Plusieurs journaux ont sacrifié à la mode des classements des personnes les plus riches. Ceci a permis à la plupart des lecteurs de connaître l'existence d'un homme discret mais efficace, Eric Wittouck, qui est devenu le Belge le plus riche, pour la première fois. Tout de suite, certains ont cru devoir émettre des critiques, sans doute d'abord en raison de sa richesse, puis parce que l'intéressé vit à Monaco et que ses affaires sont dirigées depuis le Luxembourg.
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Plusieurs journaux ont sacrifié à la mode des classements des personnes les plus riches. Ceci a permis à la plupart des lecteurs de connaître l'existence d'un homme discret mais efficace, Eric Wittouck, qui est devenu le Belge le plus riche, pour la première fois. Tout de suite, certains ont cru devoir émettre des critiques, sans doute d'abord en raison de sa richesse, puis parce que l'intéressé vit à Monaco et que ses affaires sont dirigées depuis le Luxembourg. Ils'agit là d'une approche doublement erronée. Eric Wittouck a réussi à prospérer grâce à des investissements judicieux qui ont eu comme résultat que des Belges ont eu un rôle important dans plusieurs entreprises internationales de premier plan. C'est quelque chose qu'il faut cesser de jalouser. On doit au contraire s'en inspirer et se réjouir que de telles personnes existent. L'aspiration à l'égalité est bien légitime mais si l'on veut que l'égalité soit un vrai progrès, il faut s'efforcer de donner aux pauvres plus de chances de devenir riches et non, comme le font beaucoup d'Etats et comme le veulent de nombreux doctrinaires, appauvrir les riches. Lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, leur fortune est légitime, ils sont un modèle à essayer d'imiter et ne doivent pas être un objet d'envie. L'autre aspect de la critique est également dénué de justification. Le fait de choisir de vivre à l'étranger, même si c'est pour des raisons fiscales, n'est pas critiquable en soi. Chacun vit où il veut, et peut aimer ou non vivre à Monaco. On paie les impôts là où on bénéficie des services publics, cela paraît logique. Si on vit ailleurs qu'en Belgique, on ne paie pas l'impôt sur le revenu en Belgique. Et s'il s'avère que le choix d'une société ayant son siège réel au Luxembourg pour mener des affaires au niveau international est judicieux, il ne faut pas le reprocher à ceux qui créent des sociétés dans ce pays. Ce qu'il faut en revanche constater, c'est que beaucoup de Belges fortunés ne vivent plus en Belgique. Ce n'est pas leur faute mais celle d'un Etat qui, par démagogie, fait tout pour les faire fuir. La Belgique n'est pas un pays attrayant pour les riches. Nous avons connu une période d'immigration d'anciens chefs d'entreprises français. Ils ne venaient pas chez nous parce que notre régime fiscal était favorable, mais seulement parce que celui de la France était encore pire. Et aujourd'hui, avec la suppression de l'impôt sur la fortune, ils ne viennent pratiquement plus en Belgique. Au contraire, doucement, les Belges les plus fortunés quittent le pays, qui est l'un des plus taxés au monde et qui offre très peu de stabilité sur le plan fiscal. Ils ne sont pas les seuls: les créateurs de start-up, jeunes ambitieux, ne créent pas les entreprises d'avenir en Belgique, pays où ils ont compris que s'ils échouaient, ils perdaient tout, tandis que s'ils réussissaient, l'Etat leur prendrait la moitié de leurs gains. Il serait temps que l'on comprenne qu'attirer les créateurs d'entreprises, c'est autrement plus efficace que de lancer avec fracas des "Plans Marshall"