Le nouveau coronavirus a fait plus de 1,07 million de morts dans le monde. En Europe, la France, l'Espagne et l'Angleterre, qui font face à une nouvelle vague d'infections, multiplient les mesures ciblées pour éviter un confinement généralisé dévastateur pour l'économie.

Le FMI table désormais sur une contraction du Produit intérieur brut (PIB) mondial de 4,4% cette année contre 5,2% estimé en juin.

"Vivre avec le nouveau coronavirus est un défi pas comme les autres, mais le monde s'adapte", estime son économiste en chef Gita Gopinath, dans un blog accompagnant le dernier rapport de l'institution sur les prévisions mondiales.

La révision pour cette année reflète des données économiques meilleures que prévu enregistrées au deuxième trimestre, principalement dans les pays avancées --Europe et Etats-Unis -- mais aussi en Chine.

Toutes les régions du monde sont concernées par cette amélioration exception faite des économies émergentes et en développement, dont la prévision a été abaissée de 0,2 point à -3,3%.

Le PIB des Etats-Unis, première économie du monde, va plonger de 4,3% contre 8% estimé précédemment, celui de la zone euro va chuter de 8,3%, celui de la France de 9,8%.

"Pour autant, cette crise est loin d'être terminée", a souligné Gita Gopinath.

Face à l'immense incertitude, l'institution de Washington a une nouvelle fois révisé en baisse le rythme de la reprise attendu l'an prochain (+5,2%, -0,2 point).

- 28.000 milliards de pertes -

"L'ascension sera probablement longue, inégale et incertaine", a résumé l'économiste, soulignant que depuis les prévisions de juin, "les perspectives se sont considérablement détériorées dans certains pays émergents et en développement où les infections augmentent rapidement".

Après la contraction historique en 2020 et la reprise en 2021, le niveau du PIB mondial ne devrait être au final que très légèrement supérieur à celui de 2019, détaille le FMI.

A moyen terme, les perspectives sont aussi moroses puisque la distanciation sociale va probablement persister jusqu'à la fin de 2022, empêchant un véritable rebond économique.

De plus, on ne peut pas exclure un scénario du pire avec une intensification des vagues d'infections combinée à un ralentissement des progrès sur les traitements et les vaccins, obligeant les autorités à des mesures plus draconiennes.

Dans ce contexte, remettre l'économie mondiale sur la trajectoire prévue avant la pandémie est compromis. Le FMI a d'ailleurs fait ses calculs: la perte cumulée de PIB pour la période 2020-2025 est estimée à 28.000 milliards de dollars dont 11.000 milliards pour 2020-2021.

"C'est un sérieux revers à l'amélioration du niveau de vie" dans tous les pays, a réagi Gita Gopinath.

- Ecoles fermées, un "sacrifice" -

Comme la Banque mondiale, le FMI déplore que cette crise ait anéanti les progrès accomplis depuis les années 90 dans la réduction de la pauvreté dans le monde et le fait qu'elle augmente les inégalités.

La fermeture des écoles, "un sacrifice" pour des générations entières, pose "un défi supplémentaire", dit-il.

"Ce sont des temps difficiles, mais il y a quelques raisons d'espérer", a toutefois tempéré Gita Gopinath. "Les tests se sont intensifiés, les traitements s'améliorent et les essais de vaccins se déroulent à un rythme sans précédent, certains étant maintenant au stade final des essais".

Elle note en outre que la solidarité internationale s'est renforcée.

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, insiste depuis des semaines sur un élément clé: garantir que toutes les innovations (tests, traitements ou vaccins) soient produites à grande échelle et au profit de tous les pays.

"Cet effort devrait inclure une forte composante multilatérale pour aider à distribuer des doses (de vaccins) à tous les pays à des prix abordables", abonde Gita Gopinath.

En attendant un vaccin, les responsables du Fonds recommandent aux gouvernements de maintenir leur aide aux plus vulnérables et d'augmenter les investissements publics en se focalisant sur les projets "verts", générateurs de plus d'emplois.

Le scénario du pire reste possible pour l'économie mondiale à cause de la pandémie du coronavirus

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une récession de 4,4% cette année mais la grande incertitude entourant la pandémie de Covid-19 a conduit l'institution à envisager un scénario du pire.

Dans son dernier rapport sur les perspectives mondiales publié mardi, les économistes de l'institution émettent l'hypothèse que le virus soit difficile à contrôler. Ils supposent en outre qu'en 2021, "les progrès sur tous les fronts dans la lutte contre le virus se révèlent plus lents que prévu (...) y compris les progrès en matière de vaccins, de traitements et de respect des directives de distanciation sociale pour contenir la propagation du virus".

Ceci conduit alors à une détérioration de l'activité dans les secteurs économiques où le contact est primordial, comme la restauration, avec des répercussions possibles sur d'autres pans de l'économie.

En conséquence, par rapport au scénario de référence, la récession mondiale serait aggravée. En 2021, la croissance ne serait plus que de quelque 2,2% contre 5,2%, estimé dans le scénario de référence.

