- La discussion -

C'est Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui a jeté un pavé dans la mare en publiant une tribune, jeudi dernier, dans le Washington Post qualifiant le plan Biden d'"admirablement ambitieux" mais avertissant aussi que celui-ci pourrait déclencher "des pressions inflationnistes inédites depuis une génération".

Des économistes tablent sur un mini boom à partir de l'été prochain.

Larry Summers va plus loin, évoquant un risque de surchauffe, c'est-à-dire une croissance économique qui n'est plus sous contrôle. La hausse de la demande pourrait être si forte que l'offre ne suit plus, ce qui provoquerait des hausses de prix excessives.

Le risque ultime est que l'économie passe d'une phase de forte croissance à une phase de récession sous l'effet d'un ralentissement de la consommation.

M. Summers a reçu le soutien d'Olivier Blanchard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, qui, lui, suggère dans un tweet d'accroître les impôts. Cette idée lui a valu une myriade de critiques de ses abonnés qui mettent en avant le fait que des millions d'Américains ont besoin d'une aide immédiate.

- Réponse de l'administration Biden -

Invitée de nombreux plateaux télé dimanche, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a estimé que le "risque le plus grand" était de ne pas aider suffisamment les travailleurs alors que l'économie compte 10 millions d'emplois en moins que l'an passé.

Mieux vaut faire plus que pas assez comme cela avait été le cas lors de la crise financière de 2008, si l'on veut éviter un impact économique à long terme, justifie l'administration Biden.

Mme Yellen, qui est aussi l'ancienne présidente de la Banque centrale américaine, a en outre souligné qu'elle avait passé "des années" à étudier et à se préoccuper de l'inflation. Si le risque inflationniste venait à se matérialiser, des outils existent pour le contrer, a-t-elle plaidé, en référence à la hausse des taux d'intérêt.

- Pourquoi ce débat? -

Parce que c'est un montant gigantesque. Les 1.900 milliards viendraient en outre s'ajouter aux quelque 3.600 milliards déjà injectés l'an passé, c'est "un montant inédit" en période de paix, résume Gregory Daco, chef économiste chez Oxford Economics.

Il souligne en outre que l'on pourrait attendre des mesures "mieux ciblées" pour être sûr que l'argent aille bien à ceux qui en ont le plus besoin.

- Risque d'inflation ou pas? -

Ces discussions interviennent alors que les prévisions de croissance sont plus optimistes pour cette année. Certains secteurs comme la construction ont vu la demande rebondir fortement depuis juin 2020, enclenchant une hausse des prix.

La question est de savoir si une hausse des prix pourrait se propager à tous les secteurs. Serait-elle alors durable? La demande dépasserait-elle l'offre notamment dans le secteur des services?

Gregory Daco se base sur le secteur de la construction notamment immobilière pour tenter d'y répondre. "Ma perception est qu'à partir du moment où les prix augmentent, le coût augmente également pour l'acheteur, on a donc un effet négatif sur la demande" et une réduction naturelle de l'inflation, explique-t-il.

Larry Summers, qui a publié une nouvelle tribune dimanche dans le Washington Post, est, lui, beaucoup plus prudent. "Nous n'avons aucune expérience d'un plan de relance" de cette dimension et son impact potentiel sur l'inflation, estime-t-il.

- Inflation muette avant la pandémie -

Avant la pandémie, les Etats-Unis étaient au plein emploi. Pourtant, le lien entre baisse du taux de chômage et accélération de l'inflation ne s'était pas produit, pourquoi cela se produirait-il cette fois-ci ?

"Je ne pense pas que la dynamique d'une inflation relativement faible ait disparu", opine Gregory Daco, pointant du doigt un marché de l'emploi durablement à la peine.

Pour Larry Summers: "éliminer les scénarios de risque parce qu'ils n'ont pas été vus depuis longtemps peut être dangereux".

- Les marchés -

Il semblerait que les marchés commencent, eux, à miser sur un scénario de surchauffe.

Les taux à long terme américains remontent, alimentés par la hausse du pétrole, par la hausse des matières premières et par les perspectives de reprise.

Lundi, ils ont atteint leur plus haut niveau en un an.

