A Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a réussi à ramener l'exercice à un climat plus consensuel, en multipliant les initiatives, avec au passage un coup diplomatique sur l'Iran.

Loin de ses menaces habituelles sur l'Iran, Donald Trump a déclaré avoir lui-même validé la visite surprise du chef de la diplomatie iranienne dimanche à Biarritz, en marge du sommet, même s'il n'a pas souhaité le rencontrer.

"Il est trop tôt pour le rencontrer", a-t-il dit. Mais sur le principe de la visite, le président Macron "a demandé mon accord. Je lui ai dit: si c'est ça que vous voulez, allez-y!", a-t-il raconté. "J'ai été au courant de tout ce qu'il faisait et j'ai approuvé", a-t-il assuré.

Ce déplacement surprise semble marquer une détente sur le dossier du nucléaire iranien alors que le Golfe semblait encore au bord de l'embrasement cet été après une série d'attaques de pétroliers et la destruction par l'Iran d'un drone américain.

"C'est un grand pas en avant", s'est félicitée la chancelière allemande Angela Merkel.

A Biarritz, M. Zarif n'a rencontré que le président Macron et son homologue français Jean-Yves Le Drian - qu'il avait déjà vus vendredi à Paris - ainsi que des représentants allemands et britanniques.

Mais il existe "maintenant une atmosphère qui permet des discussions", tout cela "en coordination avec les Etats-Unis et c'est déjà beaucoup", a souligné la chancelière.

A Téhéran, le président Hassan Rohani a aussi défendu l'option du dialogue, au nom des "intérêts nationaux", face à des critiques de l'aile dure du régime.

- "Extraordinairement irrespectueux -

"Si je sais que je vais à une réunion susceptible de conduire à la prospérité dans mon pays et de régler les problèmes des gens, je n'hésite pas", a-t-il lancé.

En 2018, Donald Trump est sorti avec fracas de l'accord de Vienne visant à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et a réintroduit de lourdes sanctions qui asphyxient l'économie iranienne.

Téhéran a répliqué en s'affranchissant progressivement de l'accord, au grand dam des Européens. Cet enchaînement provoqua une escalade des tensions dans le Golfe, où plusieurs pétroliers ont été arraisonnés et un drone américain abattu par l'Iran.

"Nous ne cherchons pas le changement de régime" à Téhéran mais "nous voulons un Iran de nouveau riche" et qu'il ne soit "pas nucléaire", a assuré Donald Trump, qui réclame un nouvel accord beaucoup plus contraignant.

Côté environnement, sujet sur lequel Donald Trump est souvent aux abonnés absent (il était d'ailleurs absent de la réunion sur le sujet à Biarritz, préférant avoir des rencontres bilatérales), le G7 a promis une aide d'urgence de 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d'eau lutter contre les feux de forêt en Amazonie.

Les sept pays les plus industrialisés (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Etats-Unis, Canada et Japon) ont aussi convenu de créer un volet d'aide à moyen terme destiné à la reforestation, qui sera finalisée au cours de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre.

La mobilisation d'Emmanuel Macron sur le sujet lui a valu une volée d'insultes au Brésil, où le président Jair Bolsonaro s'est même livré à un commentaire offensant pour la première Dame Brigitte Macron.

"Des propos extraordinairement irrespectueux", a déploré le chef de l'Etat, en souhaitant aux Brésiliens un président "qui se comporte à la hauteur".

- Vers un accord sur les GAFA -

Sur le front de la guerre commerciale avec la Chine, le président américain a aussi envoyé des signaux positifs, annonçant que les négociations avec Pékin reprendraient "très prochainement" malgré un nouveau bras-de-fer vendredi sur les droits de douane.

"Les Chinois veulent un accord (...) Je pense qu'on va en trouver un", a-t-il lancé, pressé par ses homologues du G7 d'agir pour éviter que ce conflit ne ruine l'économie mondiale.

Donald Trump et Emmanuel Macron semblent proches aussi d'un accord sur la taxation des géants du numérique, les "GAFA" - déjà introduite en France mais vivement décriée à Washington, après un week-end de délicates tractations.

"Ils veulent un accord et nous verrons si nous y arrivons. Nous sommes proches", a commenté M. Trump qui avait traité d'"imbécile" le président sur le sujet.

Le sommet s'est tenu pendant trois jours dans le décor très feutré de Biarritz, station balnéaire de renom sur les bords de l'Atlantique, qui avait été bouclée par les forces de l'ordre par crainte de débordements, avec quelque 13.000 policiers et gendarmes déployés dans toute la région.

Des militants anti-G7 ont participé à la mi-journée à une marche symbolique pour tenter de pénétrer jusqu'à la "zone rouge" du sommet à Biarritz, afin d'accuser "publiquement" les sept dirigeants d'"illégitimité".

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement français a globalement passé l'épreuve avec succès, lui qui voulait éviter à tout prix de voir le sommet émaillé de manifestations violentes comme la France en a connu l'hiver dernier lors de la crise des gilets jaunes.