A contrario, dans un scénario optimiste, la lutte contre le Covid-19 est plus efficace que prévu, présume le FMI.

Les progrès réalisés sur les traitements commencent rapidement à réduire le taux de mortalité; la peur diminue parmi les populations et la confiance revient.

De plus, "une accélération précoce et substantielle des investissements dans les capacités de production de vaccins et des accords de coopération dans la chaîne d'approvisionnement mondiale conduisent à une disponibilité précoce et généralisée des vaccins", poursuivent les économistes du Fonds.

Tout ceci se traduirait par une confiance accrue dans l'efficacité et l'innocuité des vaccins, conduisant à des vaccinations généralisées.

Ces avancées permettraient alors à l'activité des secteurs économiques nécessitant beaucoup de contacts -- hôtellerie, restauration, tourisme, loisirs -- de rebondir plus rapidement qu'anticipé dans le scénario de référence.

Dans ce scénario du meilleur, la croissance mondiale s'accélère progressivement, avec une hausse du PIB d'environ 0,5 point de pourcentage plus élevée en 2021, soit 5,7%.

Le nouveau coronavirus a fait plus de 1,07 million de morts dans le monde. En Europe, la France, l'Espagne et l'Angleterre, qui font face à une nouvelle vague d'infections, multiplient les mesures ciblées pour éviter un confinement généralisé dévastateur pour l'économie.Le FMI table désormais sur une contraction du Produit intérieur brut (PIB) mondial de 4,4% cette année contre 5,2% estimé en juin. "Vivre avec le nouveau coronavirus est un défi pas comme les autres, mais le monde s'adapte", estime son économiste en chef Gita Gopinath, dans un blog accompagnant le dernier rapport de l'institution sur les prévisions mondiales. La révision pour cette année reflète des données économiques meilleures que prévu enregistrées au deuxième trimestre, principalement dans les pays avancées --Europe et Etats-Unis -- mais aussi en Chine. Toutes les régions du monde sont concernées par cette amélioration exception faite des économies émergentes et en développement, dont la prévision a été abaissée de 0,2 point à -3,3%. Le PIB des Etats-Unis, première économie du monde, va plonger de 4,3% contre 8% estimé précédemment, celui de la zone euro va chuter de 8,3%, celui de la France de 9,8%."Pour autant, cette crise est loin d'être terminée", a souligné Gita Gopinath.Face à l'immense incertitude, l'institution de Washington a une nouvelle fois révisé en baisse le rythme de la reprise attendu l'an prochain (+5,2%, -0,2 point).- 28.000 milliards de pertes -"L'ascension sera probablement longue, inégale et incertaine", a résumé l'économiste, soulignant que depuis les prévisions de juin, "les perspectives se sont considérablement détériorées dans certains pays émergents et en développement où les infections augmentent rapidement".Après la contraction historique en 2020 et la reprise en 2021, le niveau du PIB mondial ne devrait être au final que très légèrement supérieur à celui de 2019, détaille le FMI. A moyen terme, les perspectives sont aussi moroses puisque la distanciation sociale va probablement persister jusqu'à la fin de 2022, empêchant un véritable rebond économique.De plus, on ne peut pas exclure un scénario du pire avec une intensification des vagues d'infections combinée à un ralentissement des progrès sur les traitements et les vaccins, obligeant les autorités à des mesures plus draconiennes.Dans ce contexte, remettre l'économie mondiale sur la trajectoire prévue avant la pandémie est compromis. Le FMI a d'ailleurs fait ses calculs: la perte cumulée de PIB pour la période 2020-2025 est estimée à 28.000 milliards de dollars dont 11.000 milliards pour 2020-2021."C'est un sérieux revers à l'amélioration du niveau de vie" dans tous les pays, a réagi Gita Gopinath. - Ecoles fermées, un "sacrifice" -Comme la Banque mondiale, le FMI déplore que cette crise ait anéanti les progrès accomplis depuis les années 90 dans la réduction de la pauvreté dans le monde et le fait qu'elle augmente les inégalités.La fermeture des écoles, "un sacrifice" pour des générations entières, pose "un défi supplémentaire", dit-il."Ce sont des temps difficiles, mais il y a quelques raisons d'espérer", a toutefois tempéré Gita Gopinath. "Les tests se sont intensifiés, les traitements s'améliorent et les essais de vaccins se déroulent à un rythme sans précédent, certains étant maintenant au stade final des essais". Elle note en outre que la solidarité internationale s'est renforcée.La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, insiste depuis des semaines sur un élément clé: garantir que toutes les innovations (tests, traitements ou vaccins) soient produites à grande échelle et au profit de tous les pays."Cet effort devrait inclure une forte composante multilatérale pour aider à distribuer des doses (de vaccins) à tous les pays à des prix abordables", abonde Gita Gopinath.En attendant un vaccin, les responsables du Fonds recommandent aux gouvernements de maintenir leur aide aux plus vulnérables et d'augmenter les investissements publics en se focalisant sur les projets "verts", générateurs de plus d'emplois.