Démarrons d'abord, avec les entreprises. La semaine dernière, j'ai eu au téléphone un chef d'entreprise qui souhaitait que j'anime une réunion de brainstorming avec ses cadres autour de l'avenir de notre économie. Comme il me le disait avec beaucoup de franchise, aujourd'hui, un chef d'entreprise a toutes les peines du monde à se projeter dans l'avenir. Doit-il faire un budget "flat" donc conservateur, un budget à - 10% ou au contraire à + 10% ? Je comprends son désarroi et il n'est pas le seul chef d'entreprise à devoir agir au milieu du brouillard. Pour reprendre les propos de Moez-Alexandre Zouari, le patron d'un grand groupe de distribution français, dans la distribution "c'est la crise tous les matins". De facto, si l'on tient compte de la crise climatique, de la crise géopolitique, de la crise inflationniste et même de la crise sanitaire qui n'est pas encore terminée, les pauvres patrons en sont réduits à faire des hypothèses : "mais comment faire un budget, un plan d'affaires ou négocier avec des fournisseurs quand nul ne sait ce que seront nos coûts dans les mois qui viennent". Voilà le cri du coeur de ce chef d'entreprise auprès de mes confrères des Echos (France).

Par ailleurs, ce même patron actif dans le secteur de la distribution - il a racheté l'entreprise Picard active dans les préparations surgelées - avoue que le consommateur est en train de devenir un "alien". Un martien quoi ! Bien entendu, c'est de nous dont il parle. Nous, les ménages. C'est vrai, nous changeons constamment, car l'environnement évolue très vite (trop vite) et nous savons tous que notre budget n'est pas élastique. Bref, nous sommes entrés dans l'ère de la réactivité permanente. A nouveau, selon Moez-Alexandre Zouari, "aujourd'hui, le consommateur dépense différemment et fractionne son budget : un budget plaisir et un budget pour le quotidien avec toujours la recherche de la bonne affaire". Et toujours selon lui, il est clair que cette montée en puissance des premiers prix et des marques distributeurs ne va pas épargner le secteur bio. Du reste, si certaines entreprises en Belgique, bien connues et actives dans le e-commerce bio, ont quelques difficultés, c'est en grosse partie à cause de la crise de l'énergie qui a forcé les ménages à revoir leurs priorités. En un mot comme en cent, nous sommes dans une période où c'est la vérité du porte-monnaie qui dicte la conduite des ménages !

A ce propos, j'aimerai partager avec vous quelque chose qu'aucun homme politique n'osera vous avouer. Vous savez qu'aux Etats-Unis et en Europe, les banques centrales ont décidé d'augmenter fortement et rapidement leurs taux d'intérêt. Le but de la manoeuvre ? Espérer tuer ou freiner l'inflation, mais le prix à payer sera une entrée en récession. En clair, pour ramener l'inflation autour de 2%, nos gouvernements sont prêts à faire augmenter le chômage. Le calcul est cynique, mais je vous le donne sans fioriture : le gouvernement belge (mais c'est valable ailleurs) préfèrera gérer 100.000 chômeurs de plus que de gérer une inflation durable, forte et qui affecte 11 millions de Belges. C'est la loi du nombre appliquée à l'économie.

Démarrons d'abord, avec les entreprises. La semaine dernière, j'ai eu au téléphone un chef d'entreprise qui souhaitait que j'anime une réunion de brainstorming avec ses cadres autour de l'avenir de notre économie. Comme il me le disait avec beaucoup de franchise, aujourd'hui, un chef d'entreprise a toutes les peines du monde à se projeter dans l'avenir. Doit-il faire un budget "flat" donc conservateur, un budget à - 10% ou au contraire à + 10% ? Je comprends son désarroi et il n'est pas le seul chef d'entreprise à devoir agir au milieu du brouillard. Pour reprendre les propos de Moez-Alexandre Zouari, le patron d'un grand groupe de distribution français, dans la distribution "c'est la crise tous les matins". De facto, si l'on tient compte de la crise climatique, de la crise géopolitique, de la crise inflationniste et même de la crise sanitaire qui n'est pas encore terminée, les pauvres patrons en sont réduits à faire des hypothèses : "mais comment faire un budget, un plan d'affaires ou négocier avec des fournisseurs quand nul ne sait ce que seront nos coûts dans les mois qui viennent". Voilà le cri du coeur de ce chef d'entreprise auprès de mes confrères des Echos (France). Par ailleurs, ce même patron actif dans le secteur de la distribution - il a racheté l'entreprise Picard active dans les préparations surgelées - avoue que le consommateur est en train de devenir un "alien". Un martien quoi ! Bien entendu, c'est de nous dont il parle. Nous, les ménages. C'est vrai, nous changeons constamment, car l'environnement évolue très vite (trop vite) et nous savons tous que notre budget n'est pas élastique. Bref, nous sommes entrés dans l'ère de la réactivité permanente. A nouveau, selon Moez-Alexandre Zouari, "aujourd'hui, le consommateur dépense différemment et fractionne son budget : un budget plaisir et un budget pour le quotidien avec toujours la recherche de la bonne affaire". Et toujours selon lui, il est clair que cette montée en puissance des premiers prix et des marques distributeurs ne va pas épargner le secteur bio. Du reste, si certaines entreprises en Belgique, bien connues et actives dans le e-commerce bio, ont quelques difficultés, c'est en grosse partie à cause de la crise de l'énergie qui a forcé les ménages à revoir leurs priorités. En un mot comme en cent, nous sommes dans une période où c'est la vérité du porte-monnaie qui dicte la conduite des ménages ! A ce propos, j'aimerai partager avec vous quelque chose qu'aucun homme politique n'osera vous avouer. Vous savez qu'aux Etats-Unis et en Europe, les banques centrales ont décidé d'augmenter fortement et rapidement leurs taux d'intérêt. Le but de la manoeuvre ? Espérer tuer ou freiner l'inflation, mais le prix à payer sera une entrée en récession. En clair, pour ramener l'inflation autour de 2%, nos gouvernements sont prêts à faire augmenter le chômage. Le calcul est cynique, mais je vous le donne sans fioriture : le gouvernement belge (mais c'est valable ailleurs) préfèrera gérer 100.000 chômeurs de plus que de gérer une inflation durable, forte et qui affecte 11 millions de Belges. C'est la loi du nombre appliquée à l'économie.