Au sein de la Vivaldi, on préfère toutefois relever que ces chiffres s'avèrent moins dramatiques que ce qui était craint il y a quelques mois encore et, surtout, que le mouvement devrait s'accélérer l'an prochain pour ramener le déficit fédéral à 16 milliards d'euros.
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Au sein de la Vivaldi, on préfère toutefois relever que ces chiffres s'avèrent moins dramatiques que ce qui était craint il y a quelques mois encore et, surtout, que le mouvement devrait s'accélérer l'an prochain pour ramener le déficit fédéral à 16 milliards d'euros. A gauche, on y trouve donc un bel argument pour plaider la poursuite d'une politique généreuse et éviter ainsi que de trop vigoureux tours de vis budgétaires ne viennent étouffer la reprise économique. Cela peut se comprendre à l'heure des plans de relance et des stratégies de rattrapage dans les investissements publics. A condition de prévoir dès à présent, le ralentissement de la machine, avec un horizon pas trop lointain de retour sur des rails budgétaires plus orthodoxes. Or, à ce stade, nous n'en voyons pas la moindre esquisse. Les réformes avancées par les ministres lors de cette rentrée politique - que ce soit dans les pensions ou un nouveau tax shift qui supprimerait la cotisation spéciale de sécurité sociale - sont au mieux budgétairement neutres. C'est insuffisant à terme, même en tablant sur de toujours très aléatoires effets retours. L'Open Vld invite certes à produire un effort de 2 à 3 milliards d'euros dans le prochain budget mais sans se risquer à préciser où trouver ces marges de manoeuvre. Les libéraux pourront cependant s'appuyer sur une récente analyse de la Banque nationale, qui détaille l'ampleur des dépenses publiques belges (n°3 européen, derrière la France et la Finlande). Ces dépenses sont comparativement plus importantes en Belgique dans l'enseignement (pour des résultats loin de ceux de la Finlande...), le fonctionnement des administrations et les subventions salariales, qui vont des exonérations de précompte professionnel au système des titres-services. Cela indique a priori les pistes d'économies qui devraient être privilégiées. Encore faut-il que libéraux, socialistes, écologistes et démocrates-chrétiens parviennent à s'entendre sur le sujet, ce qui n'est vraiment pas gagné d'avance. Bref, l'horizon reste très flou, ce qui n'est jamais réjouissant pour les acteurs économiques. A quelle sauce leurs revenus seront-ils mangés quand - dans un an, dans deux ans, dans cinq ans - on s'attaquera enfin à ce déficit budgétaire? Ils entendent les petites phrases des uns et des autres, les hésitations sur l'avenir énergétique du pays, les propositions sur la mobilité (personne n'avait vu venir la piste des transports en commun gratuits, imaginée par le PS)... Ces ballons d'essai restent "ancrés dans l'esprit des investisseurs et des entrepreneurs", rappelle l'administrateur délégué de la FEB Pieter Timmermans dans une carte blanche publiée par Le Soir. "Dans le monde des entreprises, une telle approche conduit inévitablement à une attitude attentiste et plonge les investissements dans un climat incertain, écrit-il. Les investisseurs internationaux, extrêmement importants pour notre pays, assistent également à ce spectacle. Le problème, c'est que lorsque la confiance s'enfuit au galop, elle revient au trot." Alexander De Croo, cavalier chevronné, appréciera l'analogie. Jusqu'ici, il n'est jamais parvenu à imprimer un galop d'équipe à sa coalition, à susciter cette forme d'enthousiasme collectif qui permet de surmonter les divergences au sein de ces attelages hétéroclites que sont généralement les gouvernements belges. Y parviendra-t-il à l'occasion du passage de la gestion de crise sanitaire au pilotage de la reprise économique?