Regardons aujourd'hui les choses en face : malgré des sanctions économiques historiques, la Russie remporte une première victoire dans la bataille du rouble qui est revenu à son niveau d'avant-guerre. Quant à Macron, il vient d'avouer que Poutine ne comptait pas arrêter cette guerre de sitôt. Raison pour laquelle la question posée en première du New York Times par le prix Nobel d'économie Paul Krugman reste plus que jamais d'actualité : si la guerre perdure, n'est-ce pas la responsabilité indirecte des Allemands ?

Chacun sait que la seule restriction susceptible d'abréger cette guerre, c'est la fin des importations du gaz russe par les Européens. C'est la dernière source de revenus de la Russie et les recettes de cette ressource ont même augmenté durant cette guerre. Or, chacun sait aussi que l'Allemagne est le pays le plus réticent à fermer le robinet énergétique parce que ce pays dépend à 55% du gaz russe. Comme le fait remarquer Paul Krugman, le gouvernement allemand semble écouter uniquement les industriels allemands qui lui disent en substance que si le gaz russe devait être coupé, ce serait la catastrophe pour l'économie allemande dans son ensemble. Paul Krugman conteste cette vision. D'autres études vont dans la même direction et semblent dire que si ce priver du gaz russe sera difficile, ce sera aussi surmontable moyennant quelques efforts. Mais rien n'y fait, le gouvernement allemand estime qu'il ne peut pas demander à ses citoyens et à ses industriels de se passer du gaz russe, l'effort serait trop fort. C'est là que l'argument du prix Nobel d'économie Paul Krugman est le plus fort. J'explique sa pensée : l'Allemagne a toujours donné des leçons de morale aux autres pays. Quand la crise de la dette publique a éclaté en 2012, l'Allemagne a voulu punir la Grèce pour avoir trafiqué ses comptes publics. Elle a insisté pour qu'on instaure l'austérité malgré les sacrifices que cela imposait aux citoyens Grecs. L'idée était de donner une leçon : la croissance grecque a chuté de 21% et le chômage a grimpé à 27%, il fallait donc punir ces Grecs disaient les Allemands. Or, que dit Paul Krugman ? Que l'Allemagne n'a pas de mémoire. Ca fait des années et des années qu'on lui dit qu'elle est devenue trop dépendante du gaz russe. Mais ça fait des années que les Allemands n'écoutent pas et le résultat le voilà aujourd'hui.

Pour Paul Krugman, à l'inverse de la Grèce, l'Allemagne a reçu beaucoup plus d'avertissements d'arrêter sa mauvaise gestion. Mais si la morale joue un rôle dans la politique économique de l'Allemagne, on découvre que cette morale n'est valable que pour les petits pays et pas pour elle-même.

Paul Krugman en conclut que l'Allemagne est le maillon faible de la réponse du monde démocratique face à l'agression de la Russie.

Regardons aujourd'hui les choses en face : malgré des sanctions économiques historiques, la Russie remporte une première victoire dans la bataille du rouble qui est revenu à son niveau d'avant-guerre. Quant à Macron, il vient d'avouer que Poutine ne comptait pas arrêter cette guerre de sitôt. Raison pour laquelle la question posée en première du New York Times par le prix Nobel d'économie Paul Krugman reste plus que jamais d'actualité : si la guerre perdure, n'est-ce pas la responsabilité indirecte des Allemands ? Chacun sait que la seule restriction susceptible d'abréger cette guerre, c'est la fin des importations du gaz russe par les Européens. C'est la dernière source de revenus de la Russie et les recettes de cette ressource ont même augmenté durant cette guerre. Or, chacun sait aussi que l'Allemagne est le pays le plus réticent à fermer le robinet énergétique parce que ce pays dépend à 55% du gaz russe. Comme le fait remarquer Paul Krugman, le gouvernement allemand semble écouter uniquement les industriels allemands qui lui disent en substance que si le gaz russe devait être coupé, ce serait la catastrophe pour l'économie allemande dans son ensemble. Paul Krugman conteste cette vision. D'autres études vont dans la même direction et semblent dire que si ce priver du gaz russe sera difficile, ce sera aussi surmontable moyennant quelques efforts. Mais rien n'y fait, le gouvernement allemand estime qu'il ne peut pas demander à ses citoyens et à ses industriels de se passer du gaz russe, l'effort serait trop fort. C'est là que l'argument du prix Nobel d'économie Paul Krugman est le plus fort. J'explique sa pensée : l'Allemagne a toujours donné des leçons de morale aux autres pays. Quand la crise de la dette publique a éclaté en 2012, l'Allemagne a voulu punir la Grèce pour avoir trafiqué ses comptes publics. Elle a insisté pour qu'on instaure l'austérité malgré les sacrifices que cela imposait aux citoyens Grecs. L'idée était de donner une leçon : la croissance grecque a chuté de 21% et le chômage a grimpé à 27%, il fallait donc punir ces Grecs disaient les Allemands. Or, que dit Paul Krugman ? Que l'Allemagne n'a pas de mémoire. Ca fait des années et des années qu'on lui dit qu'elle est devenue trop dépendante du gaz russe. Mais ça fait des années que les Allemands n'écoutent pas et le résultat le voilà aujourd'hui.Pour Paul Krugman, à l'inverse de la Grèce, l'Allemagne a reçu beaucoup plus d'avertissements d'arrêter sa mauvaise gestion. Mais si la morale joue un rôle dans la politique économique de l'Allemagne, on découvre que cette morale n'est valable que pour les petits pays et pas pour elle-même.Paul Krugman en conclut que l'Allemagne est le maillon faible de la réponse du monde démocratique face à l'agression de la Russie.