Au lendemain d'une canicule sans précédent en Europe, symptôme sans équivoque du réchauffement de la planète, la BEI, bailleur de fonds de l'Union, basé au Luxembourg, a indiqué vouloir "accroître son soutien à la transition énergétique dans l'UE".

Dans une vidéo postée vendredi sur Twitter, l'Irlandais Andrew McDowell, l'un des huit vice-présidents de la BEI, a estimé qu'arrêter de financer les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) était "conforme aux engagements pris par l'Europe lors de l'accord de Paris sur le climat".

Signé en 2015, cet accord prévoit de contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique "bien au-dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels" et si possible de viser à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures" à 1,5 degré. Pour y arriver, il faudrait réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, dont les énergies fossiles sont à l'origine.

S'il est approuvé par les 28 de l'UE, ce projet serait un revirement total de la politique de la BEI: en 2018, la Banque a fourni 2,5 milliards d'euros pour des projets dans le domaine des énergies fossiles, dont l'essentiel a été consacré aux gazoducs.

Ce projet a aussitôt été salué par la branche européenne de l'ONG américaine Friends of the Earth. "C'est un rayon de lumière dans l'obscurité", a déclaré Colin Roche dans un communiqué.

"Pendant que l'UE et les gouvernements nationaux pataugent et que la planète brûle, la banque publique de l'UE a fait la proposition courageuse, correcte et juste d'arrêter de financer des projets dans le domaine des énergies fossiles", a-t-il ajouté.

"Nous exhortons à présent le conseil des gouverneurs de la BEI (qui rassemble les 28 ministres --généralement des Finances-- des pays de l'UE, ndlr) à approuver ce pas en avant", a-t-il poursuivi.

"Ces discussions vont commencer en septembre", a précisé M. McDowell, sur Twitter, ajoutant "c'est au conseil des gouverneurs de décider de la politique de la Banque".

Ce virage vert proposé par la BEI survient dix jours après une promesse faite par la future présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, de transformer la BEI en une "banque du climat" afin de soutenir une politique plus verte.