Qui pense Cuba pense généralement soleil, plage mais aussi et surtout dernier bastion ou presque du communisme. Mais qu'est-ce qu'exactement le communisme, dont la pensée ressurgit actuellement dans tant de pays européens?
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Qui pense Cuba pense généralement soleil, plage mais aussi et surtout dernier bastion ou presque du communisme. Mais qu'est-ce qu'exactement le communisme, dont la pensée ressurgit actuellement dans tant de pays européens? Le communisme est cette doctrine qui prône la propriété collective, la contribution de chacun en fonction de ses capacités et la redistribution des avantages à la lumière des besoins. Il y a donc par définition rupture entre les efforts consentis et les avantages obtenus. Le système exige par ailleurs la présence d'un deus ex machina, d'une autorité qui s'approprie les biens en vue de les redistribuer. En d'autres termes, le travail rapporte non pas à celui qui le fournit, mais à la communauté. Quiconque peut démontrer son état de besoin peut faire appel au système. A l'autre bout du spectre idéologique se trouve le libéralisme, dont le ressort, explique Adam Smith, le père de cette doctrine, est l'intérêt personnel. C'est par intérêt personnel que le boulanger cuit son pain. La mise en commun des intérêts personnels permet à chacun de trouver son compte, cependant que les pouvoirs publics organisent l'intervention au profit des plus nécessiteux. Mais quand, comme dans le système communiste, le lien entre travail et fruit du travail est rompu, la motivation à travailler fait défaut. Ainsi, les personnes à qui un emploi rapporterait à peine plus que les indemnités de chômage tenteront tout pour éviter de devoir se lever le matin. Les chômeurs qui ne sont pas disposés à travailler considèrent dès lors l'état actuel du marché de l'emploi comme une menace puisqu'il ne leur permet plus de se réfugier derrière une prétendue pénurie. Ils versent ainsi, ouvertement, dans le néocommunisme. Quant au gouvernement qui ferme les yeux sur cette situation et qualifie la plupart des chômeurs d'inaptes, il n'établit aucune distinction entre politique d'emploi et politique sociale, ce qui le rend de facto adepte de la philosophie communiste. Une philosophie qui peut, par-dessus le marché, accepter le principe des allocations de chômage illimitées dans le temps, ce qui est le cas de la Belgique et de Cuba, exclusivement. D'après le Bureau international du travail, un chômeur est une personne sans emploi qui cherche activement du travail et est apte à occuper un poste. Quiconque ne rentre pas dans cette description n'est pas chômeur. Cette personne peut dès lors prétendre non pas à des indemnités de chômage, mais à l'aide sociale, exclusivement destinée aux individus répondant à la définition du "cas social". C'est donc à juste titre que le gouvernement flamand a décidé que les candidats à un logement social devaient démontrer une absence de fonds propres. Dans un système exclusivement communiste, le gouvernement contrôlerait l'intégralité de l'économie. Son intervention serait de 100% alors que dans un système purement libéral, cette ingérence serait proche de zéro. Mais ni l'un ni l'autre de ces régimes n'existant en Europe, nos économies sont dites mixtes. Pour l'exprimer autrement, l'importance prise par le communisme au sein d'un pays ou d'une région se mesure au degré d'intervention des pouvoirs publics dans l'économie. Selon plusieurs études, le degré idéal est compris entre 35% et 42%. D'après les prévisions établies pour ces cinq prochaines années en Europe (étude du FMI), des pays comme l'Irlande, la Suisse et la Lituanie se situeront, avec une intervention qui tournera autour de 35%, dans le bas de la fourchette. Par ordre croissant d'importance, les trois pays les plus communistes d'Europe sont la Finlande, la France et la Belgique. Avec 55% d'interventionnisme, la Belgique est l'Etat communiste européen par excellence. Cuba en mer du Nord, en quelque sorte.