- Première leçon : les sondeurs restent dans le brouillard. Les sondages une fois encore ont été incapables de dresser une carte électorale assez fine pour éviter les surprises. Ainsi, alors que certains instituts prédisaient une vague bleue (couleur démocrate), de grands états cruciaux, comme la Floride ou le Texas, sont restés républicains et dans plusieurs autres états pivots, les fameux "swing states", le président républicain sortant semble avoir l'avantage. La grande inconnue reste les résultats du vote par correspondance, dont le dépouillement, dans plusieurs Etats, pourrait prend...

- Première leçon : les sondeurs restent dans le brouillard. Les sondages une fois encore ont été incapables de dresser une carte électorale assez fine pour éviter les surprises. Ainsi, alors que certains instituts prédisaient une vague bleue (couleur démocrate), de grands états cruciaux, comme la Floride ou le Texas, sont restés républicains et dans plusieurs autres états pivots, les fameux "swing states", le président républicain sortant semble avoir l'avantage. La grande inconnue reste les résultats du vote par correspondance, dont le dépouillement, dans plusieurs Etats, pourrait prendre plusieurs jours. Un signe ? depuis 1964, le candidat qui emporte l'Ohio gagne la Maison Blanche. Et cette fois encore, Donald Trump y a remporté la victoire.- Deuxième leçon. L'électorat républicain est bien moins friable qu'annoncé. Plusieurs explications "après coup" peuvent être avancées. Il y a d'abord la base conservatrice religieuse très importante aux Etats-Unis, qui constitue un large support pour les républicains. Il y a le sentiment, dans l'électorat ouvrier, que Donald Trump est le seul à avoir tenté de préserver leur emploi. Il a en tout cas réussi à arrêter, au cours des trois premières années de son mandat, l'hémorragie d'emplois industriels jusqu'en 2019. Il y a le "gerrymandering" (réalisé pour la première fois par le gouverneur Gerry, et qui donnait à sa circonscription une forme de salamandre, "salamander" en anglais), le redécoupage partisan des circonscriptions électorales réalisé par les républicains à la faveur des élections de 2010. Il leur permet de remporter davantage de circonscription avec le même nombre de vote. Un redécoupage qui n'a jamais été remis en cause par la Cour suprême américaine, et qui risque de ne pas l'être de sitôt puisque cette institution est désormais fortement dominée par les républicains.- Troisième leçon. Cette issue incertaine est le pire scénario pour les marchés. Nouriel Roubini, qui n'est pas précisément ce que l'on appelle un optimiste, avait déjà averti quelques jours avant les élections : "Trump et ses affidés ont clairement indiqué qu'ils utiliseront tous les moyens nécessaires pour voler l'élection ; et, étant donné le large éventail d'outils dont dispose le pouvoir exécutif, ils pourraient y parvenir si les premiers résultats des élections plutôt que de montrer une nette vague pro Biden, sont indécis". Roubini s'attend dans ce scénario à une chute de 10 à 20% de Wall Street.- Quatrième leçon. La fracture qui divise l'Amérique s'est un peu plus élargie encore. La scission entre une Amérique urbaine, située le long des côtes Est et Ouest pro démocrate et une Amérique profonde et sudiste est plus importante encore. Les slogans républicains contre le poids de l'Etat dans l'économie et les affaires sociales, et la défense du deuxième amendement, celui qui donne aux citoyens américains le droit de porter des armes, restent profondément ancrés au coeur de l'électorat populaire.