Dans ma dernière chronique, j'avais annoncé que la reprise économique était très forte et que la Bourse était au zénith. Un auditeur en a conclu que je me réjouissais de cette reprise économique alors que c'est une catastrophe pour l'humanité. Ce même auditeur m'envoie une kyrielle de chiffres montrant que les émissions de carbone ont reprise de plus belle. Je ne connais personne dans le monde économique qui se réjouit du réchauffement climatique. Un patron d'entreprise est aussi un père ou une mère de famille et ceux et celles que je côtoie sont aussi interpelés par le dérèglement du climat que n'importe quel citoyen. Bien sûr, on le sait tous : la croissance ne suffit pas à tout régler, mais sans elle, on l'a vu en durant le covid-19, tout se détraque.

Denis Olivennes, qui appartient à la gauche, l'a encore démontré dans son dernier livre : "moins de croissance, c'est plus de chômage, moins de pouvoir d'achat, moins de moyens pour les services publics, plus d'impôts. Ce même écrivain cite le cas de son pays, la France : moins de croissance, c'est du coup comme on dit aujourd'hui, "un jour, on a une flambée en banlieue, le lendemain, la crise des gilets jaunes, et le jour d'après, une révolte des fonctionnaires". Le même schéma est bien entendu valable pour notre Belgique.

Le vrai défi, c'est la décroissance du CO2, mais sans la décroissance de la richesse collective. A cela, certains rétorquent qu'il n'est pas possible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini. Oui, l'argument sonne bien et frappe fort, mais d'autres - excusez-moi d'en parler - pensent que c'est possible. Comment ? Mais en utilisant la ressource inépuisable du cerveau humain et en s'appuyant sur l'innovation - n'oublions pas que d'autres "désastrologues" nous ont promis la fin du monde durant les années 70. Notamment les économistes du fameux Club de Rome et son cri d'alarme "halte à la croissance". En fait, l'auditeur qui a réagi à cette chronique a bien fait de m'interpeler. Il me force à préciser le débat d'aujourd'hui. Il a raison, "la croissance doit cesser d'être l'angle mort du débat public pour devenir son centre nodal".

L'avantage de Denis Olivennes, que je cite aujourd'hui, c'est que c'est un intellectuel de gauche qui se demande si la gauche ne se trompe pas de combat. Bien entendu, personne ne met en cause le réchauffement climatique et l'urgence d'agir. Denis Olivennes se pose juste la question de savoir si la transition écologique sacrificielle et brutale qu'on nous propose ne va pas jeter les classes moyennes dans les bras des populistes partout en Europe. J'ai un ami qui croit qu'il est bouddhiste parce qu'il boit du thé vert et a une calvitie. J'essaie pour ma part d'être un peu plus subtil au fil de ces chroniques que vous me faites l'honneur de lire chaque jour.

Dans ma dernière chronique, j'avais annoncé que la reprise économique était très forte et que la Bourse était au zénith. Un auditeur en a conclu que je me réjouissais de cette reprise économique alors que c'est une catastrophe pour l'humanité. Ce même auditeur m'envoie une kyrielle de chiffres montrant que les émissions de carbone ont reprise de plus belle. Je ne connais personne dans le monde économique qui se réjouit du réchauffement climatique. Un patron d'entreprise est aussi un père ou une mère de famille et ceux et celles que je côtoie sont aussi interpelés par le dérèglement du climat que n'importe quel citoyen. Bien sûr, on le sait tous : la croissance ne suffit pas à tout régler, mais sans elle, on l'a vu en durant le covid-19, tout se détraque. Denis Olivennes, qui appartient à la gauche, l'a encore démontré dans son dernier livre : "moins de croissance, c'est plus de chômage, moins de pouvoir d'achat, moins de moyens pour les services publics, plus d'impôts. Ce même écrivain cite le cas de son pays, la France : moins de croissance, c'est du coup comme on dit aujourd'hui, "un jour, on a une flambée en banlieue, le lendemain, la crise des gilets jaunes, et le jour d'après, une révolte des fonctionnaires". Le même schéma est bien entendu valable pour notre Belgique. Le vrai défi, c'est la décroissance du CO2, mais sans la décroissance de la richesse collective. A cela, certains rétorquent qu'il n'est pas possible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini. Oui, l'argument sonne bien et frappe fort, mais d'autres - excusez-moi d'en parler - pensent que c'est possible. Comment ? Mais en utilisant la ressource inépuisable du cerveau humain et en s'appuyant sur l'innovation - n'oublions pas que d'autres "désastrologues" nous ont promis la fin du monde durant les années 70. Notamment les économistes du fameux Club de Rome et son cri d'alarme "halte à la croissance". En fait, l'auditeur qui a réagi à cette chronique a bien fait de m'interpeler. Il me force à préciser le débat d'aujourd'hui. Il a raison, "la croissance doit cesser d'être l'angle mort du débat public pour devenir son centre nodal". L'avantage de Denis Olivennes, que je cite aujourd'hui, c'est que c'est un intellectuel de gauche qui se demande si la gauche ne se trompe pas de combat. Bien entendu, personne ne met en cause le réchauffement climatique et l'urgence d'agir. Denis Olivennes se pose juste la question de savoir si la transition écologique sacrificielle et brutale qu'on nous propose ne va pas jeter les classes moyennes dans les bras des populistes partout en Europe. J'ai un ami qui croit qu'il est bouddhiste parce qu'il boit du thé vert et a une calvitie. J'essaie pour ma part d'être un peu plus subtil au fil de ces chroniques que vous me faites l'honneur de lire chaque jour.