"Les taxes énergétiques ne sont pas la seule solution, mais nous ne pouvons pas enrayer le changement climatique sans elles", a insisté dans un communiqué Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE. "Elles devraient être appliquées de manière équitable au service du bien-être et de la transition énergétique des populations vulnérables", a-t-il estimé.

Selon l'étude de l'organisation, qui porte sur 44 pays responsables de plus de 80% des émissions d'origine énergétique et dont la version intégrale sera disponible en octobre, 97% des émissions de CO2 liées à l'énergie hors transport routier sont même taxées en-deçà des niveaux correspondant aux dommages environnementaux qu'elles occasionnent.

Seuls quatre pays étudiés (Danemark, Norvège, Pays-Bas et Suisse) possèdent un taux d'imposition des émissions non routières supérieur à l'estimation basse du coût climatique des émissions de carbone (30 euros la tonne de CO2). Dans de nombreux autres pays, le taux d'imposition tend même à diminuer ces dernières années.

"Les taxes sur les carburants routiers tiennent rarement compte de l'intégralité du coût induit par les atteintes à l'environnement. Certaines composantes du secteur des transports routiers bénéficient même de taux préférentiels", regrette encore l'OCDE.

"Dans la plupart des pays étudiés, le charbon, qui est à l'origine de près de la moitié des émissions de CO2 d'ordre énergétique, n'est que peu ou pas taxé alors que le gaz naturel, pourtant plus propre, l'est souvent davantage. Dans le transport aérien et maritime, la non-taxation des carburants fait que ceux qui voyagent souvent sur les vols long courrier ainsi que les compagnies de fret maritime ne paient pas leur dû", ajoute-t-elle.

Dans ce contexte, l'OCDE juge "essentiel" de "revoir la fiscalité, mais aussi les subventions publiques et l'investissement pour encourager la décarbonation du secteur de l'énergie, des transports, de l'industrie et de l'agriculture".