"Pour être honnête, c'est la catastrophe budgétaire", lance Maxime Prévot. Pour les communes, l'inflation record et la hausse des prix énergétiques représentent des chocs financiers plus conséquents que la crise sanitaire.
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"Pour être honnête, c'est la catastrophe budgétaire", lance Maxime Prévot. Pour les communes, l'inflation record et la hausse des prix énergétiques représentent des chocs financiers plus conséquents que la crise sanitaire. L'exercice propre en 2022 risque, selon une simulation de Belfius Strategic Research, d'être dans le rouge à raison de 195 millions d'euros en Wallonie et près de 90 millions à Bruxelles. Les raisons? D'une part, la hausse des coûts salariaux, de la facture énergétique et des matériaux de construction. D'autre part, plusieurs recettes fiscales ne seront pas adaptées à l'inflation avant 2023 ou 2024. "Certains éléments étaient imprévisibles et vont peser lourdement dans le budget", ajoute le bourgmestre de Namur. Les budgets communaux ont été évalués lorsque l'inflation n'était pas encore d'actualité. A l'époque, il n'était question que d'une seule indexation salariale contre quatre à présent, ce qui représente des dépenses supplémentaires de 85 et 45 millions d'euros pour la Wallonie et Bruxelles. Au moment d'élaborer leurs budgets, les communes wallonnes avaient misé sur une hausse de 10% des dépenses énergétiques et Bruxelles prévoyait un budget à la baisse de 7% alors que la facture sera sans doute multipliée par deux, voire trois pour le gaz. L'augmentation se chiffrera à 65 millions d'euros pour les communes wallonnes et 12,5 millions d'euros pour Bruxelles. Cependant, contrairement aux indexations salariales, la hausse des coûts énergétiques peut être lissée par des contrats à tarif fixe, par la performance énergétique des bâtiments, rappelle Arnaud Dessoy, spécialiste des finances locales chez Belfius.CAMILLE DELANNOIS