- La discussion -C'est Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama, qui a jeté un pavé dans la mare en publiant une tribune, jeudi dernier, dans le Washington Post qualifiant le plan Biden d'"admirablement ambitieux" mais avertissant aussi que celui-ci pourrait déclencher "des pressions inflationnistes inédites depuis une génération".Des économistes tablent sur un mini boom à partir de l'été prochain. Larry Summers va plus loin, évoquant un risque de surchauffe, c'est-à-dire une croissance économique qui n'est plus sous contrôle. La hausse de la demande pourrait être si forte que l'offre ne suit plus, ce qui provoquerait des hausses de prix excessives.Le risque ultime est que l'économie passe d'une phase de forte croissance à une phase de récession sous l'effet d'un ralentissement de la consommation.M. Summers a reçu le soutien d'Olivier Blanchard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, qui, lui, suggère dans un tweet d'accroître les impôts. Cette idée lui a valu une myriade de critiques de ses abonnés qui mettent en avant le fait que des millions d'Américains ont besoin d'une aide immédiate.- Réponse de l'administration Biden -Invitée de nombreux plateaux télé dimanche, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a estimé que le "risque le plus grand" était de ne pas aider suffisamment les travailleurs alors que l'économie compte 10 millions d'emplois en moins que l'an passé. Mieux vaut faire plus que pas assez comme cela avait été le cas lors de la crise financière de 2008, si l'on veut éviter un impact économique à long terme, justifie l'administration Biden.Mme Yellen, qui est aussi l'ancienne présidente de la Banque centrale américaine, a en outre souligné qu'elle avait passé "des années" à étudier et à se préoccuper de l'inflation. Si le risque inflationniste venait à se matérialiser, des outils existent pour le contrer, a-t-elle plaidé, en référence à la hausse des taux d'intérêt.- Pourquoi ce débat? -Parce que c'est un montant gigantesque. Les 1.900 milliards viendraient en outre s'ajouter aux quelque 3.600 milliards déjà injectés l'an passé, c'est "un montant inédit" en période de paix, résume Gregory Daco, chef économiste chez Oxford Economics. Il souligne en outre que l'on pourrait attendre des mesures "mieux ciblées" pour être sûr que l'argent aille bien à ceux qui en ont le plus besoin.- Risque d'inflation ou pas? -Ces discussions interviennent alors que les prévisions de croissance sont plus optimistes pour cette année. Certains secteurs comme la construction ont vu la demande rebondir fortement depuis juin 2020, enclenchant une hausse des prix.La question est de savoir si une hausse des prix pourrait se propager à tous les secteurs. Serait-elle alors durable? La demande dépasserait-elle l'offre notamment dans le secteur des services?Gregory Daco se base sur le secteur de la construction notamment immobilière pour tenter d'y répondre. "Ma perception est qu'à partir du moment où les prix augmentent, le coût augmente également pour l'acheteur, on a donc un effet négatif sur la demande" et une réduction naturelle de l'inflation, explique-t-il.Larry Summers, qui a publié une nouvelle tribune dimanche dans le Washington Post, est, lui, beaucoup plus prudent. "Nous n'avons aucune expérience d'un plan de relance" de cette dimension et son impact potentiel sur l'inflation, estime-t-il.- Inflation muette avant la pandémie -Avant la pandémie, les Etats-Unis étaient au plein emploi. Pourtant, le lien entre baisse du taux de chômage et accélération de l'inflation ne s'était pas produit, pourquoi cela se produirait-il cette fois-ci ?"Je ne pense pas que la dynamique d'une inflation relativement faible ait disparu", opine Gregory Daco, pointant du doigt un marché de l'emploi durablement à la peine.Pour Larry Summers: "éliminer les scénarios de risque parce qu'ils n'ont pas été vus depuis longtemps peut être dangereux".- Les marchés -Il semblerait que les marchés commencent, eux, à miser sur un scénario de surchauffe.Les taux à long terme américains remontent, alimentés par la hausse du pétrole, par la hausse des matières premières et par les perspectives de reprise.Lundi, ils ont atteint leur plus haut niveau en un an.