L'accord gouvernemental ne prévoit qu'un tiers de l'effort à fournir en matière de consolidation budgétaire concernant les dépenses. Un tiers doit provenir de a création ou l'augmentation d'impôts, et un autre tiers d'"autres mesures". Les taxes vont donc augmenter.