La différence salariale est même légèrement remontée par rapport à 2018 où elle était de 8,6%, un chiffre qui marquait alors un plus bas depuis la création de ces statistiques en 1997. En 2012, l'écart était de 9,5%.

L'ONS, dont la publication couvre les douze mois achevés en avril, observe que cet écart évolue énormément selon les âges: quasi-nul pour les moins de 40 ans, il monte à 11,4% entre 40 et 49 ans et davantage encore, à 15%, à partir de 50 ans.

Ces chiffres s'expliquent par le fait que les femmes de plus 40 ans ont tendance à travailler plus souvent à temps partiel et donc à être moins rémunérées. Elles sont en outre moins représentées dans les postes à responsabilité que les hommes.

Pour l'ensemble des personnes employées, qu'elles soient à temps plein ou temps partiel, l'écart de salaires entre les femmes et les hommes a atteint 17,3% en 2019.

Parmi les métiers, l'écart est le plus élevé chez les charpentiers et menuisiers (44%), chez les ouvriers dans l'énergie (41%), les pilotes et ingénieurs d'aviation (36%).

En revanche, les femmes gagnent plus que les hommes dans quelques secteurs, comme chez les archivistes et les conservateurs de musée (36%) ou les professions administratives et le secrétariat (25%).

Les inégalités de salaires à l'avantage des hommes, particulièrement fortes parmi les postes à responsabilité dans la finance (30%), avaient conduit une centaine de femmes d'affaires britanniques à lancer début octobre une campagne de sensibilisation, se regroupant derrière l'intitulé #MeTooPay, dans la foulée du mouvement #MeToo contre les agressions sexuelles.

Le gouvernement britannique impose quant à lui depuis 2017 à toutes les entreprises de plus de 250 salariés de publier les écarts de salaires au sein de leurs effectifs.

Syndicats et associations de lutte contre les inégalités s'alarment de leur côté de la persistance de cet écart salarial et appellent pouvoirs publics et entreprises à agir davantage.

"Le gouvernement doit accélérer le pas. Il est clair que publier les écarts de salaires hommes-femmes ne suffit pas. Les entreprises doivent aussi être forcées d'expliquer comment elles vont les résorber", estime Frances O'Grady, secrétaire générale de la confédération syndical TUC.

Pour Sam Smethers, directrice exécutive de la Fawcett Society, association qui milite pour les droits des femmes, "les progrès pour mettre fin à l'écart salarial sont lamentablement faibles et à ce rythme il faudra 60 ans pour l'éradiquer".

Côté entreprises, Jane Gratton, une responsable des Chambres de commerce britanniques, reconnaît qu'il faut "agir plus" afin d'aider "les femmes à occuper des postes à responsabilités". Mais, selon elle, "dénoncer les employeurs est un instrument inefficace".

Parmi les cas médiatisés récemment, une employée de la division d'investissements de BNP Paribas à la City de Londres a gagné son procès contre la banque. En plus d'actes de harcèlement moral, elle l'accusait notamment de payer largement plus un collègue qui faisait le même travail qu'elle.