La riposte des industriels de la chimie face aux réglementations régionales en matière d'utilisation des produits contenant du glyphosate est désormais connue. Leur association Phytofar (regroupant notamment Monsanto qui fabrique le Roundup, BASF, Bayer CropScience, etc.) a, en effet, introduit la semaine passée un recours contre la réglementation wallonne devant le Conseil d'Etat, avait dévoilé L'Echo. La Région bruxelloise faisait, déjà, l'objet d'un recours tandis que la Flandre pourrait bien être la prochaine sur la liste.
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La riposte des industriels de la chimie face aux réglementations régionales en matière d'utilisation des produits contenant du glyphosate est désormais connue. Leur association Phytofar (regroupant notamment Monsanto qui fabrique le Roundup, BASF, Bayer CropScience, etc.) a, en effet, introduit la semaine passée un recours contre la réglementation wallonne devant le Conseil d'Etat, avait dévoilé L'Echo. La Région bruxelloise faisait, déjà, l'objet d'un recours tandis que la Flandre pourrait bien être la prochaine sur la liste. Depuis le début de l'année, nos trois régions ont chacune pris des réglementations différentes limitant l'usage des produits à base de glyphosate, suspecté d'être cancérigène. L'association Phytofar regrette le surréalisme de la situation. Il est vrai qu'en Wallonie, les particuliers ne peuvent plus utiliser ces produits tandis que les professionnels le peuvent encore jusqu'au milieu de l'année prochaine. A Bruxelles, pros et particuliers sont logés à la même enseigne et ne peuvent plus les utiliser. La Flandre, elle, interdit l'usage des produits contenant du glyphosate aux particuliers mais les professionnels peuvent y recourir s'ils disposent d'un agrément spécifique. Et pour compliquer les choses, la vente de ces produits reste autorisée partout en Belgique puisque cette compétence relève du fédéral, lequel prépare toujours un texte sur ce sujet. Phytofar demande l'annulation de la réglementation wallonne prise en mars 2017 sur base du principe de précaution. Peter Jaeken, son secrétaire général, souligne que le combat de son association se situe au niveau du principe. Pour lui, ce ne sont pas les régions qui doivent statuer sur l'interdiction de l'usage alors que l'Europe planche déjà sur ces questions. " Nous voulons la clarté et que les décisions relatives aux produits interviennent au bon niveau de pouvoir, insiste-t-il. C'est pour cela essentiellement que nous avons saisi le Conseil d'Etat. Les arrêtés des régions manquent de cohérence face au cadre légal établi à l'échelle européenne et fédérale. En interdisant l'usage d'une substance active, voire toute une famille de substances sur la totalité de son territoire, la Wallonie fait fi de la réglementation européenne qui prévoit une procédure d'approbation des matières actives à l'échelle européenne et une autorisation de mise sur le marché des produits par les Etats membres. " Pour l'association belge des fabricants du secteur phytopharmaceutique, il n'existe à ce jour aucun consensus scientifique global sur la dangerosité du glyphosate et l'arrêté du gouvernement wallon aurait été pris sur des bases plus politiques que scientifiques. Les débats sur le glyphosate font rage partout dans le monde. Aux Etats-Unis se tient un important procès opposant Monsanto à un millier d'agriculteurs. Victimes d'un cancer touchant leur système lymphatique, ces derniers accusent le Roundup, célèbre herbicide du groupe, d'être la cause de leur maladie. En Europe, la Commission a rouvert le débat et les Etats membres procéderont à un vote pour savoir si la substance doit être interdite ou non pour une période de 10 ans. En marge de ce dossier, la Commission européenne vient d'annoncer son intention de mener une enquête approfondie sur le rachat de Monsanto par Bayer pour 66 milliards de dollars. J.P.C.