"L'organisation se trouve dans une crise profonde. Nous devons le reconnaître", a affirmé la commissaire européenne au Commerce lors d'un débat consacré aux 75 ans des accords de Bretton Woods à la Banque de France, à la veille d'une rencontre des ministres des Finances du G7 à Chantilly (Oise).

Si l'organe de règlement des différends (ORD) "est bloqué, ce qui aura probablement lieu en décembre, du moins temporairement, nous n'aurons plus de surveillance" des accords commerciaux, a-t-elle poursuivi.

"Si nous n'avons plus de règles, chacun pourra dès lors faire ce qu'il veut (...) et ceci sera très mauvais, principalement pour les petits pays et ceux en développement" a-t-elle ajouté, réitérant son appel à réformer l'OMC.

Les Etats-Unis refusent depuis des mois d'approuver la nomination de nouveaux juges à l'ORD, souvent surnommé la cour suprême du commerce mondial, qui pourrait ainsi se retrouver paralysé en décembre, date à laquelle, en raison des départs prévus, l'organe d'appel n'aura plus suffisamment de juges pour fonctionner.

Cet organe est chargé de trancher les conflits commerciaux, portant par exemple sur des subventions indues ou encore des barrières réglementaires injustifiées, ayant pour conséquence de restreindre l'accès au marché d'un ou plusieurs Etats membres.

L'OMC, comme quasiment toutes les institutions internationales, est vivement critiquée par le président américain Donald Trump, qui préfère de loin les confrontations bilatérales aux tractations multilatérales.